Décalé

INsoumission de Gina Dimitri

Bonjour, c'est encore moi !

Oui, deux billets dans la même semaine ! Une fois n'est pas coutume. Faudra pas vous y habituer, j'ai pas tant de temps que ça à vous consacrer mes petits lecteurs. Puis, si je vous manque trop, vous pouvez vous procurer mes oeuvres fantastiques et inoubliables sur Amazon (ça fera plaisir à mon banquier). 

Aujourd'hui nous allons nous pencher (brièvement) sur un roman de Gina Dimitri : INsoumission.

41 6ncyrtll

Vous pouvez vous procurer l'ouvrage ici pour 2€99 (un peu plus pour le format papier).

Avant toute chose, j'aimerais préciser (par mesure de sécurité, je tiens à ma vie) que ce billet ne reflète que mon humble et très personnel avis. Je ne suis pas critique littéraire, je n'ai même pas fait d'études de lettres (sauf à la maternelle). Donc, ici, je ne partage que ma propre expérience de lecture et si vous vous rendez sur le site marchand, vous remarquerez que beaucoup de personnes ne partagent pas le même avis que moi. 

Gina, ne t'arrache pas les cheveux et ne saute pas par la fenêtre (si tu habites au rez-de-chaussée, ça va, tu peux), je n'ai pas aimé ton livre (je vais expliquer pourquoi, t'inquiète) mais cela ne veut pas dire que je le considère comme médiocre. Respire, tout va bien se passer. 

Alors, pourquoi avoir choisi de me procurer l'ouvrage? Bah, premièrement, ça faisait un moment que je voyais les "post" de Gina et ses acolytes sur la toile (Facebook) et leurs délires m'amusaient. Puis, je me suis laissé(e) séduire par une photo très sexy du Père Noël. Niveau marketing, ça envoie du lourd. Ensuite, le résumé du bouquin est assez tentant. Le voici :

" Les histoires d'amour finissent mal en général. Mais, tout écrivain vous dira que rien ne sert de souffrir (en silence), il vaut mieux en faire un livre.

Raconter mon histoire avec Emerald Labenne, le petit fils du créateur du Bloc Total, devait être une simple vengeance. Je n'avais pas prévu que mon roman, intitulé "Non merci, ça va bien pour le moment", ferait un tel scandale dans la presse. Je n'avais pas non plus anticipé que, quelques mois plus tard, le Bloc Total - ce parti politiquement à l'extrême droite de l'extrême droite - remporterait les élections présidentielles.

Seul membre du clan Labenne à ne pas se réjouir de cette victoire Emerald, en anarchiste convaincu, est bien décidé à s'opposer au parti. Et, pour une raison que seul lui connaît, il veut m'impliquer dans son mouvement d'insoumission.

Un récit choc, dont la recette se compose d'un peu de PASSION, de beaucoup de FOLIE, d'un soupçon de COMPLOT et d'un zeste de MEURTRE. "

Plutôt alléchant, n'est-ce pas ? Puis la couverture, elle en jette !

Bon, allez, passons aux choses sérieuses.

Sur la forme, j'ai quelques petits remarques à faire, pas beaucoup de coquilles, le style est plutôt fluide, je dirais dynamique même. En gros, ça se lit bien. Les phrases s'enchaînent sans problème, assez rapidement. Mais, personnellement, j'ai eu plus de mal avec le style. Certes, c'est original, jeune, dans l'air du temps (pas de cailloux dans la tête, s'il vous plait), mais le côté hastag, geekette sur les bords ne m'a pas emballée (sur la longueur). Ce décalage m'a plu au début, m'a fait sourire, puis il m'a lassée. Pourquoi ? Est-ce que ce serait mieux passé à la troisième personne, avec un peu plus de distanciation ? Je ne sais pas. Je ne sais pas exactement à quel moment j'ai commencé à décrocher, mais assez rapidement. Pourtant, je pense être à peu près de la même génération que Gina (même si ma rencontre avec internet s'est faite très tardivement), et mes amies sont presque toutes des geekettes complètement fêlées du bulbe. L'auteure nous submerge de citations et fait souvent référence à la culture "populaire". C'est plaisant à certains moments, puis d'autres fois, ça passe moins bien. Le style manque peut-être un peu d'équilibre (de mon point de vue). Faut dire que je me sens plus à l'aise avec Zola (hein, Gina) ou Dickens, donc ceci explique sûrement cela. Je me suis dit, en cours de lecture, que j'aurais préféré que cette histoire me soit racontée, l'entendre, peut-être adaptée au théâtre...

Les personnages. 

Notre "héroïne", Mickey pour les intimes, Michelangela pour les autres, ferait bien de "se sortir les doigts du fion". Elle est décalée, déconnectée du monde tout en y étant hyper-connectée. Un chouïa mégalo quand il s'agit de ses écrits. J'aime bien le personnage. Il m'a fait penser à mon amie Delphine qui se colle elle-même l'étiquette d'aspi. Mickey a une conscience politique aussi développée qu'un embryon avant qu'un spermatozoïde ne féconde un ovule: inexistante. Elle ne vote pas, ne se documente pas, ne s'intéresse pas, sauf si son mec du moment s'y intéresse. Elle a un côté superficiel, mais c'est une fille qui a plein de côtés (un peu de ci, un peu de ça). On l'aime, on l'a déteste, on a envie de lui donner des gifles, elle nous fait rire...

Son ex, Emerald, (à croire que Gina a quelques petits problèmes avec ses ex) est perçu par celle-ci comme un fou furieux doté d'une conscience politique extrême. En même temps, vu le milieu dont il est issu, ce n'est pas franchement étonnant. Rebelle dans l'âme, anarchiste le moment venu. Il est intelligent et manipulateur. Faut dire que Mickey n'est pas la plus habile des femmes en matière de relations et interactions sociales. La manipulation est aisée. Vous savez quoi ? Moi, j'ai bien aimé Emerald. Je le comprends, aussi dangereux soit-il.

Au niveau de la structure du roman, ça se tient. C'est farfelu, certes (quoique?) mais c'est relativement bien construit. L'intrigue n'est pas d'une profondeur abyssale, mais n'est pas un machin mal bricolé. Il y a du suspens, du mystère, de la tension, de la violence...Oui, on a envie de connaître le dénouement de cette histoire. Et celui-ci arrive finalement assez vite ; le roman est court (160 pages Kobo). C'est un roman moderne et léger qui a pour but de distraire le lecteur, de lui faire passer un bon moment (est-ce que je me trompe, Gina ?)

TOUTEFOIS, (n'aie pas peur) ce roman n'est pas que léger. Il y a une certaine critique de la passivité politique de la jeunesse. Le roman s'inscrit dans son époque et s'inspire des événements qui ont marqué la France récemment; et je crois bien que c'est la partie de l'oeuvre qui m'a le plus séduite. L'air de rien, certaines idées sur la politique, la démocratie et la citoyenneté sont transmises. On se pose des questions, certes pas au point de se faire éclater un neurone, mais l'auteure a au moins le mérite de nous partager "ses" idées. Merci Gina ! 

En conclusion, je pense lire un autre roman de cette autrice (je n'aime vraiment pas la sonorité de ce mot) histoire de voir ce que ça donne. Les cendres des roses mortes ? Et, surtout, je vous invite à vous faire votre propre opinion !

Note : je ne suis pas entrée dans les détails de l'intrigue parce que je ne voulais pas gâcher le plaisir aux futurs lecteurs.