sensibilité

Si loin du Soleil (La Dernière Geste, tome 1) de Morgan of Glencoe

Bonjour mes petits boulets !

Alors, comment vous allez ? Bien ? Moi ça va moyen. La santé n'est pas au top, le bruit dans ce pays est infernal et il faut ajouter que, depuis un mois, des travaux à l'étage au-dessus me vrillent les tympans pour mon plus grand déplaisir. Pourquoi est-ce que je vous raconte ma vie passionnante, tout simplement pour que vous preniez conscience que ce billet, cet avis que je vais émettre sur ce roman de fantasy, est extrêmement personnel et doit être pris comme tel. 

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Vous pouvez vous procurer l'ouvrage ici pour 2€99 et vous en aurez largement pour votre argent pingres que vous êtes !

Je vous donne le résumé que vous trouverez sur Amazon :

" Depuis des siècles, les Humains traitent les fées, créatures magiques dont ils redoutent les pouvoirs, comme des animaux dangereux.
L’alliance du Royaume de France, de l’Empire du Japon et du Sultanat Ottoman se partage désormais l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Ces féroces aristocraties oppriment leurs peuples et écrasent dans le sang toute révolte, qu’elle soit humaine ou féerique.
En choisissant les dangers de la liberté plutôt que la soumission aux règles de sa caste, la princesse Nekohaima Yuri va se forger ses propres valeurs et bientôt, mettra en péril la plus grande puissance du monde.
Au cœur de cette métamorphose, une amitié très improbable…"

Sur la forme pas grand chose à dire, il reste bien quelques coquilles par-ci, par-là, mais franchement elles ne gâchent pas la lecture. Au niveau du style, Morgan écrit admirablement bien (j'en serais presque jalouse ! Mon premier roman est loin d'être aussi bien écrit et le dernier en date, non plus). Les descriptions sont agréables à lire sans être lourdes. Toutefois, un petit bémol sur les descriptions des tenues. Je comprends parfaitement qu'elles soient nécessaires dans l'environnement de l'aristocratie, à la Cour, mais elles sont beaucoup moins agréables à lire dans les autres environnements. C'est un avis très personnel (il ne sera question que de ça dans ce billet : de ma subjectivité). Je n'ai jamais goûté les descriptions "insistantes" sur l'élégance des vêtements. Il faut dire que j'habite aujourd'hui dans un pays où ça ne dérange personne de se promener en pyjama dans la rue et que j'adore! Ceci explique sûrement cela. La lecture reste fluide, sans accrocs, sauf deux ou trois fois où je me suis arrêtée parce que je me demandais s'il l'auteure n'avait pas fait une erreur. L'explication vient quelques pages plus tard en général. Quand je vais écrire un billet sur un roman, je le lis beaucoup plus attentivement qu'en "mode détente" ce qui fait de moi une lectrice difficile.  

Au niveau du rythme, il n'y a aucun problème. Les personnages sont assez nombreux et l'histoire suffisamment touffue pour ne pas s'ennuyer. On alterne régulièrement les personnages et les environnements.

L'auteure commence par poser son personnage principal, sa psychologie, ses potentialités, la sphère dans laquelle il évolue, sans oublier quelques zones d'ombre afin d'attiser notre curiosité. J'ai eu le sentiment que chaque événement décrit avait sa place dans le récit et n'était en aucun cas du remplissage. Là-dessus, je ne peux que féliciter Morgan qui semble maîtriser parfaitement son scénario. Elle enchaîne ensuite avec un événement dramatique, une attaque, avec laquelle on prend de la distance, sur laquelle on ne se focalise pas, tant l'univers est riche, mais qui revêtira une importance singulière une fois les premiers voiles du mystère levés. Ce premier événement dramatique prend tout son sens si l'on regarde l'oeuvre dans sa globalité ( à mon humble avis). Mais le véritable élément de rupture de ce premier volume est la décision du personnage principal qui préfère la liberté, l'aventure, à la vie qu'elle a mené jusqu'ici. On retombe bien dans la quête initiatique des romans de fantasy (liberté, identité, prise de responsabilités liées à un but plus noble, abnégation et patati et patata...).

Les différents royaumes décrits sont véritablement plaisants et sont surtout suffisamment bien pensés. On s'y croirait et on à plaisir à s'y promener. Le coté guindé de la Cour est superbe, le faste aussi. J'ai adoré la rame 5 de l'Orient-Express. Les égouts sont fantastiques. Quant à Paris, rien ne nous étonne vraiment (j'ai passé de longues et terribles années là-bas). C'est bien ce que l'on peut imaginer de la ville. Chaque univers est indépendant et nettement différentiable. C'est un vrai voyage; comme des touristes, on se laisse émerveiller. Mes félicitations pour ces décors admirables !

En ce qui concerne les personnages, là aussi Morgan s'est bien débrouillée. Ils ont tous leurs caractéristiques propres. Ils sont vivants, en relief, ont une vie en dehors de l'héroïne, bien que leurs destins soient liés au sien. Et heureusement pour moi ! Parce que je dois bien avouer que j'ai eu de grosses difficultés avec ce personnage principal qui ne m'a absolument pas touchée. L'identification a été totalement impossible (sûrement parce que je suis une vieille misanthrope acariâtre). Pourtant, je comprends les choix faits par Morgan pour ce personnage, son évolution, ses réactions, pourquoi à tel moment il réagit comme ci ou comme ça. Il n'y a pas de fausse note ( et le problème réside peut-être ici ). Je pense que pour apprécier réellement ce personnage, il me faudra le volume deux (que je lirai par curiosité). J'ai eu beaucoup plus de facilités avec Trente-Chênes, par exemple. Pour moi, la force de Morgan, en tant qu'auteure, est sa capacité à créer des personnages secondaires intéressants (sans parler des environnements) ! Je ne vais pas tous vous les décrire parce qu'il y en a trop, mais vous comprendrez de quoi je parle à la lecture. 

Après tous ces compliments vous n'allez sûrement pas comprendre pourquoi, finalement, je n'ai pas réellement aimé le roman. Je ne dis pas qu'il est médiocre (je préférerais encore me couper la langue). Il a beaucoup de qualités devant lesquelles je ne peux que m'incliner. Je vous recommande la lecture sans hésitation. Ce n'est pas vraiment que je n'ai pas aimé, mais il soulève beaucoup moins mon enthousiasme que celui des autres lecteurs. Pour expliquer cette réaction à contre-courant, il faut se pencher sur la petite personne que je suis (mais je vais vous épargner les détails, et en plus cela ne vous regarde absolument pas ! Et toc !)

Explications donc :

- Tout d'abord, je suis issue des études japonaises. J'y ai passé pas mal d'années. Alors, quand je vois un roman ou une bd à tendances japonisantes, ça me fait toujours grincer des dents. J'ai un vilain a priori dont j'ai beaucoup de mal à me départir (mais j'y travaille et j'ai fait de gros efforts pour cette lecture). 

- Toujours dans le même ordre d'idées, je comprends cette envie d'utiliser plusieurs langues, tout ça. Mais qu'est-ce qu'on fait des lecteurs qui ne parlent que le français (si, si, il y en a encore). Ceci dit, Morgan donne souvent des "traductions" quelques lignes plus loin. Je pense que tout en français cela aurait très bien fonctionné sans perdre le côté "exotique". Mais bon, après tout, c'est son monde et elle en fait bien ce qu'elle en veut. 

- Les fées et autres créatures magiques. Bon, comment dire ? En fait, je n'y connais pas grand chose et je ne peux que remercier Morgan d'avoir éclairé ma lanterne en la matière ! Je ne connaissais (dans la littérature) que les fées selon Terry Pratchett et comment dire...sont pas vraiment semblables. Néanmoins, elles ne m'ont pas fait rêver. J'ai beaucoup aimé leur personnalité, mais le côté féerique ne m'a pas réellement touchée (sûrement encore une déformation de mon esprit). Puis, les pauvres, oppressées (opprimées c'est mieux les amis, opressée c'est ma poitrine avec ce rhume tropical) comme elles le sont... Peut-être encore un peu trop humaines pour moi. Ou alors, c'est les couleurs...En fait, je ne sais pas...(quel argumentaire ! ) Subjectif tout ça. 

- Le point le plus important et qui explique pourquoi je n'apprécie que moyennement ce roman : les idées véhiculées. Il faut que je m'achète un bouclier pour me protéger des jets de pierres que je sens venir de la part des autres lecteurs. Vous pourrez venir me lyncher dans les commentaires et me dire pourquoi je n'y comprends rien et combien je suis injuste. Alors, bien que je partage complètement les idées chères au coeur de notre auteure: la liberté en général (à travers la quête d'une femme-objet ), l'amour en dehors de toute question de genre et de race, l'amour sous toutes ses formes, libéré des contraintes...je trouve cela un peu trop naïf. Alors, ça fait peut-être rêver certains lecteurs ou même les pousse à se remettre en question (y'a du souci à se faire), je ne sais pas, mais pour moi, ça ne fonctionne pas. Et, finalement, ce ne sont pas tellement les idées véhiculées, mais peut-être la manière dont elles le sont. Pourtant, ce roman est violent. Il n'est pas tout beau tout rose, loin de là. Soit le personnage de Yuri se transforme un peu trop rapidement à mon goût (le second volume nous le dira), soit les phrases (antisexistes) mises dans la bouche des fées m'ont un peu déçue. Ce qui est de mon point de vue plus important à démontrer ( et quelques indices me font penser que l'auteur va dans ce sens) serait peut-être comment, sans bien s'en rendre compte (par manque d'imagination, d'empathie, de temps ou je ne sais quoi encore) on peut réifier une personne, l'accabler d'une étiquette, d'un devoir (arbitraire) avec les meilleures intention du monde, tout en oubliant que la vie de cette personne lui appartient totalement, à elle et à elle seule. Mais on pourrait lancer des débats interminables sur le concept même de liberté, sur l'égalité, l'amour et tout le reste sans parvenir au moindre consensus sur la définition à donner à ces jolis idées. Peut-être qu'avec plus de subtilité et une bonne dose d'humour noir, j'aurais trouvé mon bonheur. Cela dit, la fin épique de ce premier volume (frustrante sur bien des aspects) me laisse espérer des heures noires pour la petite Yuri dont je pourrai me délecter. 

Voilà pour l'humble avis que je souhaitais partager avec vous. Même si je n'ai pas été renversée par l'enthousiasme délirant qui entoure ce roman, je salue la performance littéraire de Morgan. J'aimerais bien voir ce qu'elle pourrait produire dans un genre littéraire complètement différent. Je lirai probablement le second tome, par curiosité, et peut-être les autres (je ne sais pas combien sont prévus) si l'histoire gagne en complexité. Je recommande aussi cet ouvrage à toute personne qui a envie d'apprendre (très intéressant à autopsier !).

J'espère que l'auteure ne sera pas blessée par ce billet qui, finalement, est très positif et je lui souhaite une très bonne continuation dans ses activités littéraires et musicales (ça vaut le détour). 

L'Homme sans nez de Ninon Maréchale

L’Homme sans nez de Ninon Maréchale

Bonjour ami lecteur…

Vive l’automne ! Vive les châtaignes ! Vive les potimarrons et vive les Jack-o'-lantern. J’en ai sculpté une il y quelques jours de cela, j’étais bien trop pressée, incapable d’attendre, mais ma jolie et diabolique citrouille est déjà toute rabougrie. C’est bien dommage, mais avec cette humidité, ce n’est pas vraiment étonnant.

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Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur L’Homme sans nez de Ninon Maréchale. Une lecture fort sympathique. Vous trouverez l’ouvrage en vente sur le site d'amazon pour 2€99 au format ebook, et 9€90 au format broché (pour les derniers récalcitrants incapables de se séparer du papier) : cliquez ici. Pour les personnes peu aventureuses, vous pouvez lire le roman sur monbestseller.com, gratuitement (petite rectification : vous pouvez lire un extrait du roman). Je vous invite à acheter l'ouvrage si celui-ci vous plaît et à laisser un commentaire!!! Oui, les petits amis, les auteurs indépendants ont besoin de soutien (sous toutes ses formes)! Ne soyez pas avares!

Alors, entrons dans le vif du sujet. Comme d'habitude, quand je lis quelque chose de plutôt pas mal, je deviens moins bavarde. La critique se complique mais heureusement pour nous, enfin pour vous (sinon il vous suffirait de vous contenter des commentaires clients, qui ne sont pas toujours argumentés), cette histoire n'est pas parfaite (à mon sens). Il y a quelques défauts par-ci, par-là. Toutefois, je vous recommande l'ouvrage, parce que malgré ses défauts, notre auteure a un sacré potentiel! 

L'ouvrage s'ouvre par une scène relativement intrigante. Melville (le personnage central) se réveille un matin, et quelque chose le tracasse... Quelque chose d'indéfinissable. Son corps lui envoie des signes d'alerte, il a changé; il y a comme une fêlure dans le marbre de son quotidien. Melville prend alors conscience qu'il a perdu l'odorat; il ne sent plus l'odeur si particulière à son coeur: celle de sa femme.

Bah, moi, en lisant le titre, je m'étais dit que ce serait vraiment surprenant de lire un livre portant sur un homme dépourvu de nez, sans l'appendice quoi (dans le genre un peu gore). Vous voyez ce que je veux dire? Oui, il m'arrive d'avoir des idées saugrenues...Ne m'en tenez pas rigueur. En voyant la couverture de l'ouvrage, nous nous rendons bien compte que nous avons affaire à un roman plus classique, de type psychologique.

Le roman est écrit à la première personne; l'auteure a décidé de nous plonger dans le quotidien de Melville dont la vie a basculé, mais notre héros est un peu "lent à la détente" (raison pour laquelle il n'en prend conscience que très très lentement). Pourquoi a-t-il perdu l'odorat? Voilà la grande question. Malheureusement pour moi, j'avais anticipé la fin dès les premières lignes...Ce qui est un peu dommage, à mon sens. Parfois, le suspens ça a du bon...Toutefois, je me suis mise à douter en cours de lecture, espérant, en mon for intérieur, avoir eu tout faux...Mais non. Je pense que l'auteure nous donne des indices un peu trop évidents. Certaines choses auraient pu être simplement suggérées, un peu moins pointées du doigt. Mais, finalement, dans un roman psychologique, ce qui importe le plus, bah, c'est la psychologie des personnages, non? Et là, pour le coup, nous pénétrons assez profondément dans les pensées de Melville. 

Les personnages...Melville, comment dire...Moi, je ne l'aime pas! Ceci dit, j'aime rarement les personnages des romans que je lis et j'en crée moi-même des abominables...Il n'est pas mal écrit, ni peu réaliste; le problème n'est pas là...Mais, comme il me semble aux antipodes de ma personnalité, je l'ai regardé avec un oeil accusateur tout du long. C'est un homme qui, au premier abord, peut sembler touchant: l'amour débordant qu'il éprouve pour sa femme, les attentions, les marques d'affection...Avec ces descriptions, je me suis dit que le roman était bien écrit par une femme (je ne suis pas romantique pour deux sous, mais des hommes comme ça, 'doit bien y en avoir, hein! C'est juste que je ne les connais pas). Petite digression: pour tout vous dire (même si vous vous en moquez) mon mari est une crème (quand il y pense) et très franchement, malgré ses efforts, il est plutôt du genre "essoreuse à salade" (vous comprendrez en lisant le roman). D'ailleurs, Ninon, j'ai bien ri! Tout le processus psychologique autour de cette essoreuse à salade a été admirablement mené et était tordant. Pour en revenir à Melville, (laissons de côté mon époux qui doit avoir les oreilles qui sifflent), c'est un personnage qui me semble un peu faible. Il est extrêmement angoissé, un peu fuyard sur les bords, c'est quelqu'un qui n'ose pas. Il faut lui donner un peu d'élan. D'ailleurs, je n'ai pas compris comment un homme aussi peu sûr de lui pouvait être marié à une femme qui semble presque castratrice. D'un côté nous avons le sentiment que Melville ne vit que pour elle, et de l'autre côté nous avons cette femme forte, froide, que je trouve soit dure, soit indifférente. Je trouvais que ça manquait un peu de cohérence, mais pourquoi pas, les opposés s'attirent...D'un point de vue plus global, si on observe la relation des deux personnages sur tout le roman, leur relation n'est pas si incohérente qu'il n'y paraît, mais peut-être que le fait que l'auteure nous plonge directement dans un moment de rupture, ou d'après rupture, a quelque chose de déstabilisant...Oui, nous sommes mal à l'aise en lisant ce roman. Nous sentons la lente désagrégation de Melville. Les personnages secondaires sont bien traités dans l'ensemble et semblent psychologiquement bien plus facile d'accès que sa femme. 

Melville a perdu l'odorat. Il souffre d'anosmie (Merci Ninon, je ne connaissais pas ce mot. Pas franchement facile à prononcer. Essayez chez vous! Moi j'ai eu l'air ridicule un moment). Assez rapidement, son médecin soupçonne une origine psychologique. Melville doit donc consulter un psychiatre: le docteur Poulhain. Mais quelle honte pour un homme qui attache autant d'importance au regard d'autrui! Vous imaginez l'effort. Bref, notre Melville suit plusieurs pistes qui pourraient expliquer son mal, des plus évidentes aux moins évidentes (selon son processus psychologique). On passe donc par le travail, par la famille etc. Je vais pas tout vous énumérer, je ne voudrais pas gâcher la fin à ceux qui ne la voient pas venir. Le passage sur le monde du travail est bien traité, c'est fluide. Son patron est exécrable comme il faut. Nous sentons la tension, le dégoût, un sentiment d'impuissance et d'oppression. J'ai eu l'impression que ce livre nous parlait des tortionnaires du quotidien, de l'indifférence de nos proches, et des bouffées lumineuses et pleines de vie de certaines rencontrent faites au hasard. Moi je lui aurais plutôt donné le titre L'Odeur des sentiments, mais comme je n'ai pas écrit le roman...

A chaque nouvel échec, Melville semble un peu plus se voiler la face, comme s'il avait peur d'affronter l'évidence...Il tombe toujours un peu plus bas, jusqu'au moment ou une nouvelle touche de couleur anime la grisaille de sa vie. Et alors là, chemin inverse. Pourquoi sent-il quelque chose à nouveau? Et pourquoi cette odeur en particulier? Le processus de guérison est assez intéressant. Globalement, au niveau de la structure du scénario, j'ai trouvé l'ouvrage cohérent. Les premiers chapitres nous plongent dans l'ambiance, le problème est posé d'emblée, diverses pistes s'offrent à nous, le récit est ponctué de petits indices (trop évidents pour moi mais peut-être pas pour vous), puis la solution (surprenante ou non) est toute autre. Nous avons en prime un peu d'humour, un jeu de miroir avec le voisin... Non, vraiment, Ninon Maréchale n'est pas mauvaise du tout. Toutefois, le récit souffre de quelques lourdeurs. Certaines descriptions auraient pu être écourtées, certains passages ne me semblent pas vraiment utiles à l'histoire ou à l'ambiance...Melville boit beaucoup trop de café!

Je me suis dit, en cours de lecture, que le roman se lirait bien par une chaude journée d'été, vous savez quand la mollesse alourdit votre corps, ou alors, avant de dormir, dans le lit avec un bon chocolat chaud...Ce n'est pas un roman d'aventures, vous n'êtes pas lancés dans les montagnes russes des émotions. Pour moi c'est un bon roman d'ambiance. 

Dernier détail et pas des moindres, la forme. Ninon Maréchale écrit admirablement bien! Avant de lire son roman, j'avais lu du Maupassant. Si son roman avait été mal écrit, j'aurais probablement fait une chronique affreuse (moi impartiale et objective, jamais! Mais quelle idée...)Je suis admirative (j'aime bien insister) devant la simplicité de son écriture. C'est vraiment pas facile d'écrire comme elle le fait. Il n'y a pas de superflu, ça coule tout seul, tellement fluide que le moindre petit défaut vous saute aux yeux. Un très grand bravo! Je ne sais pas depuis combien de temps Ninon écrit mais elle peut être fière d'écrire aussi simplement. Nous comprenons aisément pourquoi elle reçoit autant de commentaires positifs. 

Je vous recommande donc chaudement cet ouvrage et vous invite à le partager avec votre entourage!

 

Un mercredi comme les autres, Johanne Tremblay

Bienvenue à toi, Ô lecteur inconscient, égaré sur ce site,

Aujourd'hui (roulements de tambour) je t'emmène en voyage avec les nouvelles de Johanne Tremblay. Il sera question d'Un mercredi comme les autres. D'ailleurs, c'est un mercredi (ou peut-être pas) que Louis-Maxime Lockwell m'a contactée pour me faire connaître la charmante écriture de madame Tremblay. Comme j'étais débordée à l'époque, j'avais plus ou moins refusé d'écrire un article sur cette auteure afin de faire la promotion de ses nouvelles; les délais étaient trop courts et j'avais d'autres auteurs en attente. Pourtant, j'avais trouvé le concept intéressant; proposer une nouvelle inédite chaque mercredi au plus chaud de la période estivale m'avait paru excellent. Pour plus de détails, je vous invite à aller jeter un coup d'oeil à la page suivante : https://www.indiegogo.com/projects/un-mercredi-comme-les-autres#/story.

Ma curiosité étant piquée, j'ai proposé de rédiger un article courant septembre, me disant qu'une version sous forme de recueil serait peut-être proposée aux lecteurs. Vous allez me dire: "Oui, t'es bien gentille, mais tout cela, ce ne sont que des détails. Tu ne nous parles pas des nouvelles, là!" Oui, oui, je vous entends mes fidèles ouailles!

Un mercredi comme les autres, un recueil de dix superbes nouvelles! J'ai achevé ma lecture il y a environ deux semaines de cela (je suis en retard dans mes devoirs!) et franchement, je me suis dit que cette femme avait du talent. Vous savez, ce genre de talent qui vous éblouit durant quelques secodes et qui vous donne envie à vous, simple auteur en herbe, de vous améliorer. 

Alors, comme vous vous en doutez, je ne vais pas en écrire des tartines, parce que c'est tellement bon et maîtrisé que je n'ai pas grand chose à en dire. Bah oui, il est plus facile de mettre en relief les défauts que de louer la beauté (mais c'est sûrement une de mes faiblesses). Les nouvelles sont courtes mais se suffisent à elles-mêmes. Les lier est un plus; la cerise sur le gâteau. Je vous invite donc au Rendez-vous, restaurant transformé en théâtre de la comédie humaine. 

Le recueil s'ouvre avec une nouvelle dans laquelle un "jeune" émigré passe un entretien d'embauche au Rendez-vous. Elle nous met tout de suite dans le bain, si je puis dire. L'ambiance est posée. Une certaine désillusion habite ces lieux. Il y a quelque chose de désespérant, une certaine forme de fatalité qui se fait ressentir dans les autres épisodes aussi. Dès le première nouvelle, nous pouvons goûter la subtilité de cette auteure; son sens du détail est remarquable! 

La seconde nouvelle, qui met en scène un couple de personnes âgées, est empreinte de nostalgie et de tendresse. L'humour y est aussi présent. Je crois que c'est ma préférée, même si j'ai adoré la première...Non, en fait je les aime quasiment toutes. La transition entre les nouvelles se fait admirablement bien. C'est fluide, ça coule, il n'y a pas de fausse note. Très franchement, nous nous laissons prendre au jeu, nous vivons avec les personnages. Nous ressentons leur douleur, leur impuissance. Personnellement, je trouve que faire passer autant d'émotions sur un format aussi court, n'est pas facile, mais Johanne Tremblay s'en sort véritablement bien. Elle maîtrise parfaitement sa plume!

La troisième nouvelle explore les liens d'amitié distendus qui unissent deux femmes dont les vies semblent totalement éloignées. Le temps se suspend quelques heures. Nous faisons un voyage dans le passé et en apprenons un peu plus sur cet endroit où les gens se réunissent pour manger. Johanne Tremblay nous révèle l'importance de ces lieux de la vie quotidienne témoins des moindres événements de nos vies, comme s'ils étaient les réceptacles des secrets de l'humanité. Cette façon que l'auteure a de nous décrire les choses, sa manière d'attirer notre attention indirectement, est tout simplement sublime.

La quatrième nouvelle est plus légère; elle traite de la sexualité avec humour. Je suis certaine qu'un bon nombre de femmes se reconnaîtront dans le personnage de Geneviève. La chute est tordante. 

La cinquième nouvelle nous ramène à un sujet plus lourd: la solitude. Le point de vue est encore celui d'une femme. Il y a quelque chose de repoussant chez Catherine, et pourtant...

La sixième nouvelle attire notre attention sur le monde du travail, sur cette tendance que nous avons à nous soumettre devant certains tyrans, jusqu'à ce que le point de rupture soit atteint. J'aime beaucoup la subtilité avec laquelle l'auteure nous décrit les choses.

La septième nouvelle est très intéressante, elle-aussi, car le regard, cette fois-ci, est celui d'une adolescente. Nous assistons à un anniversaire réunissant plusieurs membres d'une famille aux caractères bien différents les uns des autres. Je pense que cette nouvelle, comme les précédentes, vous touchera, car finalement, nous nous reconnaissons dans toutes ces situations. Il y a quelque chose d'universel et de particulier. L'écriture de madame Tremblay est une écriture intime. Elle vous touche, elle vous chuchote à l'oreille...Elle vous connaît.

La huitième nouvelle parlera en particulier aux gens de plumes (doués et moins doués). Nous suivrons les affres de deux scénaristes en mal de reconnaissance. J'ai particulièrement apprécié la chute! 

La dernière nouvelle est consacrée au plongeur du Rendez-vous. Elle est très touchante et nous ramène sur terre. La fatalité est de retour. Nous nous retrouvons dans notre rôle de spectateur. Le recueil s'achève sur une pointe de désillusion.

Non, cher lecteur, je n'ai pas oublié la neuvième nouvelle. C'est la seule dans laquelle je ne suis pas rentrée. Je suis passée totalement à côté et n'ai pas vraiment compris de quoi il était question. Je crois que le problème vient, en grande partie, du trop grand nombre d'expressions en français canadien. La "barrière de la langue" était un petit peu trop haute pour moi. Les expressions ne faisant pas sens immédiatement dans mon petit cerveau, je n'ai pas réussi à accrocher. 

Voilà, voilà pour le survol. J'ai essayé de vous en dire un maximum sans trop vous en dévoiler. Je ne suis pas non plus trop entrée dans les détails car je pense qu'il est préférable que vous vous fassiez votre propre idée et que vous vous laissiez emporter par l'écriture pleine d'émotions de madame Tremblay. 

Je vous recommande donc chaudement la lecture de ces nouvelles, malheureusement, je ne sais pas encore quand le recueil sera disponible à la vente...Je vous informerai quand j'aurai plus de détails. En attendant, je vous invite à cliquer sur les liens suivants.

Pour en savoir un peu plus sur madame Tremblay : http://johannetremblayetmoi.com/

Pour suivre la vie du recueil : https://www.facebook.com/Un-mercredi-comme-les-autres-912897855427805/timeline/

Ps: je viens de recevoir un mail de l'auteure, le recueil sera disponible le 09 octobre en version numérique et papier sur le site suivant : http://www.bouquinplus.com/