psychologique

Natures Mortes de Christophe Darlanuc

Aujourd'hui, une chronique consacrée à un très bon thriller (et c'est une personne pas franchement amatrice du genre qui vous en parle, mis à part les très bons romans écrits par Thomas Harris, en général je n'arrive pas à m'intéresser véritablement à l'histoire) écrit par Darlanuc.

La couverture:

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Vous pouvez vous le procurer ici: http://www.amazon.fr/Natures-Mortes-Christophe-Darlanuc-ebook/dp/B00N48HRLK pour un peu plus de 6€ (mais il les vaut bien!)

Cette chronique va être difficile à écrire parce que j'ai peur de trop vous en révéler, mais si je ne le fais pas, je ne suis pas certaine que vous puissiez comprendre toutes mes critiques...

Le roman s'ouvre sur une scène qui nous met directement mal à l'aise (en particulier si vous êtes une femme). Nous nous retrouvons à la place du déséquilibré qui observe ses proies endormies: elles sont faibles, impuissantes et prises au piège. Le malaise est renforcé par le fait que notre chasseur est bien à l'abri derrière son bureau, devant ses écrans, dans une petite pièce secrète où rien ne semble pouvoir l'atteindre. Nous nous rendons rapidement compte que ce fou possède un certain sens artistique, ce qui est d'autant plus effrayant. Un déséquilibré avec un sens artitisque poussé, quoi de plus alarmant? Moi, ça me rappelle Hannibal, et ce dernier a beau être fascinant par certains aspects de sa personnalité, il lui arrive de faire des choses un tout petit peu inquiétantes. Je dois vous avouer que cette ressemblance (côté artistique de notre mauvais garçon) m'a d'abord un peu déçue; j'avais peur d'avoir un mauvais Thomas Harris. Mais très franchement, Darlanuc s'en sort très bien. Son "vilain" se distingue parfaitement d'Hannibal; la fixation venait surtout de moi, je pense. D'ailleurs, notre auteur m'a confié dans un mail (attention révélation) qu'il avait lui-même un certain penchant pour les oeuvres italiennes de la Renaissance et qu'il a essayé de traduire, dans ce roman, une expérience très intense qu'il a vécue aux Offices devant un tableau de Botticelli. " Pour la seule et unique fois de ma vie, je me suis senti partir très loin devant une oeuvre d'art. J'ai été totalement aspiré par l'émotion provoquée par ce tableau..." Eh bien! Cela en dit long...

Dès le second chapitre, la machine est lancée sur un bon rythme. Cette fois-ci nous suivons Pierre : un "flic" qui vient de réintégrer ses fonctions, deux ans après sa sortie de l'hôpital pour "zinzins". Pierre a perdu un être cher. Il est un peu cassé. La suite du roman nous montrera à quel point. Personnellement, ce n'est pas mon personnage préféré. J'ai beaucoup de mal à le trouver attachant, peut-être parce qu'il réagit de manière un peu trop normale, quoi que...Il est brisé, animé par la vengeance, obsessionnel, peu aimable (surtout avec Frazier, et moi j'aime bien Frazier).

De retour au poste, donc, il sera "chargé" d'une affaire qui lui fera présumer que le "vilain" qui enlève ces jeunes femmes blondes n'est autre que celui qui lui a arraché Camille. 

Voilà en gros la trame de l'histoire. Un flic cassé qui court derrière un malade qui s'amuse à collectionner les petites blondes. Rien de bien surprenant. Mais Darlanuc écrit bien. Le style est agréable, fluide, dynamique... Il y a quelques coquilles mais elles ne sont franchement pas nombreuses. J'ai particulièrement apprécié l'alternance des points de vue à chaque nouveau chapitre. Le rythme est soutenu et il n'y a pas de temps mort (sauf quand il vous faut quelques instants pour reprendre vos esprits après des révélations surprenantes). Le roman se dévore, et le scénario qui semble si simple au premier abord se complexifie à mesure que les chapitres défilent. Vous allez peut-être faire les gros yeux comme moi devant les fameuses "coïncidences improbables" mises en oeuvre par Darlanuc, mais poursuivez la lecture parce que ce roman en vaut vraiment la peine. Les personnages tous plus ou moins malades sont un délice. Ce roman touche à la folie, aux liens familiaux, au beau, à l'accomplissement, au désespoir...Il y a même de l'humour! Un cocktail à savourer sans modération! (on dirait une mauvaise publicité ^0^)

Par ailleurs, j'ai adoré le journal du grand-père grâce auquel on en apprend un peu plus sur le "vilain". Cette idée du journal intime est franchement excellente. Je ne sais pas comment vous dire... (c'est tellement plus facile de construire une critique négative) Le suspense est au rendez-vous, les chapitres nous tiennent en haleine, les affreux sont sympathiques, et les sympathiques affreux. Et puis, franchement, le prologue et l'épilogue sont des merveilles. Darlanuc est doué! 

Je n'ai pas grand chose à ajouter. J'ai passé un très bon moment avec cette histoire. J'ai oublié ma petite vie et quand je lis quelque chose comme ça, bah je me dis que finalement ce petit site que j'essaie laborieusement de tenir en vaut quand même un peu la peine. 

Un grand merci à Christophe Darlanuc!!!

Au lieu de rajouter des kilomètres de mon babillage admiratif, je vous recommande de télécharger l'extrait (plutôt conséquent) et de vous faire votre propre idée.

Natures mortes extrait: Natures mortes les premiers chapitresnatures-mortes-les-premiers-chapitres.pdf (1.07 Mo) ou vous pouvez le lire en ligne ici.

Je vous souhaite un bon week-end à tous et n'hésitez pas à vous exprimer, à laisser un avis ou à partager la chronique.