suspense

Tuer est un vilain défaut d'Audrey Debatisse

Salut les gars, comment ça va ?

Aujourd'hui, je vous partage ma lecture d'un roman policier écrit par Audrey Debatisse : Tuer est un vilain défaut.

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J'aime beaucoup la couverture. Elle attire l'oeil est suscite l'intérêt (j'aimerais pouvoir en dire autant des miennes qui font office de repoussoir). 

L'ouvrage est sorti en septembre 2015, si je me fie à Amazon, et fait environ 370 pages au format numérique. Vous pouvez vous le procurer ici pour 2€99.

Je vous joins le résumé que l'on peut trouver sur le site commerçant : 

Chloé est une femme active dans l´air du temps. Installée à Madrid depuis cinq ans avec ses trois enfants et un nouveau compagnon, elle mène une vie tranquille, presque banale. Un soir pourtant, son quotidien tourne au cauchemar. Des meurtres de joggeuses se multiplient dans les parcs de la capitale espagnole et présentent tous une étrange singularité : sa présence systématique sur les lieux des crimes. Sera-t-elle la prochaine victime ou bien est-elle l´instigatrice de ces meurtres? Passant du statut de témoin à celui de suspecte, Chloé va devoir se justifier auprès de la Police, sa famille, ses amis. Mais qui est-elle? Qui la connaît vraiment? Pourquoi continue-t-elle à vouloir cacher son passé avec autant de soin? Qui tente de faire taire Bill, le seul homme qui semblait s´intéresser de près à son passé? 

Dans cette aventure pleine de rebondissements, des forces invisibles font s´entremêler les destins, le passé envahit le présent, la mort côtoie la vie et l´amour est insolemment présent. 

Dans un rythme soutenu, l'auteur fait vibrer ses héros... et ses lecteurs aussi en les incitant à relever les indices chapitre après chapitre pour mieux mener l´enquête aux côtés de la police madrilène et américaine. Les victimes ne sont pas les seules à en avoir le souffle coupé...

Alors que dire ? Tout d'abord, j'aimerais rappeler que le genre "policier" n'est pas celui que je préfère (parce que j'en suis rarement satisfaite). J'avais donc un petit a priori en commençant ma lecture. Le roman m'a-t-il convertie pour de bon à ce genre ? Non. Est-il mauvais (selon moi, hein, pas dans l'absolu) ? Non. Je lui ai trouvé plusieurs qualités mais aussi quelques défauts, le pire étant le rythme. 

Lançons les hostilités (j'espère que l'autrice ne m'en voudra pas et qu'elle ne le prendra pas personnellement). 370 pages, je me suis dit qu'il y avait matière, que ça devait être plein de rebondissements. Alors, effectivement, je trouve l'intrigue principale, ces histoires de meurtres, bien ficelée. Ça se tient à ce niveau-là sans problème. La dimension mystique m'a semblé superflue, et n'a, selon moi, pas apporté grand chose au roman, mais pourquoi pas. On soupçonne tout le monde et les interactions, les liens et les incidents qui se produisent entre les personnages sont plausibles (un petit bémol toutefois ; le monde est vraiment petit malgré les continents qui ont séparé les différents protagonistes à diverses périodes de leur vie). La fin du roman est vraiment pas mal, on se laisse happer, on commence à avoir peur, on se demande comment Chloé (le personnage principal) va s'en sortir...Bref, on ressent des émotions, la principale étant la tension (vaut mieux pour un policier). Le gros problème étant que cette tension, ce suspens, ne se ressent que dans le dernier quart du roman. Avant, il y a bien eu quelques petites piqûres, mais rien de bouleversant. J'ai plus eu le sentiment de jouer à une partie de Cluedo (l'esprit ailleurs) par un dimanche après-midi pluvieux. Je me suis ennuyée (je sais que cela va sûrement être dur à lire pour l'autrice, ce n'est jamais agréable, mais ce n'est que mon avis). 

Donc, le principal défaut est le rythme. Il y a énormément de descriptions de la vie quotidienne, qui plus est de la vie quotidienne d'une femme extrêmement organisée et prévisible. Le rythme de la narration est pesant. Alors, oui, j'ai aimé découvrir l'Espagne à travers certaines de ces descriptions, mais leur répétition alourdi le roman et casse le rythme. Par ailleurs, le point de vue est presque exclusivement focalisé sur Chloé. Chloé étant un personnage assez pâle, on s'ennuie vite. Alors, je sais que c'était probablement voulu, que Chloé est une femme banale malgré un lourd passé (et là encore, lourd, lourd, c'est relatif, disons plutôt avec un passé douloureux, mais qui n'a rien de véritablement extraordinaire). Personnellement, j'ai eu beaucoup de mal à m'intéresser à ce personnage qui manque de relief et dont certaines réactions m'ont semblé totalement naïves pour un cadre supérieur de son envergure. J'ai eu l'impression d'avoir une femme un peu niaise sous les yeux. Heureusement, les personnages secondaires ne sont pas mal traités et ont un peu plus de corps. Si la vie de Chloé avait été observée/décrite à travers le regard des autres personnages, si l'autrice nous avez plongés dans les méandres de l'esprit meurtrier, alors nous aurions pu (peut-être) embarquer plus facilement dans son histoire, nous ronger les sangs à chaque page. Pour moi, le deuxième grand défaut se trouve là, avec ce personnage principal qui semble inconsistant, manquer de caractère et qui fait une victime de choix. 

Comme je le disais, les personnages secondaires ne sont pas mal. J'ai apprécié le couple Maria-Paco, le compagnon Romain qui se révèle beaucoup moins prévisible que Chloé, les enfants sont bien passés aussi. Je n'ai pas vu trop de défauts dans leurs interactions, si ce n'est que le monde est petit et que le hasard fait vraiment bien les choses ! Mais bon, pourquoi pas. Au niveau du style (et non pas du rythme), bah je n'ai pas grand-chose à dire. C'est assez fluide, ça se lit bien, ni décevant ni percutant, je reste assez neutre (malgré quelques répétitions et quelques phrases maladroites, mais rien d'alarmant). Il n'y a pas beaucoup de coquilles, par contre il y a des problèmes de mise en page (des espaces mal placés). J'ai cru noter quelques petites incohérences (j'invite l'auteure à me contacter si elle veut en discuter) mais peut-être que ma mémoire me joue des tours. Cependant, il y a une chose que je n'ai vraiment pas appréciée, c'est l'insertion de chansons (ahhh que c'est désagréable !). Bon, déjà, la musique et moi...ma musique préférée, c'est le silence, mais alors les choix musicaux de Chloé...quand ce sont les enfants, on leur pardonne... J'ai sauté pas mal de pages, je dois l'avouer. Si certains d'entre vous apprécient, manifestez-vous ! Ah oui, par ailleurs, je ne parle pas l'espagnol, j'aurais bien aimé que certaines parties soient traduites. 

Alors, pour vous vanter un peu le roman, comme je le disais, il a ses qualités. Je crois qu'il s'inscrit totalement dans l'air du temps et nous fait une description assez honnête d'une partie de la population actuelle qui travaille pour de grands groupes et dont la vie se déroule à un rythme effréné, lui laissant à peine le temps de respirer. Le côté culturel, les descriptions des différents pays est assez agréable et aide à l'immersion. Là-dessus, je ne peux que féliciter l'auteure. Mais, surtout, son intrigue et son dévoilement. Très bien construite. On s'y perd, on soupçonne tout le monde. Franchement pas mal. J'aurais quelques petites questions à poser à l'auteure si elle le veut bien, mais cela se fera en privé, je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir. Les intrigues secondaires ne sont pas mauvaises non plus. Je pense que j'aurais beaucoup plus apprécié ce roman si son volume avait été un peu réduit, si les détails et les descriptions inutiles avaient été retirés. 

Voilà pour ce minuscule billet que n'entre pas profondément dans les détails. Le risque d'en dévoiler trop me pousse à garder le silence sur bien des choses. Je vous invite donc à le lire (le roman) et à vous forger votre propre opinion et, si vous n'êtes pas trop fainéants, à venir la partager !

 

Natures Mortes de Christophe Darlanuc

Aujourd'hui, une chronique consacrée à un très bon thriller (et c'est une personne pas franchement amatrice du genre qui vous en parle, mis à part les très bons romans écrits par Thomas Harris, en général je n'arrive pas à m'intéresser véritablement à l'histoire) écrit par Darlanuc.

La couverture:

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Vous pouvez vous le procurer ici: http://www.amazon.fr/Natures-Mortes-Christophe-Darlanuc-ebook/dp/B00N48HRLK pour un peu plus de 6€ (mais il les vaut bien!)

Cette chronique va être difficile à écrire parce que j'ai peur de trop vous en révéler, mais si je ne le fais pas, je ne suis pas certaine que vous puissiez comprendre toutes mes critiques...

Le roman s'ouvre sur une scène qui nous met directement mal à l'aise (en particulier si vous êtes une femme). Nous nous retrouvons à la place du déséquilibré qui observe ses proies endormies: elles sont faibles, impuissantes et prises au piège. Le malaise est renforcé par le fait que notre chasseur est bien à l'abri derrière son bureau, devant ses écrans, dans une petite pièce secrète où rien ne semble pouvoir l'atteindre. Nous nous rendons rapidement compte que ce fou possède un certain sens artistique, ce qui est d'autant plus effrayant. Un déséquilibré avec un sens artitisque poussé, quoi de plus alarmant? Moi, ça me rappelle Hannibal, et ce dernier a beau être fascinant par certains aspects de sa personnalité, il lui arrive de faire des choses un tout petit peu inquiétantes. Je dois vous avouer que cette ressemblance (côté artistique de notre mauvais garçon) m'a d'abord un peu déçue; j'avais peur d'avoir un mauvais Thomas Harris. Mais très franchement, Darlanuc s'en sort très bien. Son "vilain" se distingue parfaitement d'Hannibal; la fixation venait surtout de moi, je pense. D'ailleurs, notre auteur m'a confié dans un mail (attention révélation) qu'il avait lui-même un certain penchant pour les oeuvres italiennes de la Renaissance et qu'il a essayé de traduire, dans ce roman, une expérience très intense qu'il a vécue aux Offices devant un tableau de Botticelli. " Pour la seule et unique fois de ma vie, je me suis senti partir très loin devant une oeuvre d'art. J'ai été totalement aspiré par l'émotion provoquée par ce tableau..." Eh bien! Cela en dit long...

Dès le second chapitre, la machine est lancée sur un bon rythme. Cette fois-ci nous suivons Pierre : un "flic" qui vient de réintégrer ses fonctions, deux ans après sa sortie de l'hôpital pour "zinzins". Pierre a perdu un être cher. Il est un peu cassé. La suite du roman nous montrera à quel point. Personnellement, ce n'est pas mon personnage préféré. J'ai beaucoup de mal à le trouver attachant, peut-être parce qu'il réagit de manière un peu trop normale, quoi que...Il est brisé, animé par la vengeance, obsessionnel, peu aimable (surtout avec Frazier, et moi j'aime bien Frazier).

De retour au poste, donc, il sera "chargé" d'une affaire qui lui fera présumer que le "vilain" qui enlève ces jeunes femmes blondes n'est autre que celui qui lui a arraché Camille. 

Voilà en gros la trame de l'histoire. Un flic cassé qui court derrière un malade qui s'amuse à collectionner les petites blondes. Rien de bien surprenant. Mais Darlanuc écrit bien. Le style est agréable, fluide, dynamique... Il y a quelques coquilles mais elles ne sont franchement pas nombreuses. J'ai particulièrement apprécié l'alternance des points de vue à chaque nouveau chapitre. Le rythme est soutenu et il n'y a pas de temps mort (sauf quand il vous faut quelques instants pour reprendre vos esprits après des révélations surprenantes). Le roman se dévore, et le scénario qui semble si simple au premier abord se complexifie à mesure que les chapitres défilent. Vous allez peut-être faire les gros yeux comme moi devant les fameuses "coïncidences improbables" mises en oeuvre par Darlanuc, mais poursuivez la lecture parce que ce roman en vaut vraiment la peine. Les personnages tous plus ou moins malades sont un délice. Ce roman touche à la folie, aux liens familiaux, au beau, à l'accomplissement, au désespoir...Il y a même de l'humour! Un cocktail à savourer sans modération! (on dirait une mauvaise publicité ^0^)

Par ailleurs, j'ai adoré le journal du grand-père grâce auquel on en apprend un peu plus sur le "vilain". Cette idée du journal intime est franchement excellente. Je ne sais pas comment vous dire... (c'est tellement plus facile de construire une critique négative) Le suspense est au rendez-vous, les chapitres nous tiennent en haleine, les affreux sont sympathiques, et les sympathiques affreux. Et puis, franchement, le prologue et l'épilogue sont des merveilles. Darlanuc est doué! 

Je n'ai pas grand chose à ajouter. J'ai passé un très bon moment avec cette histoire. J'ai oublié ma petite vie et quand je lis quelque chose comme ça, bah je me dis que finalement ce petit site que j'essaie laborieusement de tenir en vaut quand même un peu la peine. 

Un grand merci à Christophe Darlanuc!!!

Au lieu de rajouter des kilomètres de mon babillage admiratif, je vous recommande de télécharger l'extrait (plutôt conséquent) et de vous faire votre propre idée.

Natures mortes extrait: Natures mortes les premiers chapitresnatures-mortes-les-premiers-chapitres.pdf (1.07 Mo) ou vous pouvez le lire en ligne ici.

Je vous souhaite un bon week-end à tous et n'hésitez pas à vous exprimer, à laisser un avis ou à partager la chronique.