Ethel Ash

Le Terrien : Intégrale, Ethel Ash

 Aujourd'hui nous embarquons avec un roman jeunesse d'Ethel Ash !

Le Terrien (l'intégrale) paru en mars 2016. Le roman avait été publié auparavant en série. J'ai préféré me procurer l'intégrale qui, au final, se révèle un roman de taille moyenne. 

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Vous pouvez vous procurer l'ouvrage ici pour un peu plus de 5 € (il se trouve aussi sur d'autres plateformes; on ne sait jamais, Amazon vous donne peut-être envie de vomir).

Le site affiche 256 pages et ma liseuse 265 (pour une fois que les deux tombent à peu près d'accord !)

Encore une fois (j'ai vraiment le sentiment de radoter), ce billet est à prendre avec des pincettes. Il n'est pas fait pour froisser l'auteure et n'est que le résultat de ma (simple) lecture agrémentée de capacités d'analyse assez limitées. Que j'aime ou que je n'aime pas, je vous explique pourquoi. Après, le dialogue reste ouvert. Vous pouvez vous exprimer et je vous encourage à le faire. Et, même si une "critique" semble négative, n'allez pas croire que j'ai la bêtise de penser que l'auteur/e aurait mieux fait de s'abstenir d'écrire son histoire. Au contraire, on apprend beaucoup de nos erreurs et de celles des autres. En outre, j'invite chaque lecteur à se faire sa propre idée, je n'ai pas la science infuse, et si mes critiques vous semble injustes, n'hésitez pas à venir jouter avec moi (si cela pouvait m'ouvrir les yeux sur mes propres faiblesses ! )

Bon, les avertissements donnés, passons aux choses sérieuses. 

Mais avant, le résumé de l'auteure :

Alex doit émigrer sur une nouvelle planète. Tout le monde se réjouit mais Alex a de sombres pressentiments. Il fait des rêves bizarres et n'ose en parler à personne. Mais si cette planète n'était pas aussi accueillante qu'on le dit? Personne n'a de nouvelles de ceux qui sont déjà partis. Les autorités prétendent que les communications sont impossibles, mais si la véritable explication était ailleurs?

Personnellement, j'ai trouvé le résumé maladroit. Il ne m'a pas spécialement donné envie de lire. Pourquoi me suis-je procuré l'ouvrage alors ? Parce que je sais combien un auteur peut avoir du mal à rédiger un synopsis attrayant. Je ne me fie ni à la couverture ni au synopsis chez les indés, et encore moins aux commentaires des clients. Je parie sur le hasard (j'ai eu de très bonnes surprises). Puis, "mais si la véritable explication était ailleurs ", ça ne vous rappelle pas quelque chose, vous ?

Je savais que j'avais affaire à un roman jeunesse. Toutefois, je ne pensais pas que le roman serait destiné à un public aussi jeune. Mes attentes ont été un peu déçues à ce niveau-là. J'espérais quelque chose d'un tout petit peu plus mature, de plus structuré, de plus profond. Je voyais l'ouvrage comme une quêté initiatique, et comme ma référence dans le genre est Orson Scott Card, je me suis sentie un peu frustrée. My bad, donc. Je ne sais pas pour vous, mais parfois, lorsque vous ouvrez un livre c'est pour vous plonger dans un type d'histoire bien précis. J'avais sûrement trop d'attentes. Toutefois, j'ai essayé de poursuivre ma lecture en reléguant mes espérances au placard. Néanmoins, quelques défauts (que je vous décrirai plus bas) m'ont sauté aux yeux. Pour info, quand je faisais de la garde de gamins indisciplinés du temps de mes études, j'ai lu un paquet de romans et de contes pour enfants (au point d'avoir la langue sèche comme une vieille racine cuite au soleil; les gamins sont de véritables tyrans, veulent toujours un chapitre en plus ! ) Je me rappelle avoir particulièrement apprécié Magyk (le roman était bien fichu, bien mené, plutôt prenant pour un roman jeunesse, ou plutôt, malgré mon âge). Je ne suis pas allergique au roman jeunesse, au contraire. 

Bon, arrêtons de bavasser! Je reprends mes notes.

Alors, au niveau de la forme, le style m'a semblé plutôt fluide, pas spécialement agréable ou envoûtant, non plus. Le roman se lit bien, mais ça ne marque pas l'esprit. Les fautes d'orthographes ne sont pas nombreuses au point de me décoller la rétine. Cependant, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de répétitions et quelques phrases maladroites (et aussi une erreur de chapitrage). Je ne sais pas comment travaille l'auteure, ni si elle a des relecteurs ou autre. Ce n'est pas toujours évident de se relire et de traquer ses propres fautes. Néanmoins, ces petits défauts ne donne pas envie de refermer le livre et de le laisser au placard (du moins, pas quand on commence la lecture). 

L'environnement est intéressant. Le début du roman est plutôt pas mal, assez prenant. On suit cette famille qui quitte sa demeure pour émigrer sur Sigma, une planète franchement éloignée (cinq années de sommeil pour y arriver). La mise en place du contexte est agréable; entre déchirement et excitation. Le personnage principal, Alex, est attachant et se démarque tout de suite par les rêves étranges et effrayants qu'il fait. L'intrigue, avec sa tension narrative, est rapidement mise en place, faisant naître l'intérêt du lecteur. Je dois avouer que la première partie du récit : le départ de la demeure, le voyage dans la navette, les événements (intrigants et effrayants), m'a séduite. Jusque-là, l'univers est bien décrit, l'immersion se fait facilement. Mention spéciale pour Kclick, le robot à tout faire et de compagnie (j'aurais aimé avoir plus d'anecdotes à son sujet). L'élément déclencheur ne se fait pas attendre trop longtemps sans pour autant raccourcir la mise en place du contexte. Il n'y a rien à reprocher aux personnages (pour le moment).

Pour cette première partie qui nous mène jusqu'à la navette et à l'endormissement des voyageurs, le récit se tient plutôt bien. C'est après que cela se gâte de mon point de vue. Une fois qu'Alex, douze ans, est endormi pour ne se réveiller que cinq ans plus tard, l'auteure nous décrit l'univers au-delà de la Terre. Elle y mentionne la cohabitation des espèces au tout début du monde, qu'elle décrit rapidement, et présente les "vilains" : les Skrills qui ont la mauvaise habitude d'asservir les autres peuples jusqu'à la destruction de leur planète. Ce voyage sur Sigma introduit donc les "gros méchants" de l'histoire, mais aussi toute la richesse de l'univers, sans oublier les personnages qui seront les acolytes de notre héros en devenir. Tout le récit se déroule sur fond de prophétie augurant la libération de tous les peuples par un jeune homme qui ne se reconnait pas comme tel. 

Ce qui m'a chagriné dans cette seconde partie, c'est le manque de descriptions. Alors, elles ne sont pas absentes, mais l'univers semble tellement riche, que j'aurais aimé une immersion plus profonde. On change de planète quand même ! Il y a des tas de races qui se croisent. Je pense que dans la tête de l'auteure, l'univers est foisonnant de détails, malheureusement, tous ces détails ne sont pas transmis aux lecteurs. Et c'est là où j'ai commencé à me dire que cette histoire aurait été bien mieux développée sur plusieurs tomes. Une quête initiatique sur 250 pages, dans un univers aussi riche, ne peut que frustrer le lecteur.

De mon point de vue, la quête initiatique demande une certaine lenteur, une certaine maturation, pour que le héros, plein de potentialités, se révèle. Il doit passer par plusieurs étapes, accumuler diverses expériences pour devenir à la hauteur de son destin. Ici, le début est bon, mais après le réveil d'Alex, qui passe de douze à dix-sept ans, d'un coup, le récit s'accélère et le dénouement arrive en un clin d'oeil. Je ne dirai pas que la fin a été bâclée, mais pour moi, ça ne vas pas. Il y a quelque chose d'artificiel. L'intérêt est perdu. Parce que, finalement, dans ce type de récit surtout destiné à la jeunesse, ce n'est pas vraiment le dénouement qui nous intéresse, mais le développement psychologique du personnage. Ces cinq années de sommeil, malgré les cours dispensés, ne sont pas des années d'expérience de vie ni de construction de l'identité. Les actions d'Alex m'ont semblé peu réalistes et ses exploits le fruit du hasard. 

L'autre point véritablement "dommage" est, finalement, le peu de place accordée aux personnages secondaires. Les acolytes d'Alex auraient pu gagner en profondeur, la vie de ses parents dans les mines aurait pu être décrite avec force détails pour accentuer le côté affreux des Skrills dont au final on ne sait pas grand chose, à part qu'ils sont méchants. Tout se déroule trop vite. Par ailleurs, le dénouement et la facilité avec laquelle Alex parvient à accomplir la prophétie est déconcertante. Les Skrills sont les grands méchants de l'univers. Ils ont asservi tout un tas de peuples, mais ils se révèlent aussi incroyablement stupides (par péché d'orgueil); ça ne tient pas la route. Et puis, dans cette seconde partie, les phrases deviennent plus simples, voire enfantines. Alors comment poursuivre la lecture? Comment juger un roman qui semble, au fil des pages, se tourner de plus en plus vers un public jeune, très jeune ? Je me suis demandé comment j'allais faire pour écrire ce billet ! J'ai eu le sentiment que l'ouvrage ne s'adressait plus du tout à moi et que je le lisais avec les mauvaises lunettes.

Qu'en penserait un enfant (entre sept et douze ans) ? Eh bien, je ne sais pas vraiment. Mais je pense que, en tout cas pour les petits que je gardais, les questions auraient fusé, et j'aurais eu bien du mal à y répondre. C'est vraiment dommage parce que cette histoire me semblait pleine de promesses, mais se révèle un soufflet qui tombe à plat à la sortie du four. Il y a un véritable problème de dynamique, de rythme.

Je ne vais pas insister plus et noter toutes les petites incohérences qui m'ont ennuyée. Tout ce que je peux vous dire, c'est que la première partie du roman m'a plu, mais que la seconde m'a franchement déçue (par frustration). Est-ce que je vous recommande cet ouvrage ? Oui et non. Cela dépend de votre âge, de vos attentes...Pour les enfants ? Pourquoi pas. Après tout, ils sont probablement moins exigeants.

Si l'auteure se sent d'expliquer ses choix (que d'un certain point de vue, je pense comprendre) je l'invite à s'exprimer. (Il n'est pas question je justification mais du processus de création.)

J'attends vos avis.