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Le tatouage, Joël Navarro

Aujourd'hui, un billet sur Le tatouage de Joël Navarro !

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Je ne sais plus comment je me suis retrouvée avec cette nouvelle dans ma liseuse. Je n'ai pas le souvenir d'avoir vu une quelconque promotion circuler sur les réseaux sociaux...Je devais probablement errer sur Amazon, à moitié endormie, et j'ai dû la télécharger par hasard. Après, je trouve que la couverture est plutôt pas mal, ceci explique probablement cela. Comme quoi, une bonne communication visuelle, hein...Bref.

La nouvelle date un peu (2014).

Vous pouvez vous la procurer ici : https://www.amazon.fr/tatouage-Jo%C3%ABl-NAVARRO-ebook/dp/B00J0G11VC?ie=UTF8&qid=1469435456&ref_=la_B00J5GY0VK_1_1&s=books&sr=1-1

Elle fait une petite quarantaine de pages et se lit relativement bien. Elle a ses qualités mais aussi ses défauts.

D'un point de vue général, je suis satisfaite de ma lecture, du moins, je ne regrette pas d'avoir téléchargé la nouvelle et je n'ai pas le sentiment d'avoir perdu mon temps (ce qui malheureusement peut m'arriver quelques fois (oui, j'accorde beaucoup d'importance à mon temps!)). Quand je relis mes notes, je me rends compte que j'ai bien ri. 

Bon, commençons par les défauts: les fautes d'orthographe. Certains me diront que c'est inutile de le préciser, que pour les auteurs indépendants, c'est inévitable ; et ils n'auront pas totalement tort. Je crois que lorsqu'on travaille en permanence seul ou lorsqu'on manque de relecteurs compétents en la matière, il est difficile de rendre un écrit impeccable du point de vue orthographique. Toutefois, quand les fautes sont trop nombreuses, la lecture devient beaucoup moins agréable, parce que ces fautes détournent notre attention de la narration. Pour cette nouvelle, j'ai repéré pas mal d'erreurs de conjugaison ( ce qui passe encore plus mal que les petites coquilles de-ci de-là ). 

Autre défaut, et qui là, franchement, pourrait être vraiment rédhibitoire : les erreurs de calcul. Notre personnage principal, Jonathan, est comptable, et un comptable dans l'âme, qui plus est...Deux petites incohérences qui passeront probablement inaperçu aux personnes qui ne chercheront pas à faire le moindre calcul. C'est dommage. Personnellement, j'y vois un grand manque d'attention de la part de l'auteur. Et puis, des incohérences sur 40 pages n'ont pas le même impact que sur 3000. 

D'autres petites choses m'ont semblé un peu floues. Par exemple, lorsque son ex femme demande à Jonathan de ne pas se montrer violent avec son nouvel ami qu'elle prévoit d'épouser. Jonathan n'a jamais été décrit comme un homme violent ou susceptible de le devenir ( du moins il ne semble pas avoir été ainsi perçu par sa femme), mais comme son comportement des derniers temps semble étrange, je me suis dit : " Bon, pourquoi pas..." Disons que parfois, je dois m'obliger à une certaine flexibilité pour ne pas me bloquer dans la lecture. Sur ce dernier point, je ne saurais dire si c'est réellement un défaut de l'auteur ou si c'est plutôt un défaut du lecteur...

Je vous partage le résumé disponible sur Amazon (comment ça flemmarde ?) : 

Un comptable découvre un tatouage sur son dos qu'il n’avait jamais vu auparavant. 
A force de recherches, il comprend qu'il est schizophrène et que son double, la nuit, se permet toutes les fantaisies qu'il s'interdit le jour. Lorsque son alter ego et lui apprennent que leur ex-femme va se remarier, ils se liguent pour faire capoter le mariage. 
Mais d'autres forces sont en œuvre, et si le tatouage était magique ? 

Heureusement pour moi, je ne me souvenais absolument pas de ce synopsis qui en dévoile beaucoup trop à mon goût. Tout ça se déroule sur 40 pages, il ne faut pas l'oublier ! J'ai donc commencé ma lecture l'âme vierge. 

Le personnage central m'a immédiatement séduite: sa déformation professionnelle, son côté comptable à l'extrême, cette manière presque mécanique d'organiser son temps. Joël Navarro a construit son intrigue autour d'un personnage qui semble presque déshumanisé. Il vit seul, replié sur lui-même. C'est un bourreau de travail qui ne semble éprouver de l'affection ni pour ses parents, ni pour ses enfants qu'il ne voit guère que le week-end. Son ex-femme semble être la seule à éveiller quelque chose s'apparentant à un sentiment dans on âme, s'il en possède encore une. 

L'élément déclencheur est une fuite de 50 000 euros dans les dépenses d'un de ses clients (avec lequel la relation est étrange et dont l'histoire fera écho à sa propre histoire). Bien évidemment, cette petite erreur (qui n'en est pas une) va plonger notre comptable (digne d'un robot) dans une perplexité aisément compréhensible. 

Deuxième élément d'importance, ce tatouage qu'il a dans le dos et qu'il ne se souvient pas avoir fait. 

Jonathan se lance donc dans une enquête double pour savoir où sont passés ces 50 000 euros et, surtout, comment il a fait pour se retrouver avec un tel tatouage. 

Le style de l'auteur est vraiment pas mal et quelques phrases sont franchement bien senties. Après une courte enquête, il trouvera les réponses aux questions qu'ils se posent, mais, malheureusement, elles ne seront pas satisfaisantes. 

Son double fait alors sa pleine apparition. Jonathan se rend compte qu'une partie de sa vie ne lui appartient plus, au profit de Thierry (son autre personnalité). Par ailleurs, ce double incontrôlable se trouve dans sa tête, mais les pensées de celui-ci sont inaccessibles à Jonathan. 

L'intrigue est plutôt bien menée. J'ai apprécié la lutte entre Jonathan et Thierry (pour lequel on éprouve plus d'empathie). Thierry se révèle autrement humain que Jonathan; on en viendrait presque à se dire que Jonathan ferait mieux d'abandonner son combat et de laisser Thierry aux commandes. Les ruses qu'il élabore pour coincer son double sont assez drôles. 

Finalement, vous vous en doutez, le lecteur va être propulsé dans l'esprit de Thierry qui nous révélera quelques secrets. 

La chute de la nouvelle m'a beaucoup amusée et m'a semblé totalement absurde (pour mon plus grand plaisir). 

Toutefois, je pense que l'épilogue n'était aucunement nécessaire. J'ai quand même ri, mais de mon point de vue la nouvelle aurait été bien meilleure sans. 

Je vous invite à lire cette petite nouvelle qui n'est pas si mal et qui vous fera passer un bon moment si vous fermez les yeux sur ses quelques petits défauts.

Si par une nuit d'orage de Paul et Anna Blanchot

Salut à vous, chers inconnus,

Aujourd’hui, nous allons causer d’une nouvelle (encore une) de Paul et Anna Blanchot intitulée : Si par une nuit d’orage.

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Vous trouverez l’ouvrage sur amazon : https://www.amazon.fr/Si-par-une-nuit-dorage-ebook/dp/B00HLZRYAQ

Bon, je vous l’annonce tout de suite, j’ai été très déçue de ma lecture. La forme m’a semblé bien trop négligée et le fond ne m’a pas du tout plu, notamment à cause d’un trop grand nombre d’incohérences.

Quand j’ai téléchargé l’ouvrage, je m’attendais à lire un roman. Sur le site, ils annoncent 162 pages de lecture, tandis que ma petite liseuse ne m’en présente que 60. Alors, je veux bien qu’il y ait quelques différences entre la liseuse et le livre papier, mais là…Peut-être que la version papier est imprimée en gros caractères…Mystère, mystère…Peu importe !

Nous voici avec un récit rédigé à quatre mains, et qui, selon l’auteur, grâce à l’aide d’une tierce personne qui a revu le texte et a aidé à le corriger, approche la perfection. Hem…Quand on vend ainsi son ouvrage (même si je comprends le besoin d’attirer le lecteur), on place la barre bien haut, et là, visiblement, c’était trop haut. La nouvelle, semble-t-il, date de 2000 et a été corrigée et  revue en 2014. En plus de dix ans, le style s’améliore (enfin, j’espère). Je m’attendais à quelque chose de mieux, surtout que la nouvelle est relativement bien notée par les lecteurs (ils ne doivent pas être aussi tatillons que je le suis). Toutefois, n’ayant pas eu sous les yeux la version de 2000, je ne pourrais juger de l’évolution (à moins que les auteurs aient fait une mauvaise manipulation et aient mis en ligne la première version).

Pour résumer l’histoire, en gros, en bref, en grossier, on suit les aventures d’une pauvre gamine des rues et de son « amant » le vampire. Rien de bien fantastique, ni de novateur, assez banal en somme, mais qui avec un bon traitement narratif, aurait pu émouvoir mon petit cœur d’adolescente. Malheureusement, j’ai trouvé les personnages caricaturaux, j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à eux, à m’identifier. C’est un peu niais, un peu naïf, ça manque de punch, ça manque de romance…Bon, je dois l’avouer, j’ai lu pas mal d’histoires de vampires ; cela n’aide pas. Je ne suis pas novice en la matière, ce qui peut expliquer mon besoin de renouveau. Malheureusement, je n’ai pas passé un bon moment, pas du tout.

Bon alors, c’est ici que commence la misère. Je plains monsieur Blanchot s’il tombe sur cette chronique. Elle risque de lui faire mal au cœur et de blesser son égo par la même occasion,  même si ce n’est pas mon but. Je m’excuse par avance auprès de lui.

Première note discordante, la plus grosse à mes yeux. Je pense que cette histoire aurait pu être mieux traitée, en particulier si les auteurs avaient décidé d’en faire un roman et non pas une nouvelle. Si nous envisageons l’histoire comme une nouvelle, nous sommes inévitablement déçus. La pluralité des lieux, des personnages (quoique sur ce point, ça va encore), des situations, des scènes et les ellipses temporelles se prêtent mal à la nouvelle. Beaucoup trop de choses nous semblent racontées trop rapidement. Nous n’avons pas le temps de savourer, comme si le serveur nous retirait nos assiettes sans nous laisser le temps de les terminer.

Le reste des points négatifs, en vrac.

L’action se déroule, pour commencer, au Caire. Le problème, c’est que je ne me suis pas spécialement sentie au Caire. Je manque peut-être d’imagination, je ne sais pas. Mais, je pense qu’il aurait été intéressant d’agrémenter le récit de plus de descriptions, histoire ne nous faire entrer dans l’ambiance, pour nous dépayser, nous emmener en voyage…Personnellement, un peu d’aide descriptive n’aurait pas été de refus (je n’ai jamais été au Caire, je ne connais pas du tout cette région du monde donc…).

Nous suivons une jeune femme, Amra, vendeuse de thé ambulante ; une pauvresse séduite par un vampire du nom de Venceslas (je ne suis pas certaine à 100% de l’orthographe du nom, et je crois que les auteurs non plus)

Ce qui choque dès le début du roman, ce sont certaines phrases maladroites où j’ai eu la nette impression que le vocabulaire était mal employé. Je n’ai malheureusement pas d’exemple précis à vous fournir, et je n’ai pas le courage d’aller chercher toutes les phrases en question. Je n’ai pas du tout adhéré au style ; je l’ai trouvé laborieux. Ce qui ne me donne pas envie de replonger le nez dedans (désolée pour cette faiblesse passagère).

Rapidement, notre pauvre « bichette » se fait enlever par un gros dégueulasse, un vieux dégoûtant qui fait des gamines comme elle son goûter : Guido De Carlone. Et encore, à la lecture de ces scènes successives (60pages kindle, je vous rappelle), j’ai noté dans mon petit cahier « maladresses/ formules mal employées/répétitions/ fautes d’orthographe ».

Apparait un quatrième personnage, Dario, peut-être celui qui a le plus de relief, parce que nos deux personnages principaux sont finalement assez plats. Dario, c’est l’homme de main de De Carlone, et le type est tordu lui aussi, peut-être encore plus vilain que son patron. C’est sûrement le personnage que j’ai le plus apprécié, mais pas au point de rendre l’histoire subitement intéressante à mes yeux.

Donc, Amra est enlevée, direction un autre pays, bien loin de Venceslas. Bien évidemment, notre amoureux transi va se lancer à leur poursuite et révéler ses canines quand il apprendra ce qu’ils ont fait à sa petite chérie. Il y a donc un peu de sang, un peu de violence et beaucoup d’incohérences. Je pense à une scène en particulier, où un meurtre se commet après un coït endiablé (c’était pour la rime). En fait, la femme qui se trouve dans le lit au moment du meurtre, ne réagit pas, est complètement passée sous silence. Donc, nous nous retrouvons avec un personnage témoin d’un meurtre qui manifeste autant de réaction que la table qui se trouve dans la pièce voisine.  Pour moi, c’est une très grosse erreur. Soit la scène du coït est inutile, soit il faut faire réagir cette femme, ne serait-ce qu’en une ligne (je ne sais pas, elle peut s’évanouir, s’endormir, peu importe).

Autre incohérence (désolée je ne suis pas la chronologie du récit) : notre cher Venceslas s’adresse à son aimée dans ses rêves, et dans le même paragraphe, alors que la jeune femme est endormie, il lui demande de rester éveillée. Alors, j’ai bien compris pourquoi il avait besoin qu’elle soit éveillée, ce n’est pas le problème, mais il ne peut pas lui demander de rester éveillée alors qu’elle est en train de dormir. Nombre de phrases sont ainsi mal formulées, sans parler d’une phrase à la page 12 qui n’a tout simplement pas de sens (ou alors je suis complètement stupide —ce qui est tout à fait possible). Je vous laisse trouver la phrase, si elle passe inaperçue à vos yeux, c’est que j’ai visiblement un problème (pour précision, c’est une partie seulement de la phrase qui n’a pas de sens).

Je trouve globalement que le rythme de l’histoire n’est pas maîtrisé, tout comme le style. C’est discordant. Même si certains passages sont passables, la cacophonie générale  gâche réellement la lecture. Pourtant, on peut faire pas mal de choses avec une idiote, un vampire et des mafieux…Franchement, même si le scénario n’est pas brillant, ni renversant, on peut construire un petit roman qui se laisse lire, un petit moment de détente.

Quand Dario prend les rênes de l’organisation qui était auparavant aux mains de De Carlone, j’ai trouvé le raccourci scénaristique trop grossier. C’est quand même un peu trop simple. Dario qui passe pour un simple homme de main au début de la nouvelle, se retrouve propulsé en tête…Hmm…Je suis restée dubitative.

Autre incohérence à mes yeux : Venceslas, quand il s’en prend à De Carlone, le tutoie, tout malappris qu’il est, mais lorsqu’il fait sa fête à Dario, il le vouvoie, étrangement. Je n’ai absolument pas compris cette politesse soudaine…Il faut ajouter que Dario a carrément assassiné son aimée ! Autre chose, dans le combat qui oppose Dario et Venceslas (LE VAMPIRE), ce dernier se retrouve subitement fragile au cours du combat…Alors, soit sa colère s’envole pour laisser place au désespoir en plein combat, soit…soit…c’était un truc pour pouvoir faire survivre Dario…Bref, ce n’est pas du tout crédible.

Encore, pour enfoncer le clou, la jeune indienne, l’esclave qui avait un sort tout aussi enviable à celui d’Amra dans la demeure de De Carlone, continue tranquillement à faire le ménage après que ses bourreaux ont été assassinés. Sérieux les gars, qui parmi vous ferait ça ? Des mecs me retiennent prisonnière, me traitent comme une esclave, abusent de moi, par miracle ils se font réduire en poussière, je suis soudain libre, mais au lieu de sauter à pieds joints sur leurs cadavres et danser de bonheur, ou prendre mes jambes à mon cou, ou encore pleurer sous le choc du fardeau retiré, bah je fais le ménage, comme d’hab…Sérieusement ? Hmm…

Ensuite, nous sommes propulsés sans avertissement 35ans plus tard. Cette ellipse a été très difficile pour moi. Trop de turbulences. C’est comme commencer une nouvelle histoire. Encore une fois, le format « nouvelle » n’était pas le bon.

La fin de la nouvelle est tout aussi brillante que le début. Une incohérence monumentale que je ne décortiquerai pas parce que je n’en vois plus l’intérêt. Je n’ai pas envie de dégoûter plus de lecteur (et surtout l’auteur).

Pour finir, je tiens à préciser que le billet n’a pas été facile à rédiger et n’engage que moi. Il est évident que je ne recommande pas cette nouvelle ! Mais, peut-être que d’autres écrits de monsieur Blanchot sont tout à fait honorables et méritent d’être lus et appréciés. Après tout, en dix ans…Et puis, ce monsieur a écrit pas mal de choses…Dans le lot, peut-être que même moi je pourrais trouver mon bonheur !

Magmat de Frédéric Soulier

Salut à toi, fidèle et unique lecteur ! (ne jamais aller jeter un oeil aux statistiques de ton blog, tu risques la dépression...)

Aujourd'hui, il sera question de ça :

Telechargement

Déjà, la couverture est pas mal ! T'en dis quoi, toi ? Hein? J'entends pas...Bon après, tu me diras, la couverture fait pas le reste (surtout que, bien souvent, elle n'est pas réalisée par l'auteur (du livre (pas besoin de préciser? Bah, moi je dis : "on ne sait jamais", des fois que ton cerveau glisse un peu trop dans ta caboche quand tu liras ce billet))).

J'ai donc décidé de te confier mes pensées au sujet de cette nouvelle d'une soixantaine de pages, écrite par Frédéric Soulier.

Tu peux te procurer la nouvelle ici et si tu veux en savoir un peu plus sur l'auteur, c'est par  (mais t'es pas obligé).

Pourquoi avoir penché l'oeil sur cet ouvrage ? ( Non, non, je ne suis pas borgne ; rassure-toi!) Eh bien, parce que Didier Fédou en faisait la pub, tiens! " Quel mouton de Panurge ", me diras-tu. Ce n'est pas totalement faux ; à force de voir encore et encore les mêmes invitations à la lecture de tel ou tel ouvrage, cela finit insidieusement par entrer dans ta petite tête (même si elle est dure comme la mienne). Plus sérieusement, j'avais déjà goûté la prose de monsieur Soulier, rien qu'une petite bouchée avec Epilogue, que j'ai lâchement abandonné en cours de lecture. " Pourquoi ? " me demanderas-tu les yeux écarquillés. " Cela avait-il le goût d'une vieille semelle dont le pied droit aurait malencontreusement foulé une mignonnette déjection canine ? " Non, non, cher lecteur, à la vérité, j'ai plié bagages pour partir bêtement à l'autre bout du monde, et j'y suis restée. De chamboulement en chamboulement, je n'ai pas pris le temps de finir ce roman qui pourtant me plaisait, mais, promis (Frédéric), bientôt je le finirai et une nouvelle " chronique " paraîtra.

Je vais donc, cher lecteur, me pencher sur Magmat; c'est bien pour cette raison que tu as cliqué sur le lien et je ne voudrais pas décevoir tes attentes. Comme il s'agit d'une nouvelle, je me dois de ménager le suspense, et puis avec les nouvelles, il est toujours difficile de faire une longue critique, le recueil se prête mieux à ce jeu-là.

Pour résumer, tu te retrouves propulsé aux côtés de Blau, flic un tantinet misogyne, au coeur tendre (non, ce n'est pas incompatible), et de sa coéquipière, Tormaker, " bonnasse " (désolée pour la vulgarité) égocentrique qui aime à torturer un médecin légiste tout ce qu'il y a de plus sympathique. Les deux inspecteurs doivent enquêter sur la disparition mystérieuse (pas pour longtemps) d'un riche industriel. Le monsieur a certes disparu, mais en parties, bah oui, des morceaux de sa personne seront rapidement retrouvés. Tu peux déjà présumer l'ambiance de la nouvelle. Si tu rajoutes à cela que l'action se déroule en Hordovie, dans un village de campagne assez isolé, avec un soupçon de complexe industriel et des retombées chimiques lourdes de conséquences, sans oublier la dimension mystique, je pense que tu peux te peindre un joli tableau tout seul. Je ne te donnerai pas plus de détails, car je ne voudrais pas te gâcher le plaisir. 

La nouvelle est noire, plutôt sanglante, saupoudrée d'un brin d'humour. Si tu es amateur de récits d'horreur, tu devrais apprécier. Mais, parce qu'il y a une grand MAIS, si tu aimes les chats, je te conseille de t'abstenir ! 

Tu aimerais savoir, maintenant, ce que j'en ai pensé concrètement, n'est-ce pas ?  Globalement, j'ai passé un très bon moment, mais comme j'aime les chats...

Plus sérieusement (je radote), monsieur Soulier a un style d'écriture assez particulier qui me demande à chaque fois un certain temps d'adaptation. J'ai ressenti exactement la même chose à la lecture d' Epilogue. Cet auteur peut passer d'un registre à l'autre sans prévenir (et dans la narration ! C'est perturbant pour le lecteur lambda un peu niais à qui on a toujours appris à faire attention aux registres). C'est comme louper une marche en descendant les escaliers ; on se voit déjà se casser les dents, mais, au dernier moment, on se rattrape de justesse pour ensuite sourire bêtement tout seul. Pour rajouter à ce sentiment d'instabilité, monsieur Soulier use d'un vocabulaire très recherché (pour l'ignorante que je suis). Je me retrouve donc à ouvrir mon dictionnaire et à essayer d'apprendre de nouveaux mots. Le pari est très risqué. Le lecteur un peu passif (pour ne pas dire flemmard) n'aura pas envie d'ouvrir un dico, à moins de posséder une liseuse (auquel cas il suffit de poser son petit doigt sur l'inconnu pour que la définition s'affiche, ce qui ne demande pas trop d'efforts (sauf pour ceux qui n'ont plus de doigts, là ça doit être galère)). Le lecteur tatillon éprouvera probablement quelques difficultés à passer du scatologique au " raffiné "...Personnellement, je rouspète beaucoup en début de lecture, puis, une fois la seconde enclenchée, je dois avouer que ce style peut se révéler assez jouissif. J'hésite entre une certaine forme de génie et un syndrome autistique pour qualifier l'auteur. Quoi ? C'est du pareil au même ? Bref, soit tu vas sourire en lisant des choses affreuses ( parce que monsieur Soulier est un polisson obsédé et sans pitié ), soit tu vas détester.

Deuxième marque de fabrique, le besoin que semble éprouver l'auteur à dénoncer (bon d'accord, je n'ai lu que deux romans (presque) de sa main, c'est un peu juste pour faire ce genre de commentaire ; artificiel (je lirai le reste pour confirmer mes soupçons)). Peut-être que monsieur Soulier ferait bien d'écrire un essai (je dis ça comme ça...). Critique sociale serait un terme un peu fort pour qualifier cette nouvelle, On dénonce, mais ça en reste là. Sur ce point, je pense qu'un travail plus délicat, subtil, aurait un impact plus grand sur le lecteur (mais là je m'égare, cette remarque serait plus justifiée dans un billet sur Epilogue (que je n'ai pas fini (oui, tu as le droit de sortir ton instrument de torture pour l'abattre sur le bout de mes jolis doigts)).

En ce qui concerne les personnages, ils peuvent sembler assez stéréotypés, mais comment expliquer..? C'est un peu comme un film d'Evil Dead, c'est bizarre, mais ça fonctionne bien, et on finit par s'y attacher. Moi j'aime beaucoup Blau, et j'ai pris plaisir à mépriser Tormaker." Attention ", requête spéciale de lectrice conquise : j'aimerais lire d'autres nouvelles contant leurs aventures.

Au niveau de la structure globale de la nouvelle, je n'ai pas ressenti de raté, les voiles sont bien levés, la dimension mystique ajoute à la profondeur du récit (question de point de vue). Cette nouvelle m'a fortement rappelé un mythe dont Eliade (Mircéa) parlait dans l'un des ses travaux, où il était question d'une espèce de divinité monstrueuse coprophage (malheureusement, je n'arrive pas un mettre un nom dessus). Je t'invite donc, en passant, à lire (aussi) les travaux d'Eliade. 

L'intrigue est bien menée et la nouvelle franchement agréable à lire. Monsieur Soulier décrit admirablement bien l'horreur et les scènes d'action sont palpitantes ( décidément, je déteste Tormaker, quelle vilaine femme ! ). Si tu lis cette nouvelle, tu pourras te délecter d'une certaine monstruosité. 

Je t'invite donc, cher lecteur, le seul, l'unique, à te procurer l'oeuvre, à la lire (sinon ça ne sert à rien) et à laisser un commentaire sur le site marchand (ce qui est indispensable à l'auteur) ou sur ce site (ce qui me mettra probablement la larme à l'oeil ). 

Sur ce, je te souhaite une bonne journée !

Ps: si tu as trouvé ce billet un peu creux, c'est ton problème !

Un mercredi comme les autres, Johanne Tremblay

Bienvenue à toi, Ô lecteur inconscient, égaré sur ce site,

Aujourd'hui (roulements de tambour) je t'emmène en voyage avec les nouvelles de Johanne Tremblay. Il sera question d'Un mercredi comme les autres. D'ailleurs, c'est un mercredi (ou peut-être pas) que Louis-Maxime Lockwell m'a contactée pour me faire connaître la charmante écriture de madame Tremblay. Comme j'étais débordée à l'époque, j'avais plus ou moins refusé d'écrire un article sur cette auteure afin de faire la promotion de ses nouvelles; les délais étaient trop courts et j'avais d'autres auteurs en attente. Pourtant, j'avais trouvé le concept intéressant; proposer une nouvelle inédite chaque mercredi au plus chaud de la période estivale m'avait paru excellent. Pour plus de détails, je vous invite à aller jeter un coup d'oeil à la page suivante : https://www.indiegogo.com/projects/un-mercredi-comme-les-autres#/story.

Ma curiosité étant piquée, j'ai proposé de rédiger un article courant septembre, me disant qu'une version sous forme de recueil serait peut-être proposée aux lecteurs. Vous allez me dire: "Oui, t'es bien gentille, mais tout cela, ce ne sont que des détails. Tu ne nous parles pas des nouvelles, là!" Oui, oui, je vous entends mes fidèles ouailles!

Un mercredi comme les autres, un recueil de dix superbes nouvelles! J'ai achevé ma lecture il y a environ deux semaines de cela (je suis en retard dans mes devoirs!) et franchement, je me suis dit que cette femme avait du talent. Vous savez, ce genre de talent qui vous éblouit durant quelques secodes et qui vous donne envie à vous, simple auteur en herbe, de vous améliorer. 

Alors, comme vous vous en doutez, je ne vais pas en écrire des tartines, parce que c'est tellement bon et maîtrisé que je n'ai pas grand chose à en dire. Bah oui, il est plus facile de mettre en relief les défauts que de louer la beauté (mais c'est sûrement une de mes faiblesses). Les nouvelles sont courtes mais se suffisent à elles-mêmes. Les lier est un plus; la cerise sur le gâteau. Je vous invite donc au Rendez-vous, restaurant transformé en théâtre de la comédie humaine. 

Le recueil s'ouvre avec une nouvelle dans laquelle un "jeune" émigré passe un entretien d'embauche au Rendez-vous. Elle nous met tout de suite dans le bain, si je puis dire. L'ambiance est posée. Une certaine désillusion habite ces lieux. Il y a quelque chose de désespérant, une certaine forme de fatalité qui se fait ressentir dans les autres épisodes aussi. Dès le première nouvelle, nous pouvons goûter la subtilité de cette auteure; son sens du détail est remarquable! 

La seconde nouvelle, qui met en scène un couple de personnes âgées, est empreinte de nostalgie et de tendresse. L'humour y est aussi présent. Je crois que c'est ma préférée, même si j'ai adoré la première...Non, en fait je les aime quasiment toutes. La transition entre les nouvelles se fait admirablement bien. C'est fluide, ça coule, il n'y a pas de fausse note. Très franchement, nous nous laissons prendre au jeu, nous vivons avec les personnages. Nous ressentons leur douleur, leur impuissance. Personnellement, je trouve que faire passer autant d'émotions sur un format aussi court, n'est pas facile, mais Johanne Tremblay s'en sort véritablement bien. Elle maîtrise parfaitement sa plume!

La troisième nouvelle explore les liens d'amitié distendus qui unissent deux femmes dont les vies semblent totalement éloignées. Le temps se suspend quelques heures. Nous faisons un voyage dans le passé et en apprenons un peu plus sur cet endroit où les gens se réunissent pour manger. Johanne Tremblay nous révèle l'importance de ces lieux de la vie quotidienne témoins des moindres événements de nos vies, comme s'ils étaient les réceptacles des secrets de l'humanité. Cette façon que l'auteure a de nous décrire les choses, sa manière d'attirer notre attention indirectement, est tout simplement sublime.

La quatrième nouvelle est plus légère; elle traite de la sexualité avec humour. Je suis certaine qu'un bon nombre de femmes se reconnaîtront dans le personnage de Geneviève. La chute est tordante. 

La cinquième nouvelle nous ramène à un sujet plus lourd: la solitude. Le point de vue est encore celui d'une femme. Il y a quelque chose de repoussant chez Catherine, et pourtant...

La sixième nouvelle attire notre attention sur le monde du travail, sur cette tendance que nous avons à nous soumettre devant certains tyrans, jusqu'à ce que le point de rupture soit atteint. J'aime beaucoup la subtilité avec laquelle l'auteure nous décrit les choses.

La septième nouvelle est très intéressante, elle-aussi, car le regard, cette fois-ci, est celui d'une adolescente. Nous assistons à un anniversaire réunissant plusieurs membres d'une famille aux caractères bien différents les uns des autres. Je pense que cette nouvelle, comme les précédentes, vous touchera, car finalement, nous nous reconnaissons dans toutes ces situations. Il y a quelque chose d'universel et de particulier. L'écriture de madame Tremblay est une écriture intime. Elle vous touche, elle vous chuchote à l'oreille...Elle vous connaît.

La huitième nouvelle parlera en particulier aux gens de plumes (doués et moins doués). Nous suivrons les affres de deux scénaristes en mal de reconnaissance. J'ai particulièrement apprécié la chute! 

La dernière nouvelle est consacrée au plongeur du Rendez-vous. Elle est très touchante et nous ramène sur terre. La fatalité est de retour. Nous nous retrouvons dans notre rôle de spectateur. Le recueil s'achève sur une pointe de désillusion.

Non, cher lecteur, je n'ai pas oublié la neuvième nouvelle. C'est la seule dans laquelle je ne suis pas rentrée. Je suis passée totalement à côté et n'ai pas vraiment compris de quoi il était question. Je crois que le problème vient, en grande partie, du trop grand nombre d'expressions en français canadien. La "barrière de la langue" était un petit peu trop haute pour moi. Les expressions ne faisant pas sens immédiatement dans mon petit cerveau, je n'ai pas réussi à accrocher. 

Voilà, voilà pour le survol. J'ai essayé de vous en dire un maximum sans trop vous en dévoiler. Je ne suis pas non plus trop entrée dans les détails car je pense qu'il est préférable que vous vous fassiez votre propre idée et que vous vous laissiez emporter par l'écriture pleine d'émotions de madame Tremblay. 

Je vous recommande donc chaudement la lecture de ces nouvelles, malheureusement, je ne sais pas encore quand le recueil sera disponible à la vente...Je vous informerai quand j'aurai plus de détails. En attendant, je vous invite à cliquer sur les liens suivants.

Pour en savoir un peu plus sur madame Tremblay : http://johannetremblayetmoi.com/

Pour suivre la vie du recueil : https://www.facebook.com/Un-mercredi-comme-les-autres-912897855427805/timeline/

Ps: je viens de recevoir un mail de l'auteure, le recueil sera disponible le 09 octobre en version numérique et papier sur le site suivant : http://www.bouquinplus.com/

Avis et commentaires

Un petit billet pour faire le bilan des avis et commentaires laissés par les lecteurs sur mes fabuleux travaux. Je tiens à préciser que les lecteurs se font rares et ceux qui prennent le temps de réagir, encore plus! Alors, avant de vous présenter ma prochaine oeuvre (indispensable au monde intellectuel de notre époque,comme toujours), j'aimerais partager avec vous mes réussites et mes échecs.

Pour L'Ascendance, premier roman que j'ai pris plaisir à écrire:

Ludovic:"Belle histoire d'amour" (monbestseller); Ma réaction d'auteur: Il a lu le livre? Belle histoire d'amour? hmmm (de perplexité pour ceux qui ne comprendraient pas), pas convaincue...Bon, au moins il a pris le temps de faire un commentaire.

Antoine (monbestseller): "Eh bien, vous n'y allez pas avec le dos de la cuillère! Ce récit a cela de particulier, c'est qu'il est vraisemblable. Il n'y a pas de décrochage alors que l'ascension dans l'horreur atteint des sommets. On oublie le style, tant le récit est conduit au bon tempo. Un vrai rythme, malgré un début un tout petit peu lancinant." ;Ma réaction: Ah bah, lui, je suis certaine qu'il l'a lu. Bon, un petit problème de style apparemment. Un démarrage difficile pour ce roman (c'est fort possible, mais je suis incapable de le reprendre). Le rythme que je voulais imposer à mon récit est ressenti positivement (contente!). Mais tout le monde n'a pas adhéré à ma manière de raconter mon histoire.

Fabienne (une amie, chez elle): "J'ai pas du tout adhéré à ton histoire. Ton Cyril est un pervers narcissique. Il n'y a pas de style. Je trouve que c'est saccadé. Les femmes sont des gourdes! Tu t'es mise à la place de tes personnages quand tu as écrit ton roman ? (la remarque qui vous laisse agonisant dans le caniveau)"; Ma réaction: euh, bah, je...euh...Bon, un peu dur à avaler. Pas de style, comment ça? Ce n'est pas possible! Style médiocre, à la limite, mais pas de style? Est-ce possible? Ou alors, ni médiocre, ni bon...Indifférence...

Robert (Ipagination): "Ma plume n'est pas une plume de critique littéraire : je n'ai pas le talent ni les mots de M. ou d'A., auteures sur ce site,pour mettre en valeur la prose ou le poème d'un écrivain... mais ton texte est excellent, il m'a mis l'eau à la bouche, ainsi qu'un grand intérêt dans mon esprit. J'eusse aimé qu'il soit édité sur Ipa, ce sera peut être le cas pour un prochain, mais comme il l'est sur Amazon, je vais de ce pas le commander. Merci. À + "; Ma réaction: Oh, il est trop gentil! Au moins un lecteur satisfait, ce livre valait la peine d'être écrit (ou plustôt partagé). 

Client amazon (pas de nom): "Bon romanLe destin de personnages qui se croisent. Le livre est bien écrit. Il y a des passages difficiles car la maladie (cancer) est vraiment décrite avec détails." Ma réaction: Super, un commentaire client! Une note:4. 

LS (client amazon):"Coup de coeur. L'histoire est prenante, un peu sombre mais très originale. Les personnages sont décrits de manière réaliste et ils ne laissent pas indifférent le lecteur. Le style est plaisant, agréable à lire. Je recommande ce livre à tous ceux qui veulent sortir des sentiers battus de la littérature actuelle." Ma réaction: 0_0 

Pour mon second roman, Dualité -Et si le monde basculait, premier volet de ce qui sera probablement une trilogie (science-fiction/ anticipation):

Fabienne (une amie, dans un parc): "Un effort d'écriture pas toujours rentable (des expressions alambiquées). Je suis désolée mais toujours pas de style. Un récit fluide et cohérent. Je n'ai pas vraiment accroché à l'histoire parce qu'il n'y a pas vraiment de surprise, tout est attendu. Les deux mondes me semblent mal définis et artificiels. Les réactions et les sentiments d'un monde à l'autre se confondent. Personnages caricaturaux. Les femmes, des gourdes (décidément!!). Les personnages qui devraient être attachants ne le sont pas vraiment, sauf dans le tout dernier chapitre. Emprunts à droite à gauche. Mélange de KGB, Gestapo, les misérables, sitcoms hospitaliers, collège anglais..." Ma réaction: Je finis d'agoniser dans le caniveau...Comment dire...Je ne suis pas du tout d'accord. Bon, qu'elle n'aime pas, je le comprends très bien...Comment ne pas le comprendre?! Mais zéro surprise...c'est un peu dur. Bon, au moins, elle a tout faux pour la suite de l'histoire, ce qui me rassure. Peut-être que pour elle la surprise viendra après. J'ai aussi été un peu déçue parce qu'elle avait confondu quelques noms de personnages et les personnages eux-mêmes, ce qui témoigne d'une lecture moyennement attentive (ou alors mon récit est plus que laborieux). Bref, une amie qui n'a pas la langue dans sa poche et qui veut bien lire le volume deux (ce qui me laisse perplexe!). 

Robert (Ipagination): "J'aime bien le début de ce roman, très clair et bien écrit... Un monde où la dictature de la "bienpensance", n'est pas sans rappeler certains endroits de notre petite terre, actuels ou passés, qui se sont distingués dans l'horreur la plus absolue... à suivre... Merci, Kristina. À+ " Ma réaction: Heureusement que tout le monde n'a pas les mêmes goûts que Fabienne! Ouf...

Antoine (monbestseller): "L'exercice est intéressant, mais vous le rendez difficile avec cette mise en page :-). Un monde manichéen , dénué de toutes nuances ou tempérance .est bien évidemment un monde de machines. Vous l'illustrez efficacement." Ma réaction: Une mise en page difficile? Mais qu'est-ce qu'il peut bien vouloir dire??? Je n'ai toujours pas compris à ce jour...Si vous avez une idée?

Voilà, voilà...Si l'on fait la synthèse...Je ne sais pas quoi penser. Je me rends compte qu'il est très difficile d'obtenir des commentaires et je remercie sincèrement ceux qui prennent le temps de s'attarder sur notre travail d'auteur. Un grand merci à vous! Vous êtes indispensables pour progresser, pour éclairer certains côtés obscurs de l'écriture. Les remarques de Fabienne, par exemple (parce qu'elles sont les plus virulentes) m'ont permis de remettre certaines choses en question, mais aussi d'en confirmer d'autres. Le regard extérieur me semble véritablement important. Personnellement, je fais partie de ces auteurs qui ont besoin de relever la tête de leur clavier et qui ont beaucoup de mal à le faire par eux-mêmes, comme si le monde extérieur était devenu complètement transparent. 

J'espère que ce billet vous aura fait rire, peut-être réconforté, et même donné envie de vous faire votre propre avis sur mes merveilleux écrits. Bah quoi? On peut toujours rêver!

Douce rencontre, Sergio Prito

Bonjour amis lecteurs,

Aujourd'hui nous allons nous pencher sur la nouvelle "érotique" de Sergio Prito: Douce rencontre, publiée aux éditions Atramenta.

328 douce rencontre

Vous pouvez le trouver ici : http://www.atramenta.net/books/douce-rencontre/328 au prix de 10.90 € pour le format papier et 5.90€ pour le format ebook. Ou encore sur amazon: http://www.amazon.fr/dp/9522735558/ref=cm_sw_r_fa_awdo_uqpuvb1KNCX4M

Je vous donne ici la présentation de l'éditeur: 

Il est fort agréable de réaliser qu'un évènement hasardeux peut changer le cours de votre journée, voire de votre vie.

C'est le constat que Lydia Mondreville, une jeune chef d'entreprise, fera un matin en rejoignant son commerce. En ce début de journée, elle décide de se rendre à son salon de thé habituel, pour y prendre son petit déjeuner. Étant fermé, elle entreprend de choisir un autre établissement. Elle ne le sait pas encore, mais par son choix, sa journée prendra une tournure des plus plaisantes.

Il y a des instants de vie, qu'on aimerait oublier. D'autres que l'on souhaiterait prolonger, tant ils nous comblent de plaisir et de bonheur. Ces moments sont souvent provoqués par une douce rencontre...

Mon avis:

Quand Sergio m'a proposé son texte pour réaliser une chronique, je n'étais pas franchement motivée. Je ne suis, en général, par vraiment amatrice de ce genre de littérature. J'ai tendance à m'ennuyer et à trouver cela sans intérêt, mais cette nouvelle-ci, malgré ses défauts, m'a agréablement surprise et je vous expliquerai pourquoi à la fin de la chronique.  

Le texte de Sergio est une grosse nouvelle, divisée en quatre chapitres, prétextes à des scènes galantes mais qui pour moi s'apparentent plus à de la pornographie. Il me semble que l'érotisme suggère plus qu'il ne dévoile, là, il n'est pas question de suggestion : les actes sont décrits avec précision. De mon point de vue, la nouvelle n'offre pas véritablement d'intrigue (petite déception). Il est simplement question d'une douce rencontre.

Les personnages sont assez stéréotypés rendant l'identification difficile. La lecture du texte est ralentie par quelques petites incohérence (j'ai tendance à analyser ce que je lis au lieu de me laisser emporter par l'imagination d'autrui), quelques petites maladresses au début de la nouvelle et des changements de registre que (personnellement) je trouve trop nombreux. 

Vous allez me dire que je chronique un texte que je n'ai pas apprécié, ce qui est faux. J'ai apprécié ce texte non pas pour son érotisme, ni pour son intrigue, ni pour ses personnages, mais pour les envolées comico-lyriques de Sergio. Je pense qu'il y a encore du travail à faire et que le texte pourrait être amélioré (comme tous les textes), mais l'humour que j'y ai trouvé (peut-être à tort), m'a fait me tordre de rire. En commençant ma lecture, j'avais un vilain a priori. Comme je vous l'ai dit, je n'aime pas ce genre-là. Le premier chapitre ne m'a pas plu, mais à partir du second chapitre et de cette scène franchement cocasse et improbable dans la cabine d'essayage, j'ai commencé à sentir mes zygomatiques travailler. Ensuite, les métaphores de Sergio sont véritablement excellentes, et leur utilisation dans un tel contexte donne un résultat d'un comique irrésistible. J'aimerais demander à Sergio d'explorer ce nouveau genre porno- ou "érotico"-comique. Non seulement je pense qu'il a plus de chance de toucher les lecteurs qui comme moi ne sont pas sensibles à ce type de littérature mais aussi de faire passer un message plus profond grâce à la léreté de son style.

Bien évidemment, si le lecteur cherche une douceur érotique, un moment de vibration sentimentale, je ne crois pas que cette nouvelle soit la meilleure qui soit (mais je suis vraiment mal placée pour en juger). Si vous voulez être surpris et détendu, rire un peu et vous amuser, je pense qu'il n'y a pas à hésiter. Je n'ai pas pu m'empêcher de lire quelques extraits à ma mère (désolée Sergio) qui l'ont fait rire. 

Je vous invite à lire la nouvelle et surtout à commenter, laisser un avis et à offrir votre point de vue aussi bien pour l'auteur que pour les autres lecteurs. 

Le livre a sa page facebook: https://www.facebook.com/pages/Douce-rencontre

 

 

Une si vieille et si petite dame de Didier Fédou

Bonjour à toutes et à tous en ce magnifique samedi ensoleillé de mai!

Je suis de bonne humeur aujourd'hui! Une fois n'est pas coutume. Je me sens légère et détendue, et je pense que Didier Fédou, auteur de la nouvelle dont j'aimerais vous entretenir aujourd'hui, y est pour quelque chose. La semaine passée a été surchargée (comme toutes les semaines d'ailleurs) et je me suis dit: "stop! A ce rythme-là, ma vieille, tu ne vas pas faire de vieux os. Donc, samedi, c'est journée lecture et puis c'est tout!" J'ai téléchargé la nouvelle, il y a quelques jours, et franchement, j'aurais pu tomber plus mal. Ce matin, j'allume mon vieil ordinateur et je me plonge dans la lecture.

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Le premier chapitre nous offre une petite mise en bouche d'un genre spécial. Bernard, un jeune trentenaire à qui nous avons envie de donner une jolie paire de claques (bah oui, je n'aime pas trop ce genre de réflexions sur les vieilles dames, pauvre mémé... Certes, elle n'est pas fraîche, mais nous ne serons pas franchement mieux à son âge), rend visite à sa mémé. Les descriptions sont affreuses et nous dévoilent déjà assez bien la personnalité de Bernard. Nos impressions se confirment par la suite (avide, cupide, ingrat,rustre,couard;le petit-fils idéal!). A la lecture de ce premier chapitre, je n'étais pas encore certaine d'adhérer complètement à l'ouvrage. Je suis une âme sensible, que voulez-vous, il m'a fallu du temps pour ne plus aduler les pépés et les mémés.

Pourtant, dès le second chapitre, c'en était fait de moi, Fédou m'avait embarquée dans son histoire contre ma volonté. Et me voir sourire devant des descriptions aussi "crues" de la vieillesse et surtout de cette mémé acariâtre qui ne perd pas le nord, m'a fait me sentir un peu honteuse (mais juste un petit peu...). Vous l'aurez compris, les personnages ont du relief, sont très bien marqués et nous pouvons nous identifier rapidement à eux. Pour avoir lu d'autres nouvelles (genre que je n'apprécie pas spécialement, en général) je trouve que Didier Fédou est franchement doué; nous n'avons pas besoin de la moitié de la nouvelle pour oublier que nous sommes des lecteurs. Le glissement se fait presque à notre insu. Cette nouvelle met à mal nos zygomatiques et même si elle appartient au genre "terreur", je trouve cela particulièrement agréable. En plus il fait beau, mieux vaut sourire.

Le scénario se tient, lui aussi, et ne présente aucune fausse note. Le développement est bien mené, les rebondissements sont là, le lecteur ne sait plus trop où se situe la vérité, avec cette mémé au passé sulfureux, ni pour qui avoir le plus de pitié. Nous passons par diverses émotions: la sympathie, le dégoût, la stupeur, la désapprobation, l'assentiment. Nous nous demandons si Bernard, le vaurien, va arriver à ses fins ou si mémé, l'indomptable, parviendra à le garder à distance. 

Mais il ne faut pas oublier la dimension "terreur", Didier Fédou disperse quelques notes d'inquiétude, par-ci, par-là, tout au long de la nouvelle, si bien que la tension devient de plus en plus palpable et nous met suffisamment mal à l'aise (sans nous donner réellement froid dans le dos) pour que nous nous demandions si un mystère plus grand n'envelopperait pas cette maison.

Voilà, je ne vous en dirai pas plus, à vous d'aller y jeter un œil et de lire cette nouvelle qui vous fera passer un bon moment, si vous ne faites pas de la piété filiale une obsession. Pour ma part, je pense devenir une lectrice assidue. A suivre...

Les liens

Pour l'ouvrage: http://www.amazon.fr/vieille-petite-dame-Didier-F%C3%A9dou-ebook/dp/B00VC1KDNU/ref=sr_1_3?s=books&ie=UTF8&qid=1431174081&sr=1-3&keywords=didier+f%C3%A9dou

Le site de l'auteur: http://mellyanntest.over-blog.com/

Saignons sous la pluie, Antoine Lefranc

Aujourd'hui vous aurez le droit à un petit billet sur la nouvelle écrite par Antoine Lefranc, Saignons sous la pluie, issue du recueil Peurs sur la ville qui rassemble "6 histoires d'horreur en milieu urbain" publié chez StoryLab en 2013 (oui je sais, ça date un peu). Je vous donne le lien: http://www.amazon.fr/Saignons-sous-pluie-Peurs-ville-ebook/dp/B00GYUJGXC

Avant d'entrer dans le vif du sujet, j'aimerais présenter rapidement StoryLab. Si vous allez visiter leur site internet, vous verrez que leur entreprise se "divise" en deux secteurs. D'un côté vous avez accès à StoryLab Editions et de l'autre à StoryLab Studio. Les éditions, donc, s'occupent, entre autres, de publier des ouvrages (sans blague?) numériques et uniquement numériques. Les textes publiés sont courts (entre 30 000 et 150 000 signes) et sont principalement des recueils de nouvelles et de contes, ainsi que des feuilletons littéraires en épisodes. StoryLab promet à tout agneau qui fait ses premiers pas dans le monde littéraire, après sélection par son comité de lecture, de lui offrir un espace dédié où il pourra partager son univers avec ses lecteurs à travers des interviews, une biographie, des actualités, et bien entendu de vendre ses ouvrages. Bref, une maison d'édition numérique qui diffuse votre bébé sur toutes les plateformes mobiles. La partie Studio du site est destinée aux professionnels ayant besoin de convertir leurs écrits au format numérique. Si vous voulez en savoir plus voici le lien: http://storylab-studio.com/le-studio/

StoryLab Editions propose pas moins de seize collections: Séries (qui sont des feuilletons littéraires "calqués" sur les "meilleures séries télévisées" de notre temps), Audiopéra (où vous pouvez écouter les opéras les plus célèbres sur tablette,je reste sceptique), Urban Stories (qu'ils décrivent comme "des histoires d'aujourd'hui incisives et poignantes" et qui reprennent encore une fois les codes des séries télévisées), One shot (qui propose des textes très courts demandant en moyenne trente à quarante minutes de lecture, pour moins de deux euros), Décalab (pour les nouvelles, c'est à partir de ce moment-là que je commence à trouver les collections un peu artificielles), Novella (genre "proche du cinéma", pourquoi ne pas se contenter d'un film dans ce cas?; considéré comme nouvelle un peu longue ou roman un peu court), Moteur (des histoires créées par des auteurs reconnus et qui pourraient devenir des films), Tchatche (histoires purement dialoguées, espérons que cela ne soit pas écrit en langage SMS. Oui, oui, je sais, il faut savoir s'adapter à son temps, mais pas trop quand même!), Reporters (qui explore les sujets d'actualité en moins d'une heure de lecture. Personnellement, je me dis pourquoi pas, cela pourrait être intéressant, à supposer que le reporter en question soit réellement indépendant et sérieux. A voir...mais la section est plutôt vide depuis 2012), VIPs de l'Histoire (section du genre roman historique, si j'ai bien compris, qui souffre elle aussi de son manque de succès), Pickpocket (histoires appuyées et basées sur des photographies Iphone, le concept me semble intéressant, mais n'a pas été renouvelé depuis 2011), Hors collection (pour les inclassables, je trouvais leurs catégories étranges, là j'avoue que je ne comprends pas bien...), Erotisme (la description m'a fait rire:"Avec style, précision et imagination..."; hm intéressant^^), Teen Spirit (ça se passe de commentaire), Science-fiction(aussi) et Antidata (œuvres humoristiques).

Malgré mon manque d'intérêt évident, le site est ergonomique, attrayant et vendeur. Il est bien pensé, certains concepts sont sympathiques et peuvent donner envie de tester, mais malheureusement pour moi, j'ai commencé par cette fameuse nouvelle. C'est un peu dommage, car à l'origine c'est le profil de l'auteur, Antoine Lefranc, qui m'a donné envie de lire. Un peu d'humour et c'est gagné. Il ne m'en faut pas beaucoup pour craquer! (Si vous voulez jeter un coup d’œil: http://www.neowood-editions.com/ebook-auteurs/antoine-lefranc.html  ou encore http://www.storylab.fr/Auteurs/Antoine-Lefranc)

Comme c'est une nouvelle, je ne vais pas entrer trop profondément dans l'histoire (je préfère vous laisser découvrir par vous-mêmes). Pour faire court, on suit les aventures de deux colocataires, Jean (un peu décalé) et le narrateur, Nicolas. Il y est question d'un tueur en série, de victimes (parce qu'un tueur sans victime, ça ne fait pas sérieux), de poupon, d'une mauvaise blague et d'abattoir... Le style de l'auteur ne m'a absolument pas convaincue, ni même fait sourire (moi qui espérais une bonne dose d'humour). J'ai trouvé certaines descriptions humoristiques maladroites pour ne pas dire lourdes (désolée monsieur Lefranc). Toutefois, la nouvelle en elle-même n'est pas si mauvaise. Le scénario n'est pas mal et le suspens est là. La chute de la nouvelle est bonne. J'aurais préféré une version longue, car il faut bien toute la nouvelle pour entrer vraiment dans l'histoire. Personnellement, j'ai été assez déçue et suis restée sur ma faim. 

Je n'ai pas lu les autres nouvelles du recueil. Déçue par la première, je n'achèterai pas la suite, mais je pense quand même essayer de lire autre chose d'Antoine Lefranc (pour être bien certaine que cet auteur ne me convient pas). Je vous tiendrai informés.

En bref, je conseille cette nouvelle à toute personne qui n'a pas envie de réfléchir et qui a du temps à perdre. Si vous adhérez à l'humour de l'auteur et si son style ne vous déplaît pas, vous passerez probablement un bon moment.

J'attends vos commentaires et vos réactions. Gardez à l'esprit que cet avis n'engage que moi!