Paul Blanchot

Si par une nuit d'orage de Paul et Anna Blanchot

Salut à vous, chers inconnus,

Aujourd’hui, nous allons causer d’une nouvelle (encore une) de Paul et Anna Blanchot intitulée : Si par une nuit d’orage.

Telechargement 1

Vous trouverez l’ouvrage sur amazon : https://www.amazon.fr/Si-par-une-nuit-dorage-ebook/dp/B00HLZRYAQ

Bon, je vous l’annonce tout de suite, j’ai été très déçue de ma lecture. La forme m’a semblé bien trop négligée et le fond ne m’a pas du tout plu, notamment à cause d’un trop grand nombre d’incohérences.

Quand j’ai téléchargé l’ouvrage, je m’attendais à lire un roman. Sur le site, ils annoncent 162 pages de lecture, tandis que ma petite liseuse ne m’en présente que 60. Alors, je veux bien qu’il y ait quelques différences entre la liseuse et le livre papier, mais là…Peut-être que la version papier est imprimée en gros caractères…Mystère, mystère…Peu importe !

Nous voici avec un récit rédigé à quatre mains, et qui, selon l’auteur, grâce à l’aide d’une tierce personne qui a revu le texte et a aidé à le corriger, approche la perfection. Hem…Quand on vend ainsi son ouvrage (même si je comprends le besoin d’attirer le lecteur), on place la barre bien haut, et là, visiblement, c’était trop haut. La nouvelle, semble-t-il, date de 2000 et a été corrigée et  revue en 2014. En plus de dix ans, le style s’améliore (enfin, j’espère). Je m’attendais à quelque chose de mieux, surtout que la nouvelle est relativement bien notée par les lecteurs (ils ne doivent pas être aussi tatillons que je le suis). Toutefois, n’ayant pas eu sous les yeux la version de 2000, je ne pourrais juger de l’évolution (à moins que les auteurs aient fait une mauvaise manipulation et aient mis en ligne la première version).

Pour résumer l’histoire, en gros, en bref, en grossier, on suit les aventures d’une pauvre gamine des rues et de son « amant » le vampire. Rien de bien fantastique, ni de novateur, assez banal en somme, mais qui avec un bon traitement narratif, aurait pu émouvoir mon petit cœur d’adolescente. Malheureusement, j’ai trouvé les personnages caricaturaux, j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à eux, à m’identifier. C’est un peu niais, un peu naïf, ça manque de punch, ça manque de romance…Bon, je dois l’avouer, j’ai lu pas mal d’histoires de vampires ; cela n’aide pas. Je ne suis pas novice en la matière, ce qui peut expliquer mon besoin de renouveau. Malheureusement, je n’ai pas passé un bon moment, pas du tout.

Bon alors, c’est ici que commence la misère. Je plains monsieur Blanchot s’il tombe sur cette chronique. Elle risque de lui faire mal au cœur et de blesser son égo par la même occasion,  même si ce n’est pas mon but. Je m’excuse par avance auprès de lui.

Première note discordante, la plus grosse à mes yeux. Je pense que cette histoire aurait pu être mieux traitée, en particulier si les auteurs avaient décidé d’en faire un roman et non pas une nouvelle. Si nous envisageons l’histoire comme une nouvelle, nous sommes inévitablement déçus. La pluralité des lieux, des personnages (quoique sur ce point, ça va encore), des situations, des scènes et les ellipses temporelles se prêtent mal à la nouvelle. Beaucoup trop de choses nous semblent racontées trop rapidement. Nous n’avons pas le temps de savourer, comme si le serveur nous retirait nos assiettes sans nous laisser le temps de les terminer.

Le reste des points négatifs, en vrac.

L’action se déroule, pour commencer, au Caire. Le problème, c’est que je ne me suis pas spécialement sentie au Caire. Je manque peut-être d’imagination, je ne sais pas. Mais, je pense qu’il aurait été intéressant d’agrémenter le récit de plus de descriptions, histoire ne nous faire entrer dans l’ambiance, pour nous dépayser, nous emmener en voyage…Personnellement, un peu d’aide descriptive n’aurait pas été de refus (je n’ai jamais été au Caire, je ne connais pas du tout cette région du monde donc…).

Nous suivons une jeune femme, Amra, vendeuse de thé ambulante ; une pauvresse séduite par un vampire du nom de Venceslas (je ne suis pas certaine à 100% de l’orthographe du nom, et je crois que les auteurs non plus)

Ce qui choque dès le début du roman, ce sont certaines phrases maladroites où j’ai eu la nette impression que le vocabulaire était mal employé. Je n’ai malheureusement pas d’exemple précis à vous fournir, et je n’ai pas le courage d’aller chercher toutes les phrases en question. Je n’ai pas du tout adhéré au style ; je l’ai trouvé laborieux. Ce qui ne me donne pas envie de replonger le nez dedans (désolée pour cette faiblesse passagère).

Rapidement, notre pauvre « bichette » se fait enlever par un gros dégueulasse, un vieux dégoûtant qui fait des gamines comme elle son goûter : Guido De Carlone. Et encore, à la lecture de ces scènes successives (60pages kindle, je vous rappelle), j’ai noté dans mon petit cahier « maladresses/ formules mal employées/répétitions/ fautes d’orthographe ».

Apparait un quatrième personnage, Dario, peut-être celui qui a le plus de relief, parce que nos deux personnages principaux sont finalement assez plats. Dario, c’est l’homme de main de De Carlone, et le type est tordu lui aussi, peut-être encore plus vilain que son patron. C’est sûrement le personnage que j’ai le plus apprécié, mais pas au point de rendre l’histoire subitement intéressante à mes yeux.

Donc, Amra est enlevée, direction un autre pays, bien loin de Venceslas. Bien évidemment, notre amoureux transi va se lancer à leur poursuite et révéler ses canines quand il apprendra ce qu’ils ont fait à sa petite chérie. Il y a donc un peu de sang, un peu de violence et beaucoup d’incohérences. Je pense à une scène en particulier, où un meurtre se commet après un coït endiablé (c’était pour la rime). En fait, la femme qui se trouve dans le lit au moment du meurtre, ne réagit pas, est complètement passée sous silence. Donc, nous nous retrouvons avec un personnage témoin d’un meurtre qui manifeste autant de réaction que la table qui se trouve dans la pièce voisine.  Pour moi, c’est une très grosse erreur. Soit la scène du coït est inutile, soit il faut faire réagir cette femme, ne serait-ce qu’en une ligne (je ne sais pas, elle peut s’évanouir, s’endormir, peu importe).

Autre incohérence (désolée je ne suis pas la chronologie du récit) : notre cher Venceslas s’adresse à son aimée dans ses rêves, et dans le même paragraphe, alors que la jeune femme est endormie, il lui demande de rester éveillée. Alors, j’ai bien compris pourquoi il avait besoin qu’elle soit éveillée, ce n’est pas le problème, mais il ne peut pas lui demander de rester éveillée alors qu’elle est en train de dormir. Nombre de phrases sont ainsi mal formulées, sans parler d’une phrase à la page 12 qui n’a tout simplement pas de sens (ou alors je suis complètement stupide —ce qui est tout à fait possible). Je vous laisse trouver la phrase, si elle passe inaperçue à vos yeux, c’est que j’ai visiblement un problème (pour précision, c’est une partie seulement de la phrase qui n’a pas de sens).

Je trouve globalement que le rythme de l’histoire n’est pas maîtrisé, tout comme le style. C’est discordant. Même si certains passages sont passables, la cacophonie générale  gâche réellement la lecture. Pourtant, on peut faire pas mal de choses avec une idiote, un vampire et des mafieux…Franchement, même si le scénario n’est pas brillant, ni renversant, on peut construire un petit roman qui se laisse lire, un petit moment de détente.

Quand Dario prend les rênes de l’organisation qui était auparavant aux mains de De Carlone, j’ai trouvé le raccourci scénaristique trop grossier. C’est quand même un peu trop simple. Dario qui passe pour un simple homme de main au début de la nouvelle, se retrouve propulsé en tête…Hmm…Je suis restée dubitative.

Autre incohérence à mes yeux : Venceslas, quand il s’en prend à De Carlone, le tutoie, tout malappris qu’il est, mais lorsqu’il fait sa fête à Dario, il le vouvoie, étrangement. Je n’ai absolument pas compris cette politesse soudaine…Il faut ajouter que Dario a carrément assassiné son aimée ! Autre chose, dans le combat qui oppose Dario et Venceslas (LE VAMPIRE), ce dernier se retrouve subitement fragile au cours du combat…Alors, soit sa colère s’envole pour laisser place au désespoir en plein combat, soit…soit…c’était un truc pour pouvoir faire survivre Dario…Bref, ce n’est pas du tout crédible.

Encore, pour enfoncer le clou, la jeune indienne, l’esclave qui avait un sort tout aussi enviable à celui d’Amra dans la demeure de De Carlone, continue tranquillement à faire le ménage après que ses bourreaux ont été assassinés. Sérieux les gars, qui parmi vous ferait ça ? Des mecs me retiennent prisonnière, me traitent comme une esclave, abusent de moi, par miracle ils se font réduire en poussière, je suis soudain libre, mais au lieu de sauter à pieds joints sur leurs cadavres et danser de bonheur, ou prendre mes jambes à mon cou, ou encore pleurer sous le choc du fardeau retiré, bah je fais le ménage, comme d’hab…Sérieusement ? Hmm…

Ensuite, nous sommes propulsés sans avertissement 35ans plus tard. Cette ellipse a été très difficile pour moi. Trop de turbulences. C’est comme commencer une nouvelle histoire. Encore une fois, le format « nouvelle » n’était pas le bon.

La fin de la nouvelle est tout aussi brillante que le début. Une incohérence monumentale que je ne décortiquerai pas parce que je n’en vois plus l’intérêt. Je n’ai pas envie de dégoûter plus de lecteur (et surtout l’auteur).

Pour finir, je tiens à préciser que le billet n’a pas été facile à rédiger et n’engage que moi. Il est évident que je ne recommande pas cette nouvelle ! Mais, peut-être que d’autres écrits de monsieur Blanchot sont tout à fait honorables et méritent d’être lus et appréciés. Après tout, en dix ans…Et puis, ce monsieur a écrit pas mal de choses…Dans le lot, peut-être que même moi je pourrais trouver mon bonheur !