auto-édition

Tuer est un vilain défaut d'Audrey Debatisse

Salut les gars, comment ça va ?

Aujourd'hui, je vous partage ma lecture d'un roman policier écrit par Audrey Debatisse : Tuer est un vilain défaut.

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J'aime beaucoup la couverture. Elle attire l'oeil est suscite l'intérêt (j'aimerais pouvoir en dire autant des miennes qui font office de repoussoir). 

L'ouvrage est sorti en septembre 2015, si je me fie à Amazon, et fait environ 370 pages au format numérique. Vous pouvez vous le procurer ici pour 2€99.

Je vous joins le résumé que l'on peut trouver sur le site commerçant : 

Chloé est une femme active dans l´air du temps. Installée à Madrid depuis cinq ans avec ses trois enfants et un nouveau compagnon, elle mène une vie tranquille, presque banale. Un soir pourtant, son quotidien tourne au cauchemar. Des meurtres de joggeuses se multiplient dans les parcs de la capitale espagnole et présentent tous une étrange singularité : sa présence systématique sur les lieux des crimes. Sera-t-elle la prochaine victime ou bien est-elle l´instigatrice de ces meurtres? Passant du statut de témoin à celui de suspecte, Chloé va devoir se justifier auprès de la Police, sa famille, ses amis. Mais qui est-elle? Qui la connaît vraiment? Pourquoi continue-t-elle à vouloir cacher son passé avec autant de soin? Qui tente de faire taire Bill, le seul homme qui semblait s´intéresser de près à son passé? 

Dans cette aventure pleine de rebondissements, des forces invisibles font s´entremêler les destins, le passé envahit le présent, la mort côtoie la vie et l´amour est insolemment présent. 

Dans un rythme soutenu, l'auteur fait vibrer ses héros... et ses lecteurs aussi en les incitant à relever les indices chapitre après chapitre pour mieux mener l´enquête aux côtés de la police madrilène et américaine. Les victimes ne sont pas les seules à en avoir le souffle coupé...

Alors que dire ? Tout d'abord, j'aimerais rappeler que le genre "policier" n'est pas celui que je préfère (parce que j'en suis rarement satisfaite). J'avais donc un petit a priori en commençant ma lecture. Le roman m'a-t-il convertie pour de bon à ce genre ? Non. Est-il mauvais (selon moi, hein, pas dans l'absolu) ? Non. Je lui ai trouvé plusieurs qualités mais aussi quelques défauts, le pire étant le rythme. 

Lançons les hostilités (j'espère que l'autrice ne m'en voudra pas et qu'elle ne le prendra pas personnellement). 370 pages, je me suis dit qu'il y avait matière, que ça devait être plein de rebondissements. Alors, effectivement, je trouve l'intrigue principale, ces histoires de meurtres, bien ficelée. Ça se tient à ce niveau-là sans problème. La dimension mystique m'a semblé superflue, et n'a, selon moi, pas apporté grand chose au roman, mais pourquoi pas. On soupçonne tout le monde et les interactions, les liens et les incidents qui se produisent entre les personnages sont plausibles (un petit bémol toutefois ; le monde est vraiment petit malgré les continents qui ont séparé les différents protagonistes à diverses périodes de leur vie). La fin du roman est vraiment pas mal, on se laisse happer, on commence à avoir peur, on se demande comment Chloé (le personnage principal) va s'en sortir...Bref, on ressent des émotions, la principale étant la tension (vaut mieux pour un policier). Le gros problème étant que cette tension, ce suspens, ne se ressent que dans le dernier quart du roman. Avant, il y a bien eu quelques petites piqûres, mais rien de bouleversant. J'ai plus eu le sentiment de jouer à une partie de Cluedo (l'esprit ailleurs) par un dimanche après-midi pluvieux. Je me suis ennuyée (je sais que cela va sûrement être dur à lire pour l'autrice, ce n'est jamais agréable, mais ce n'est que mon avis). 

Donc, le principal défaut est le rythme. Il y a énormément de descriptions de la vie quotidienne, qui plus est de la vie quotidienne d'une femme extrêmement organisée et prévisible. Le rythme de la narration est pesant. Alors, oui, j'ai aimé découvrir l'Espagne à travers certaines de ces descriptions, mais leur répétition alourdi le roman et casse le rythme. Par ailleurs, le point de vue est presque exclusivement focalisé sur Chloé. Chloé étant un personnage assez pâle, on s'ennuie vite. Alors, je sais que c'était probablement voulu, que Chloé est une femme banale malgré un lourd passé (et là encore, lourd, lourd, c'est relatif, disons plutôt avec un passé douloureux, mais qui n'a rien de véritablement extraordinaire). Personnellement, j'ai eu beaucoup de mal à m'intéresser à ce personnage qui manque de relief et dont certaines réactions m'ont semblé totalement naïves pour un cadre supérieur de son envergure. J'ai eu l'impression d'avoir une femme un peu niaise sous les yeux. Heureusement, les personnages secondaires ne sont pas mal traités et ont un peu plus de corps. Si la vie de Chloé avait été observée/décrite à travers le regard des autres personnages, si l'autrice nous avez plongés dans les méandres de l'esprit meurtrier, alors nous aurions pu (peut-être) embarquer plus facilement dans son histoire, nous ronger les sangs à chaque page. Pour moi, le deuxième grand défaut se trouve là, avec ce personnage principal qui semble inconsistant, manquer de caractère et qui fait une victime de choix. 

Comme je le disais, les personnages secondaires ne sont pas mal. J'ai apprécié le couple Maria-Paco, le compagnon Romain qui se révèle beaucoup moins prévisible que Chloé, les enfants sont bien passés aussi. Je n'ai pas vu trop de défauts dans leurs interactions, si ce n'est que le monde est petit et que le hasard fait vraiment bien les choses ! Mais bon, pourquoi pas. Au niveau du style (et non pas du rythme), bah je n'ai pas grand-chose à dire. C'est assez fluide, ça se lit bien, ni décevant ni percutant, je reste assez neutre (malgré quelques répétitions et quelques phrases maladroites, mais rien d'alarmant). Il n'y a pas beaucoup de coquilles, par contre il y a des problèmes de mise en page (des espaces mal placés). J'ai cru noter quelques petites incohérences (j'invite l'auteure à me contacter si elle veut en discuter) mais peut-être que ma mémoire me joue des tours. Cependant, il y a une chose que je n'ai vraiment pas appréciée, c'est l'insertion de chansons (ahhh que c'est désagréable !). Bon, déjà, la musique et moi...ma musique préférée, c'est le silence, mais alors les choix musicaux de Chloé...quand ce sont les enfants, on leur pardonne... J'ai sauté pas mal de pages, je dois l'avouer. Si certains d'entre vous apprécient, manifestez-vous ! Ah oui, par ailleurs, je ne parle pas l'espagnol, j'aurais bien aimé que certaines parties soient traduites. 

Alors, pour vous vanter un peu le roman, comme je le disais, il a ses qualités. Je crois qu'il s'inscrit totalement dans l'air du temps et nous fait une description assez honnête d'une partie de la population actuelle qui travaille pour de grands groupes et dont la vie se déroule à un rythme effréné, lui laissant à peine le temps de respirer. Le côté culturel, les descriptions des différents pays est assez agréable et aide à l'immersion. Là-dessus, je ne peux que féliciter l'auteure. Mais, surtout, son intrigue et son dévoilement. Très bien construite. On s'y perd, on soupçonne tout le monde. Franchement pas mal. J'aurais quelques petites questions à poser à l'auteure si elle le veut bien, mais cela se fera en privé, je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir. Les intrigues secondaires ne sont pas mauvaises non plus. Je pense que j'aurais beaucoup plus apprécié ce roman si son volume avait été un peu réduit, si les détails et les descriptions inutiles avaient été retirés. 

Voilà pour ce minuscule billet que n'entre pas profondément dans les détails. Le risque d'en dévoiler trop me pousse à garder le silence sur bien des choses. Je vous invite donc à le lire (le roman) et à vous forger votre propre opinion et, si vous n'êtes pas trop fainéants, à venir la partager !

 

INsoumission de Gina Dimitri

Bonjour, c'est encore moi !

Oui, deux billets dans la même semaine ! Une fois n'est pas coutume. Faudra pas vous y habituer, j'ai pas tant de temps que ça à vous consacrer mes petits lecteurs. Puis, si je vous manque trop, vous pouvez vous procurer mes oeuvres fantastiques et inoubliables sur Amazon (ça fera plaisir à mon banquier). 

Aujourd'hui nous allons nous pencher (brièvement) sur un roman de Gina Dimitri : INsoumission.

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Vous pouvez vous procurer l'ouvrage ici pour 2€99 (un peu plus pour le format papier).

Avant toute chose, j'aimerais préciser (par mesure de sécurité, je tiens à ma vie) que ce billet ne reflète que mon humble et très personnel avis. Je ne suis pas critique littéraire, je n'ai même pas fait d'études de lettres (sauf à la maternelle). Donc, ici, je ne partage que ma propre expérience de lecture et si vous vous rendez sur le site marchand, vous remarquerez que beaucoup de personnes ne partagent pas le même avis que moi. 

Gina, ne t'arrache pas les cheveux et ne saute pas par la fenêtre (si tu habites au rez-de-chaussée, ça va, tu peux), je n'ai pas aimé ton livre (je vais expliquer pourquoi, t'inquiète) mais cela ne veut pas dire que je le considère comme médiocre. Respire, tout va bien se passer. 

Alors, pourquoi avoir choisi de me procurer l'ouvrage? Bah, premièrement, ça faisait un moment que je voyais les "post" de Gina et ses acolytes sur la toile (Facebook) et leurs délires m'amusaient. Puis, je me suis laissé(e) séduire par une photo très sexy du Père Noël. Niveau marketing, ça envoie du lourd. Ensuite, le résumé du bouquin est assez tentant. Le voici :

" Les histoires d'amour finissent mal en général. Mais, tout écrivain vous dira que rien ne sert de souffrir (en silence), il vaut mieux en faire un livre.

Raconter mon histoire avec Emerald Labenne, le petit fils du créateur du Bloc Total, devait être une simple vengeance. Je n'avais pas prévu que mon roman, intitulé "Non merci, ça va bien pour le moment", ferait un tel scandale dans la presse. Je n'avais pas non plus anticipé que, quelques mois plus tard, le Bloc Total - ce parti politiquement à l'extrême droite de l'extrême droite - remporterait les élections présidentielles.

Seul membre du clan Labenne à ne pas se réjouir de cette victoire Emerald, en anarchiste convaincu, est bien décidé à s'opposer au parti. Et, pour une raison que seul lui connaît, il veut m'impliquer dans son mouvement d'insoumission.

Un récit choc, dont la recette se compose d'un peu de PASSION, de beaucoup de FOLIE, d'un soupçon de COMPLOT et d'un zeste de MEURTRE. "

Plutôt alléchant, n'est-ce pas ? Puis la couverture, elle en jette !

Bon, allez, passons aux choses sérieuses.

Sur la forme, j'ai quelques petits remarques à faire, pas beaucoup de coquilles, le style est plutôt fluide, je dirais dynamique même. En gros, ça se lit bien. Les phrases s'enchaînent sans problème, assez rapidement. Mais, personnellement, j'ai eu plus de mal avec le style. Certes, c'est original, jeune, dans l'air du temps (pas de cailloux dans la tête, s'il vous plait), mais le côté hastag, geekette sur les bords ne m'a pas emballée (sur la longueur). Ce décalage m'a plu au début, m'a fait sourire, puis il m'a lassée. Pourquoi ? Est-ce que ce serait mieux passé à la troisième personne, avec un peu plus de distanciation ? Je ne sais pas. Je ne sais pas exactement à quel moment j'ai commencé à décrocher, mais assez rapidement. Pourtant, je pense être à peu près de la même génération que Gina (même si ma rencontre avec internet s'est faite très tardivement), et mes amies sont presque toutes des geekettes complètement fêlées du bulbe. L'auteure nous submerge de citations et fait souvent référence à la culture "populaire". C'est plaisant à certains moments, puis d'autres fois, ça passe moins bien. Le style manque peut-être un peu d'équilibre (de mon point de vue). Faut dire que je me sens plus à l'aise avec Zola (hein, Gina) ou Dickens, donc ceci explique sûrement cela. Je me suis dit, en cours de lecture, que j'aurais préféré que cette histoire me soit racontée, l'entendre, peut-être adaptée au théâtre...

Les personnages. 

Notre "héroïne", Mickey pour les intimes, Michelangela pour les autres, ferait bien de "se sortir les doigts du fion". Elle est décalée, déconnectée du monde tout en y étant hyper-connectée. Un chouïa mégalo quand il s'agit de ses écrits. J'aime bien le personnage. Il m'a fait penser à mon amie Delphine qui se colle elle-même l'étiquette d'aspi. Mickey a une conscience politique aussi développée qu'un embryon avant qu'un spermatozoïde ne féconde un ovule: inexistante. Elle ne vote pas, ne se documente pas, ne s'intéresse pas, sauf si son mec du moment s'y intéresse. Elle a un côté superficiel, mais c'est une fille qui a plein de côtés (un peu de ci, un peu de ça). On l'aime, on l'a déteste, on a envie de lui donner des gifles, elle nous fait rire...

Son ex, Emerald, (à croire que Gina a quelques petits problèmes avec ses ex) est perçu par celle-ci comme un fou furieux doté d'une conscience politique extrême. En même temps, vu le milieu dont il est issu, ce n'est pas franchement étonnant. Rebelle dans l'âme, anarchiste le moment venu. Il est intelligent et manipulateur. Faut dire que Mickey n'est pas la plus habile des femmes en matière de relations et interactions sociales. La manipulation est aisée. Vous savez quoi ? Moi, j'ai bien aimé Emerald. Je le comprends, aussi dangereux soit-il.

Au niveau de la structure du roman, ça se tient. C'est farfelu, certes (quoique?) mais c'est relativement bien construit. L'intrigue n'est pas d'une profondeur abyssale, mais n'est pas un machin mal bricolé. Il y a du suspens, du mystère, de la tension, de la violence...Oui, on a envie de connaître le dénouement de cette histoire. Et celui-ci arrive finalement assez vite ; le roman est court (160 pages Kobo). C'est un roman moderne et léger qui a pour but de distraire le lecteur, de lui faire passer un bon moment (est-ce que je me trompe, Gina ?)

TOUTEFOIS, (n'aie pas peur) ce roman n'est pas que léger. Il y a une certaine critique de la passivité politique de la jeunesse. Le roman s'inscrit dans son époque et s'inspire des événements qui ont marqué la France récemment; et je crois bien que c'est la partie de l'oeuvre qui m'a le plus séduite. L'air de rien, certaines idées sur la politique, la démocratie et la citoyenneté sont transmises. On se pose des questions, certes pas au point de se faire éclater un neurone, mais l'auteure a au moins le mérite de nous partager "ses" idées. Merci Gina ! 

En conclusion, je pense lire un autre roman de cette autrice (je n'aime vraiment pas la sonorité de ce mot) histoire de voir ce que ça donne. Les cendres des roses mortes ? Et, surtout, je vous invite à vous faire votre propre opinion !

Note : je ne suis pas entrée dans les détails de l'intrigue parce que je ne voulais pas gâcher le plaisir aux futurs lecteurs. 

Epilogue de Frédéric Soulier

Salut mes petits lecteurs avides de poésie !

Aujourd'hui, une déclaration d'amour. Oui, vous m'avez bien entendue ! Et, OUI, je suis mariée (cela n'a aucun rapport). Je dois vous l'avouer, je crois bien que je suis tombée amoureuse de la plume de Frédéric Soulier (même si elle pique un peu les yeux). Bon, je vais essayer de garder mon sang-froid et surtout de ne pas mouiller ma culotte comme une adolescente devant un concert de Manson (tous les goûts sont dans la nature) et vous parler le plus objectivement possible (si vous avez quelques neurones qui fonctionnent encore, vous savez sûrement que l'objectivité n'existe pas, mais passons...) de ce merveilleux roman (et plein de défauts) qu'est Epilogue.

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Belle couverture, n'est-ce pas ? Très attrayante, je trouve. Il me semble avoir vu quelques commentaires peu élogieux circuler sur Facebook, certains (je ne citerai pas les noms) affirmaient qu'elle faisait tache ! Bah moi, j'ai pris ce livre pour la couverture et le titre, parfaitement choisi. Elle a un je-ne-sais-quoi de... (mauvais goût ?) J'apprécie aussi tout particulièrement la couverture de Magmat. (Monsieur Soulier l'a-t-il réalisée lui-même ? Multiples talents ?). Pour mon avis sur Magmat, c'est par ici.

Vous DEVEZ vous procurer l'ouvrage ici. Pour 2€99, vous n'allez pas faire vos radins ! En plus vous passerez un bon moment.

Ce roman d'environ 260 pages, format liseuse (Kobo pour les intimes (merci maman pour ce cadeau empoisonné ; heureusement que Calibre existe)), se lit particulièrement bien. En même temps, si vous avez déjà lu du Soulier (quelle phrase étrange !), vous n'allez pas être dépaysés. Comme à son habitude (je le crois volontiers un peu sadique sur les bords), notre très cher auteur colle l'oeil innocent du pauvre lecteur que nous sommes (enfin pas moi, vous) sur les aspects les plus charmants de l'humanité.

En "stalkant" un peu Soulier, j'ai cru comprendre qu'il appréciait particulièrement Céline. Quelle déception ! (Oui, vous pouvez me jeter des tomates ou n'importe quel objet contondant qui vous passerait sous la main). Le seul roman que j'ai lu de Céline, c'est Voyage au bout de la nuit. Et même si je ne peux qu'admettre que le monsieur écrit bien (oui, oui, je sais qu'il est mort, mais les écrivains sont tous un peu immortels, alors je conjugue comme je veux !) et si je suis totalement en accord avec la "pourritude" et l'horreur de l'humanité, j'ai trouvé que ce roman était un gros dégueulis de bile, pour parler franc ! Il m'a complètement dégoûtée, m'a soulevé le coeur. J'ai ressenti trop de haine, trop de l'auteur (peut-être que je me trompe, j'espère) et trop de lâcheté pour continuer à le lire (Céline). Je suis allée au bout du roman, mais à part un grand sentiment de malaise et une incompréhension (sur l'utilité d'un tel roman, pourtant ce n'est pas mon genre de débattre de l'utilité d'un roman; pour vous dire à quel point il m'a secouée) je n'en ai rien retiré de profitable. Voilà pour la digression. Revenons à nos petits souliers (haha, je ris toute seule). 

Nous suivons la fin de vie trépidante de Martial Chaînard dans un EPAHD, pour commencer, puis sur la route et, pour finir, sur un bateau. Pour un vieux de 84 piges, ça fait pas mal, non !? (Avant d'oublier, pour les personnes qui désirent conserver le suspens jusqu'à la fin, je vous invite à acheter le livre sans vous poser plus de questions et à ne pas poursuivre la lecture de ce billet, vous risquez d'y apprendre des choses qui pourraient vous gâcher le plaisir.) Le personnage principal m'a été assez antipathique de prime abord. Pas parce qu'il est vieux et bougon, dans un EPHAD je serais mille fois pire, plus du genre de la vieille aux varices dont j'ai oublié le nom, mais parce qu'il a été spectateur de sa propre vie, semble avoir toujours choisi la facilité et parce que, à aucun moment, il n'a pris conscience du mal qu'il engendrait autour de lui (sauf vers la fin du voyage; ça en fait du temps pour se remettre en question). Faut dire que Martial a toujours eu une peur terrible de la mort, habité de cette angoisse sourde et dévorante depuis sa plus tendre enfance. Heureusement, il finit par faire quelque chose de sa vie, lui donner un sens. Elle valait la peine d'être vécue, tout compte fait. Leçon numéro 1: retenue ! 

Le roman se divise en deux parties. La première est une longue description de l'enfer des EPHAD. Je ne suis pas spécialiste en la matière, mais je n'ai eu que peu de mal à croire les monstruosités décrites par Soulier. Personnellement, mon défunt père a fini ses jours en hôpital psychiatrique et, vu les colères viscérales que j'ai piquées en allant lui rendre visite et en me rendant compte du traitement franchement déplorable qu'on faisait de lui (même si mon cher papa pouvait se montrer particulièrement difficile avec son cerveau aux trois quarts grillé) je ne peux que "féliciter" l'auteur de cette description dérangeante. J'ai aussi côtoyé plusieurs personnes atteintes de maladies dégénératives et je peux vous dire que le tableau cru et choquant qu'en fait monsieur Soulier est une vilaine piqûre de rappel.

Les divers personnages que l'on voit évoluer dans cette première partie sont à la fois repoussants et attachants, drôles (à leurs dépens) et attendrissants. En dehors de Martial qui est un personnage décrit comme accommodant, passif et soumis, nous avons son ami (/pendant), Samir, plein de sagesse (par rapport à Martial, ce n'est pas vraiment dur !), aveugle et obsédé par les échecs. Sans lui, la vie dans l'établissement aurait été bien plus douloureuse pour notre héros. J'ai particulièrement apprécié la description des liens qui unissent ces deux hommes pourtant si différents. L'amitié avec Samir et l'histoire d'amour (avec un grand A ?) manquée entre Martial et Viviane qu'il retrouve à la maison de retraite dans un état déplorable, sont très touchantes. J'ai aussi apprécié la façon de catégoriser le personnel soignant et une mention spéciale (j'aime bien les mentions spéciales) pour Kaprilge (désolée si j'écorche l'orthographe) qui est un bon vieux rustre comme on les aime. Chaque personnage a son épaisseur, et tous, nous les plaignions un peu car la vie n'a pas été tendre avec eux (autant les vieux imbuvables que les soignants pas toujours compatissants). Ils sont mauvais, mais nous les excusons. Cette première partie s'achève par un double meurtre bien compréhensible. C'est l'élément déclencheur (quoique...il y avait eu un petit indice auparavant, quand Martial pique une crise devant la façon dont on nourrit Viviane). Notre héros finit par prendre sa vie en main, par réagir, par "plier le destin à sa volonté".

Cette première partie se focalise sur la vieillesse, la déchéance inéluctable des corps et des esprits, sur le système effroyable et inhumain des EPHAD où les meilleures volontés sont brisées et s'automatisent, sauf si l'on s'appelle Maria Bionca, sur la maladie, sur la mort, sur l'existence, sur les regrets et sur les loups qui se cachent au milieu du troupeau de brebis égarées. C'est violent, ça fait mal, ça écorche les yeux et nous pousse dans nos retranchements (et moi, comment serai-je ? comment finirai-je ma vie ? comment aurai-je influencé le monde ?). En bref, l'auteur nous pousse à la réflexion (à grands coups de pied dans le derrière). Nous donnera-t-il envie de mieux traiter nos vieux qui ont besoin d'assistance médicale ? Nos vieux tout court ? Pourquoi la vieillesse s'apparente-t-elle à ce point à une prison ? Dans quelle mesure sommes-nous responsables de l'infantilisation des personnes qui perdent leur autonomie ? Comment la bienveillance et la sollicitude peuvent se révéler une épine dans le pied pour celui qui en est l'objet ? Vous voyez le genre.

Au niveau de la forme, on ne peut qu'apprécier et être admiratif devant la plume de Soulier. Il est doué, le bougre. Je pense que je serai toujours émerveillée par ce travail d'équilibriste ! Un vocabulaire recherché, des métaphores sublimes, drôles, un registre familier et argotique délicieux, quelques visions tendres et poétiques. Toutefois...la plume se fait un peu trop fécale par moments et certaines scènes ne m'ont pas semblé indispensables. J'ai ressenti un léger "d'un peu trop" mais ce fut bien vite oublié par la suite. Je me rappelle qu'à la première lecture (que j'avais dû abandonner pour diverses raisons qui n'ont rien à voir avec la qualité du roman) j'avais trouvé que l'élément déclencheur de l'intrigue mettait un peu trop de temps à venir. Je ne savais pas si j'avais affaire à un roman d'ambiance, un roman dont toute l'action se passerait dans une maison de retraite (ce que, personnellement, j'aurais pu apprécier sans problème). Je ne voyais pas l'intrigue venir, le noeud quoi... Pour cette deuxième lecture, je n'ai pas du tout eu le même sentiment ! Oui, ça me laisse perplexe moi aussi. Je pense que si on lit se roman d'une traite, l'aspect plutôt lent de cette première partie passe beaucoup mieux. Le rythme global du roman est bien pensé ( non, je ne me contredis pas et si je suis la seule à me comprendre, ce n'est pas grave). Le lecteur s'habitue, s'adoucit, se laisse endormir, puis "bing", on se prend une bonne tarte dans la binette, histoire d'être bien réveillé et attentif ! Du Soulier, vous voyez. 

Le cadre de l'histoire posé, Martial décortiqué, le décor bien planté, l'auteur amorce un virage à 180 degrés et propulse notre héros (un peu moins antipathique) dans une aventure particulière qui m'a plongée dans une certaine hébétude (je pense à La scène torride du roman en particulier).

Deuxième partie, donc, Martial se tire de l'EPHAD en catimini, en laissant un joli bordel derrière lui, et a la chance (c'est vite dit) d'être ramassé sur le bord de la route par une jolie jeune femme droguée qui vient de quitter son mec (un vilain dealer) avec sa gamine. D'un coup, le rythme du roman s'accélère, tout comme la vie de Martial, pour se terminer en apothéose. Là encore, j'ai particulièrement apprécié les interactions entre les personnages. L'identification s'est faite très facilement. La vie d'Alice pathétique au point d'en être grotesque m'a rappelé de douloureux souvenirs. Alors, peut-être certains lecteurs trouveront qu'il y a trop de pathos, que c'est exagéré, qu'avoir une vie aussi lamentable n'est pas commun (au point d'en être peu vraisemblable). Et pourtant...la misère attire bien souvent la misère, même à notre charmante époque. Les gens qui ont tout pour s'en sortir finissent par retomber dans les mêmes schémas autodestructeurs... Alors, est-ce parce qu'il n'a plus grand chose à perdre, parce qu'il est rongé par la maladie ou bien, simplement, parce que la révélation chez Martial se fait un peu tardivement ? Notre vieux décide d'abandonner ses vieilles habitudes de préservation, même s'il sent venir les ennuis à plein nez, et de tenter l'expérience aux côtés de la jeune femme. Il devient actif, acteur de sa propre vie. Il était temps ! C'est cette pointe d'espoir, cette minuscule possibilité d'infléchir le cours du destin qui me fait aimer ce livre. Si Soulier s'était contenté de décrire l'horreur, sans cette possibilité au positif, sans aucune note d'espoir ou de force opposée à la lente déchéance qu'est la vie, j'aurais probablement trouvé ce livre digne d'une grande vomissure (à l'instar du roman de Céline).

Cette seconde partie est trépidante et la séparation entre les deux (parties) est extrêmement nette. Alice représente tout ce que Martial n'est pas. C'est une jeune femme qui sniffe la vie à plein nez et "aime" vivre dangereusement. Il parait que les opposés s'attirent. Allez savoir ! C'est un duo franchement atypique. En parlant de duo atypique, j'ai beaucoup ri avec celui des hommes de main lancés aux trousses d'Alice. Ca vaut le détour en matière de bêtise crasse. Je ne vais pas m'éterniser sur cette seconde partie, je préfère vous laisser la découvrir (pour les petits malins qui auraient continué à lire ce billet malgré mes avertissements) et la savourer. Tout ce que j'aimerais en dire, encore une fois, c'est que j'ai le sentiment d'une recherche d'équilibre permanente. Ca balance beaucoup, ça se promène sur le fil du rasoir et pourtant ça sent la maîtrise.  

Bref, pour faire commercial, Epilogue vous fera vibrer, parce qu'Epilogue, c'est une histoire de la vie et de la mort, de la vieillesse et de la jeunesse, de la passivité et de l'action, de la violence et de la douceur. Epilogue, c'est une histoire humaine. Si ça c'est pas vendeur ! (J'aurais mieux fait de m'abstenir ?)

Question finale. Pourquoi est-ce que j'aime ce qu'écrit Frédéric Soulier ? Je me suis posé la question en cours de lecture. Le roman souffre de quelques défauts : un peu trop cru par moments, un peu trop surprenant, un peu trop de pathos, quelques clichés (la jeune femme et la littérature, notamment / la bêtise des voyous...) Je me suis dit que, dans d'autres romans, ces quelques défauts (c'est très subjectif, hein) ne seraient pas passés. Mais Frédéric Soulier a un style remarquable, et rien que pour ça il vaut la peine d'être lu (même si j'ai parfois eu peur que l'équilibriste fasse une vilaine chute et ne se rompe le cou). Et puis, surtout, une sensibilité qui résonne avec la mienne. Quand je lis ce roman, les idées font échos. Je n'adhère pas à tout, évidemment. Toutefois, chose rare, ce roman me donne envie de connaitre son auteur, de discuter avec lui, d'en apprendre plus sur sa personne. Qui se cache derrière la création ? Comment l'auteur crée ? Pourquoi ? Du coup, bah je vais être obligée d'ouvrir une section spéciale Soulier où je pense décortiquer (c'est un bien grand mot) les différentes oeuvres de ce monsieur. Que dire d'autre ? Je pense que le côté brutal de la prose de cet auteur est vraiment intéressant. Toutefois, je crève d'envie de lire un roman où monsieur Soulier s'axerait principalement sur la suggestion, sur la subtilité, pour dénoncer ce qu'il a envie de dénoncer. Bref, Frédéric Soulier, un auteur que l'on a envie de voir évoluer !

Le Terrien : Intégrale, Ethel Ash

 Aujourd'hui nous embarquons avec un roman jeunesse d'Ethel Ash !

Le Terrien (l'intégrale) paru en mars 2016. Le roman avait été publié auparavant en série. J'ai préféré me procurer l'intégrale qui, au final, se révèle un roman de taille moyenne. 

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Vous pouvez vous procurer l'ouvrage ici pour un peu plus de 5 € (il se trouve aussi sur d'autres plateformes; on ne sait jamais, Amazon vous donne peut-être envie de vomir).

Le site affiche 256 pages et ma liseuse 265 (pour une fois que les deux tombent à peu près d'accord !)

Encore une fois (j'ai vraiment le sentiment de radoter), ce billet est à prendre avec des pincettes. Il n'est pas fait pour froisser l'auteure et n'est que le résultat de ma (simple) lecture agrémentée de capacités d'analyse assez limitées. Que j'aime ou que je n'aime pas, je vous explique pourquoi. Après, le dialogue reste ouvert. Vous pouvez vous exprimer et je vous encourage à le faire. Et, même si une "critique" semble négative, n'allez pas croire que j'ai la bêtise de penser que l'auteur/e aurait mieux fait de s'abstenir d'écrire son histoire. Au contraire, on apprend beaucoup de nos erreurs et de celles des autres. En outre, j'invite chaque lecteur à se faire sa propre idée, je n'ai pas la science infuse, et si mes critiques vous semble injustes, n'hésitez pas à venir jouter avec moi (si cela pouvait m'ouvrir les yeux sur mes propres faiblesses ! )

Bon, les avertissements donnés, passons aux choses sérieuses. 

Mais avant, le résumé de l'auteure :

Alex doit émigrer sur une nouvelle planète. Tout le monde se réjouit mais Alex a de sombres pressentiments. Il fait des rêves bizarres et n'ose en parler à personne. Mais si cette planète n'était pas aussi accueillante qu'on le dit? Personne n'a de nouvelles de ceux qui sont déjà partis. Les autorités prétendent que les communications sont impossibles, mais si la véritable explication était ailleurs?

Personnellement, j'ai trouvé le résumé maladroit. Il ne m'a pas spécialement donné envie de lire. Pourquoi me suis-je procuré l'ouvrage alors ? Parce que je sais combien un auteur peut avoir du mal à rédiger un synopsis attrayant. Je ne me fie ni à la couverture ni au synopsis chez les indés, et encore moins aux commentaires des clients. Je parie sur le hasard (j'ai eu de très bonnes surprises). Puis, "mais si la véritable explication était ailleurs ", ça ne vous rappelle pas quelque chose, vous ?

Je savais que j'avais affaire à un roman jeunesse. Toutefois, je ne pensais pas que le roman serait destiné à un public aussi jeune. Mes attentes ont été un peu déçues à ce niveau-là. J'espérais quelque chose d'un tout petit peu plus mature, de plus structuré, de plus profond. Je voyais l'ouvrage comme une quêté initiatique, et comme ma référence dans le genre est Orson Scott Card, je me suis sentie un peu frustrée. My bad, donc. Je ne sais pas pour vous, mais parfois, lorsque vous ouvrez un livre c'est pour vous plonger dans un type d'histoire bien précis. J'avais sûrement trop d'attentes. Toutefois, j'ai essayé de poursuivre ma lecture en reléguant mes espérances au placard. Néanmoins, quelques défauts (que je vous décrirai plus bas) m'ont sauté aux yeux. Pour info, quand je faisais de la garde de gamins indisciplinés du temps de mes études, j'ai lu un paquet de romans et de contes pour enfants (au point d'avoir la langue sèche comme une vieille racine cuite au soleil; les gamins sont de véritables tyrans, veulent toujours un chapitre en plus ! ) Je me rappelle avoir particulièrement apprécié Magyk (le roman était bien fichu, bien mené, plutôt prenant pour un roman jeunesse, ou plutôt, malgré mon âge). Je ne suis pas allergique au roman jeunesse, au contraire. 

Bon, arrêtons de bavasser! Je reprends mes notes.

Alors, au niveau de la forme, le style m'a semblé plutôt fluide, pas spécialement agréable ou envoûtant, non plus. Le roman se lit bien, mais ça ne marque pas l'esprit. Les fautes d'orthographes ne sont pas nombreuses au point de me décoller la rétine. Cependant, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de répétitions et quelques phrases maladroites (et aussi une erreur de chapitrage). Je ne sais pas comment travaille l'auteure, ni si elle a des relecteurs ou autre. Ce n'est pas toujours évident de se relire et de traquer ses propres fautes. Néanmoins, ces petits défauts ne donne pas envie de refermer le livre et de le laisser au placard (du moins, pas quand on commence la lecture). 

L'environnement est intéressant. Le début du roman est plutôt pas mal, assez prenant. On suit cette famille qui quitte sa demeure pour émigrer sur Sigma, une planète franchement éloignée (cinq années de sommeil pour y arriver). La mise en place du contexte est agréable; entre déchirement et excitation. Le personnage principal, Alex, est attachant et se démarque tout de suite par les rêves étranges et effrayants qu'il fait. L'intrigue, avec sa tension narrative, est rapidement mise en place, faisant naître l'intérêt du lecteur. Je dois avouer que la première partie du récit : le départ de la demeure, le voyage dans la navette, les événements (intrigants et effrayants), m'a séduite. Jusque-là, l'univers est bien décrit, l'immersion se fait facilement. Mention spéciale pour Kclick, le robot à tout faire et de compagnie (j'aurais aimé avoir plus d'anecdotes à son sujet). L'élément déclencheur ne se fait pas attendre trop longtemps sans pour autant raccourcir la mise en place du contexte. Il n'y a rien à reprocher aux personnages (pour le moment).

Pour cette première partie qui nous mène jusqu'à la navette et à l'endormissement des voyageurs, le récit se tient plutôt bien. C'est après que cela se gâte de mon point de vue. Une fois qu'Alex, douze ans, est endormi pour ne se réveiller que cinq ans plus tard, l'auteure nous décrit l'univers au-delà de la Terre. Elle y mentionne la cohabitation des espèces au tout début du monde, qu'elle décrit rapidement, et présente les "vilains" : les Skrills qui ont la mauvaise habitude d'asservir les autres peuples jusqu'à la destruction de leur planète. Ce voyage sur Sigma introduit donc les "gros méchants" de l'histoire, mais aussi toute la richesse de l'univers, sans oublier les personnages qui seront les acolytes de notre héros en devenir. Tout le récit se déroule sur fond de prophétie augurant la libération de tous les peuples par un jeune homme qui ne se reconnait pas comme tel. 

Ce qui m'a chagriné dans cette seconde partie, c'est le manque de descriptions. Alors, elles ne sont pas absentes, mais l'univers semble tellement riche, que j'aurais aimé une immersion plus profonde. On change de planète quand même ! Il y a des tas de races qui se croisent. Je pense que dans la tête de l'auteure, l'univers est foisonnant de détails, malheureusement, tous ces détails ne sont pas transmis aux lecteurs. Et c'est là où j'ai commencé à me dire que cette histoire aurait été bien mieux développée sur plusieurs tomes. Une quête initiatique sur 250 pages, dans un univers aussi riche, ne peut que frustrer le lecteur.

De mon point de vue, la quête initiatique demande une certaine lenteur, une certaine maturation, pour que le héros, plein de potentialités, se révèle. Il doit passer par plusieurs étapes, accumuler diverses expériences pour devenir à la hauteur de son destin. Ici, le début est bon, mais après le réveil d'Alex, qui passe de douze à dix-sept ans, d'un coup, le récit s'accélère et le dénouement arrive en un clin d'oeil. Je ne dirai pas que la fin a été bâclée, mais pour moi, ça ne vas pas. Il y a quelque chose d'artificiel. L'intérêt est perdu. Parce que, finalement, dans ce type de récit surtout destiné à la jeunesse, ce n'est pas vraiment le dénouement qui nous intéresse, mais le développement psychologique du personnage. Ces cinq années de sommeil, malgré les cours dispensés, ne sont pas des années d'expérience de vie ni de construction de l'identité. Les actions d'Alex m'ont semblé peu réalistes et ses exploits le fruit du hasard. 

L'autre point véritablement "dommage" est, finalement, le peu de place accordée aux personnages secondaires. Les acolytes d'Alex auraient pu gagner en profondeur, la vie de ses parents dans les mines aurait pu être décrite avec force détails pour accentuer le côté affreux des Skrills dont au final on ne sait pas grand chose, à part qu'ils sont méchants. Tout se déroule trop vite. Par ailleurs, le dénouement et la facilité avec laquelle Alex parvient à accomplir la prophétie est déconcertante. Les Skrills sont les grands méchants de l'univers. Ils ont asservi tout un tas de peuples, mais ils se révèlent aussi incroyablement stupides (par péché d'orgueil); ça ne tient pas la route. Et puis, dans cette seconde partie, les phrases deviennent plus simples, voire enfantines. Alors comment poursuivre la lecture? Comment juger un roman qui semble, au fil des pages, se tourner de plus en plus vers un public jeune, très jeune ? Je me suis demandé comment j'allais faire pour écrire ce billet ! J'ai eu le sentiment que l'ouvrage ne s'adressait plus du tout à moi et que je le lisais avec les mauvaises lunettes.

Qu'en penserait un enfant (entre sept et douze ans) ? Eh bien, je ne sais pas vraiment. Mais je pense que, en tout cas pour les petits que je gardais, les questions auraient fusé, et j'aurais eu bien du mal à y répondre. C'est vraiment dommage parce que cette histoire me semblait pleine de promesses, mais se révèle un soufflet qui tombe à plat à la sortie du four. Il y a un véritable problème de dynamique, de rythme.

Je ne vais pas insister plus et noter toutes les petites incohérences qui m'ont ennuyée. Tout ce que je peux vous dire, c'est que la première partie du roman m'a plu, mais que la seconde m'a franchement déçue (par frustration). Est-ce que je vous recommande cet ouvrage ? Oui et non. Cela dépend de votre âge, de vos attentes...Pour les enfants ? Pourquoi pas. Après tout, ils sont probablement moins exigeants.

Si l'auteure se sent d'expliquer ses choix (que d'un certain point de vue, je pense comprendre) je l'invite à s'exprimer. (Il n'est pas question je justification mais du processus de création.)

J'attends vos avis.

 

Si loin du Soleil (La Dernière Geste, tome 1) de Morgan of Glencoe

Bonjour mes petits boulets !

Alors, comment vous allez ? Bien ? Moi ça va moyen. La santé n'est pas au top, le bruit dans ce pays est infernal et il faut ajouter que, depuis un mois, des travaux à l'étage au-dessus me vrillent les tympans pour mon plus grand déplaisir. Pourquoi est-ce que je vous raconte ma vie passionnante, tout simplement pour que vous preniez conscience que ce billet, cet avis que je vais émettre sur ce roman de fantasy, est extrêmement personnel et doit être pris comme tel. 

Telechargement 3

Vous pouvez vous procurer l'ouvrage ici pour 2€99 et vous en aurez largement pour votre argent pingres que vous êtes !

Je vous donne le résumé que vous trouverez sur Amazon :

" Depuis des siècles, les Humains traitent les fées, créatures magiques dont ils redoutent les pouvoirs, comme des animaux dangereux.
L’alliance du Royaume de France, de l’Empire du Japon et du Sultanat Ottoman se partage désormais l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Ces féroces aristocraties oppriment leurs peuples et écrasent dans le sang toute révolte, qu’elle soit humaine ou féerique.
En choisissant les dangers de la liberté plutôt que la soumission aux règles de sa caste, la princesse Nekohaima Yuri va se forger ses propres valeurs et bientôt, mettra en péril la plus grande puissance du monde.
Au cœur de cette métamorphose, une amitié très improbable…"

Sur la forme pas grand chose à dire, il reste bien quelques coquilles par-ci, par-là, mais franchement elles ne gâchent pas la lecture. Au niveau du style, Morgan écrit admirablement bien (j'en serais presque jalouse ! Mon premier roman est loin d'être aussi bien écrit et le dernier en date, non plus). Les descriptions sont agréables à lire sans être lourdes. Toutefois, un petit bémol sur les descriptions des tenues. Je comprends parfaitement qu'elles soient nécessaires dans l'environnement de l'aristocratie, à la Cour, mais elles sont beaucoup moins agréables à lire dans les autres environnements. C'est un avis très personnel (il ne sera question que de ça dans ce billet : de ma subjectivité). Je n'ai jamais goûté les descriptions "insistantes" sur l'élégance des vêtements. Il faut dire que j'habite aujourd'hui dans un pays où ça ne dérange personne de se promener en pyjama dans la rue et que j'adore! Ceci explique sûrement cela. La lecture reste fluide, sans accrocs, sauf deux ou trois fois où je me suis arrêtée parce que je me demandais s'il l'auteure n'avait pas fait une erreur. L'explication vient quelques pages plus tard en général. Quand je vais écrire un billet sur un roman, je le lis beaucoup plus attentivement qu'en "mode détente" ce qui fait de moi une lectrice difficile.  

Au niveau du rythme, il n'y a aucun problème. Les personnages sont assez nombreux et l'histoire suffisamment touffue pour ne pas s'ennuyer. On alterne régulièrement les personnages et les environnements.

L'auteure commence par poser son personnage principal, sa psychologie, ses potentialités, la sphère dans laquelle il évolue, sans oublier quelques zones d'ombre afin d'attiser notre curiosité. J'ai eu le sentiment que chaque événement décrit avait sa place dans le récit et n'était en aucun cas du remplissage. Là-dessus, je ne peux que féliciter Morgan qui semble maîtriser parfaitement son scénario. Elle enchaîne ensuite avec un événement dramatique, une attaque, avec laquelle on prend de la distance, sur laquelle on ne se focalise pas, tant l'univers est riche, mais qui revêtira une importance singulière une fois les premiers voiles du mystère levés. Ce premier événement dramatique prend tout son sens si l'on regarde l'oeuvre dans sa globalité ( à mon humble avis). Mais le véritable élément de rupture de ce premier volume est la décision du personnage principal qui préfère la liberté, l'aventure, à la vie qu'elle a mené jusqu'ici. On retombe bien dans la quête initiatique des romans de fantasy (liberté, identité, prise de responsabilités liées à un but plus noble, abnégation et patati et patata...).

Les différents royaumes décrits sont véritablement plaisants et sont surtout suffisamment bien pensés. On s'y croirait et on à plaisir à s'y promener. Le coté guindé de la Cour est superbe, le faste aussi. J'ai adoré la rame 5 de l'Orient-Express. Les égouts sont fantastiques. Quant à Paris, rien ne nous étonne vraiment (j'ai passé de longues et terribles années là-bas). C'est bien ce que l'on peut imaginer de la ville. Chaque univers est indépendant et nettement différentiable. C'est un vrai voyage; comme des touristes, on se laisse émerveiller. Mes félicitations pour ces décors admirables !

En ce qui concerne les personnages, là aussi Morgan s'est bien débrouillée. Ils ont tous leurs caractéristiques propres. Ils sont vivants, en relief, ont une vie en dehors de l'héroïne, bien que leurs destins soient liés au sien. Et heureusement pour moi ! Parce que je dois bien avouer que j'ai eu de grosses difficultés avec ce personnage principal qui ne m'a absolument pas touchée. L'identification a été totalement impossible (sûrement parce que je suis une vieille misanthrope acariâtre). Pourtant, je comprends les choix faits par Morgan pour ce personnage, son évolution, ses réactions, pourquoi à tel moment il réagit comme ci ou comme ça. Il n'y a pas de fausse note ( et le problème réside peut-être ici ). Je pense que pour apprécier réellement ce personnage, il me faudra le volume deux (que je lirai par curiosité). J'ai eu beaucoup plus de facilités avec Trente-Chênes, par exemple. Pour moi, la force de Morgan, en tant qu'auteure, est sa capacité à créer des personnages secondaires intéressants (sans parler des environnements) ! Je ne vais pas tous vous les décrire parce qu'il y en a trop, mais vous comprendrez de quoi je parle à la lecture. 

Après tous ces compliments vous n'allez sûrement pas comprendre pourquoi, finalement, je n'ai pas réellement aimé le roman. Je ne dis pas qu'il est médiocre (je préférerais encore me couper la langue). Il a beaucoup de qualités devant lesquelles je ne peux que m'incliner. Je vous recommande la lecture sans hésitation. Ce n'est pas vraiment que je n'ai pas aimé, mais il soulève beaucoup moins mon enthousiasme que celui des autres lecteurs. Pour expliquer cette réaction à contre-courant, il faut se pencher sur la petite personne que je suis (mais je vais vous épargner les détails, et en plus cela ne vous regarde absolument pas ! Et toc !)

Explications donc :

- Tout d'abord, je suis issue des études japonaises. J'y ai passé pas mal d'années. Alors, quand je vois un roman ou une bd à tendances japonisantes, ça me fait toujours grincer des dents. J'ai un vilain a priori dont j'ai beaucoup de mal à me départir (mais j'y travaille et j'ai fait de gros efforts pour cette lecture). 

- Toujours dans le même ordre d'idées, je comprends cette envie d'utiliser plusieurs langues, tout ça. Mais qu'est-ce qu'on fait des lecteurs qui ne parlent que le français (si, si, il y en a encore). Ceci dit, Morgan donne souvent des "traductions" quelques lignes plus loin. Je pense que tout en français cela aurait très bien fonctionné sans perdre le côté "exotique". Mais bon, après tout, c'est son monde et elle en fait bien ce qu'elle en veut. 

- Les fées et autres créatures magiques. Bon, comment dire ? En fait, je n'y connais pas grand chose et je ne peux que remercier Morgan d'avoir éclairé ma lanterne en la matière ! Je ne connaissais (dans la littérature) que les fées selon Terry Pratchett et comment dire...sont pas vraiment semblables. Néanmoins, elles ne m'ont pas fait rêver. J'ai beaucoup aimé leur personnalité, mais le côté féerique ne m'a pas réellement touchée (sûrement encore une déformation de mon esprit). Puis, les pauvres, oppressées (opprimées c'est mieux les amis, opressée c'est ma poitrine avec ce rhume tropical) comme elles le sont... Peut-être encore un peu trop humaines pour moi. Ou alors, c'est les couleurs...En fait, je ne sais pas...(quel argumentaire ! ) Subjectif tout ça. 

- Le point le plus important et qui explique pourquoi je n'apprécie que moyennement ce roman : les idées véhiculées. Il faut que je m'achète un bouclier pour me protéger des jets de pierres que je sens venir de la part des autres lecteurs. Vous pourrez venir me lyncher dans les commentaires et me dire pourquoi je n'y comprends rien et combien je suis injuste. Alors, bien que je partage complètement les idées chères au coeur de notre auteure: la liberté en général (à travers la quête d'une femme-objet ), l'amour en dehors de toute question de genre et de race, l'amour sous toutes ses formes, libéré des contraintes...je trouve cela un peu trop naïf. Alors, ça fait peut-être rêver certains lecteurs ou même les pousse à se remettre en question (y'a du souci à se faire), je ne sais pas, mais pour moi, ça ne fonctionne pas. Et, finalement, ce ne sont pas tellement les idées véhiculées, mais peut-être la manière dont elles le sont. Pourtant, ce roman est violent. Il n'est pas tout beau tout rose, loin de là. Soit le personnage de Yuri se transforme un peu trop rapidement à mon goût (le second volume nous le dira), soit les phrases (antisexistes) mises dans la bouche des fées m'ont un peu déçue. Ce qui est de mon point de vue plus important à démontrer ( et quelques indices me font penser que l'auteur va dans ce sens) serait peut-être comment, sans bien s'en rendre compte (par manque d'imagination, d'empathie, de temps ou je ne sais quoi encore) on peut réifier une personne, l'accabler d'une étiquette, d'un devoir (arbitraire) avec les meilleures intention du monde, tout en oubliant que la vie de cette personne lui appartient totalement, à elle et à elle seule. Mais on pourrait lancer des débats interminables sur le concept même de liberté, sur l'égalité, l'amour et tout le reste sans parvenir au moindre consensus sur la définition à donner à ces jolis idées. Peut-être qu'avec plus de subtilité et une bonne dose d'humour noir, j'aurais trouvé mon bonheur. Cela dit, la fin épique de ce premier volume (frustrante sur bien des aspects) me laisse espérer des heures noires pour la petite Yuri dont je pourrai me délecter. 

Voilà pour l'humble avis que je souhaitais partager avec vous. Même si je n'ai pas été renversée par l'enthousiasme délirant qui entoure ce roman, je salue la performance littéraire de Morgan. J'aimerais bien voir ce qu'elle pourrait produire dans un genre littéraire complètement différent. Je lirai probablement le second tome, par curiosité, et peut-être les autres (je ne sais pas combien sont prévus) si l'histoire gagne en complexité. Je recommande aussi cet ouvrage à toute personne qui a envie d'apprendre (très intéressant à autopsier !).

J'espère que l'auteure ne sera pas blessée par ce billet qui, finalement, est très positif et je lui souhaite une très bonne continuation dans ses activités littéraires et musicales (ça vaut le détour). 

Deuxième vie de Vincent Taubert

Salut les gars ! 

Aujourd'hui je vais vous parler de Deuxième Vie de Vincent Taubert (oui, oui, je suis toujours en retard dans mes chroniques, et j'en suis désolée).

Pour la couverture:

Telechargement 2

En ce qui concerne l'auteur, je ne pourrai pas vous en dire grand-chose. Je n'ai rien trouvé de bien intéressant sur internet. Je dois admettre que je ne suis pas un as lorsqu'il faut traquer quelqu'un sur la toile et cela ne m'intéresse que peu. Je trouve cependant dommage que monsieur Taubert n'ait pas cru bon d'inclure un lien vers un site web où l'on (moi en particulier) pourrait suivre ses progressions littéraires (d'ailleurs sa page auteur est inexistante sur Amazon), parce que je dois vous révéler une chose, malgré de nombreux défauts, ce roman m'a plu sur plusieurs aspects. Ce n'est pas bien compliqué avec moi, à partir du moment où un auteur fait travailler mon grand zygomatique par ses écrits, il m'a dans la poche. 

Donc, nous voici avec un petit roman de 184 pages selon ma liseuse et 272 selon les statistiques Amazon, mais peu importe, qui coûte un peu plus de 2€50. A ce prix-là, vous n'allez pas vous ruiner et, en plus, quand on sait le travail fourni pour pondre un bouquin, même s'il a quelques défauts, vous en aurez pour votre argent ( me voilà vendeuse à la criée ! ).

Vous pouvez vous procurer l'ouvrage ici.

Ah oui ! Et il est sorti en mai 2016 (pour une fois que je ne vais pas chercher un vieux truc qui n'est plus d'actualité et qui sent la poussière).

Alors, " de quoi qu'est-ce que ça parle ce machin ? ", me demanderez-vous en bon français. Si j'étais monsieur Taubert, je vous répondrais probablement ceci : Strasbourg, 2053. 
Un vieil homme engage un ancien journaliste pour retrouver sa fille disparue à Venise.

Bon bah voilà, maintenant, cher lecteur, débrouille-toi avec ça ! Pourquoi ai-je décidé de me procurer ce roman ? La réponse : 2053. J'avais envie d'un peu de science-fiction ou d'anticipation. De plonger dans un univers du futur imaginé par un être malade, communément appelé auteur ou écrivain (tu choisiras l'étiquette que tu préfères ; note que scribouillard est aussi disponible).

En gros, dans ce roman, nous suivons Goran Lazarevic, chômeur, ex-journaliste du journal "Lucide" (relativement indépendant, ce que Goran appréciait) dans sa quête pour retrouver la fille d'un vieux monsieur fortuné (et antipathique) rencontré par l'intermédiaire d'un de ses amis d'enfance, Omar, aux activités souvent douteuses. Notre personnage étant au chômage, il ne met guère de temps à accepter après qu'on lui a proposé 65 000 euros en contrepartie. Bien évidemment, la proposition est louche et Goran sent les ennuis à des kilomètres. Premièrement, c'est son ami Omar qui est venu le solliciter et, connaissant ses activités, il y a peu de chance que la mission soit aussi simple qu'elle ne semble l'être. Deuxièmement, le commanditaire est fortuné; comme l'argent n'est jamais propre...Troisièmement, il n'apprendra pas le nom du commanditaire même s'ils se rencontrent en personne. Quatrièmement, le comportement de son ami semble inhabituel.  

Bref, dès le départ le mystère est là. Je me suis vite laissé happer par l'histoire, mais le gros plus du roman est son univers (dont je parlerai plus tard). 

Parlons des points négatifs, de ce qui m'a rebutée : les "coquilles" de plus en plus nombreuses au fil des pages (mais je ne reviendrai pas sur les galères d'un auteur indépendant pour purifier son bébé des innombrables fautes d'orthographe qui l'enlaidissent), quelques phrases maladroites (selon moi) mais d'autres étaient vraiment bien tournées et les répétition. Disons que la forme est un des gros points négatifs du roman. Pour le reste, j'avoue m'être demandé pourquoi ce journaliste qui semble recruté pour ses compétences et son expérience (il a pratiqué une forme extrême de journalisme, toujours sur le fil) n'a pas poussé plus loin ses recherches sur le "Vieux" en parallèle de sa mission. Ce fait me semblait incohérent pour un journaliste d'investigation qui sent les ennuis à plein nez, mais Goran est un peu tête-brûlée sur les bords, alors pourquoi pas. D'ailleurs, peut-être que l'auteur aurait pu rendre son personnage plus méfiant (plus rapidement), parce que même s'il est attachant, les mystères entourant la disparition de la fille du "Vieux" et les actes de violence qui se produisent dans son environnement sont alarmants pour le commun des mortels, alors pour un journaliste comme lui...Après c'est le choix de l'auteur, et puis, la révélation finale explique peut-être pourquoi il est comme il est. Autre point, je me suis un peu perdue dans la chronologie, mais ceci est sûrement dû à ma mémoire de poisson rouge. L'auteur nous fait faire quelque sauts dans le temps pour nous expliquer ceci ou cela en rapport avec l'univers dans lequel il nous plonge (sauts qui sont intéressants cela dit) mais, au final, on a un peu de mal à s'y retrouver. Donc, le dernier point négatif se fonde sur ces passages flous dans lesquels le lecteur se perd. J'aurais aimé plus de clarté, mais, là encore, peut-être suis-je dure de la comprenette (comme me répétait avec tendresse ma chère mamie).

Passons aux éloges.

Le personnage de Goran est attachant et fait preuve d'une sensibilité que l'on remarque rarement sous la plume d'un homme. Je ne sais pas si c'était calculé de la part de l'auteur, mais c'est un autre bon moyen de se mettre les lectrices dans la poche. Quand je parle de sensibilité, je ne fais pas allusion au coeur d'un prince charmant ou à un gentil garçon atteint du complexe du sauveur, juste d'un homme qui peut se sentir intimidé devant une jeune femme qui lui plaît, d'un homme qui se pose des questions sur ce qu'il est et d'un homme fort qui peut se révéler gauche dans les relations mondaines. Goran est un personnage nuancé (dont je devrais m'inspirer pour créer certains de mes personnages masculins). Je l'ai apprécié assez rapidement et son humour ne m'a pas laissée insensible (note : le roman est à la première personne). C'est un personnage séduisant, mais c'est probablement le côté Europe de l'Est qui a fait mouche en ce qui me concerne. 

L'intrigue est bien menée et le mystère s'intensifie à chaque page tournée. Le lecteur se pose des tas de questions et angoisse pour ce pauvre Goran qui semble avoir mis les pieds dans un bourbier inextricable. Les états d'âmes du personnage sont vraiment bien décrits et le lecteur (moi) vibre avec lui. L'identification a été parfaite. Les personnages secondaires sont pas mal non plus, mais comme le récit est à la première personne, nous nous focalisons essentiellement sur Goran. Les éléments de l'histoire semble bien s'imbriquer les uns aux autres et aux révélations successives des différents mystères nous ne pouvons nous empêcher d'avoir une réflexion d'une profondeur incommensurable : "Ouh la la !". Les scènes d'action sont bonnes, les scènes d'amour superbes (oui j'ai un léger a priori, je trouve que les hommes écrivent mal ces scènes-là) et la surprise est là. Le lecteur passe par différentes émotions (signe incontestable que l'auteur a réussi pour moi). 

Mais je crois que ce qui m'a vraiment séduite, c'est cet univers futuriste, mais pas trop, qui semble totalement plausible. L'autonomie de certaines régions riches, les milices de corporation, une pollution extrême avec un ciel opaque, des rayons solaires de plus en plus difficiles à sentir sur la peau, des chiens bicéphales (bon, ça c'est pas pour demain), des poubelles super pratiques mais dangereuses pour les gamins, l'argent maître du monde (ça c'est pas vraiment futuriste ? c'est une grande loi humaine depuis la création de la monnaie ? désolée, my bad ), des robots qui scannent tous vos tissus, des armes trafiquées, des pads qui servent à tout dans la vie pratique...Les quelques éléments historiques créés par l'auteur et ses descriptions aident à l'immersion. J'ai totalement adhéré à son univers. L'effort d'imagination n'était pas trop grand pour moi. Il y a un petit côté steampunk, s'il l'on prend en compte la pollution, la saleté et l'industrie. L'univers dans lequel évolue Goran et assez sombre et autoritaire. Peut-être que l'auteur va hurler s'il lit cette chronique, mais ça me fait penser à " Total recall" (la vieille version, hein, avec notre culturiste adoré, mais les extraterrestres en moins). La comparaison n'est peut-être pas la mieux choisie, mais c'est le côté sentimental qui parle et les souvenirs d'enfance. Et, contre toute attente, ce roman m'a donné envie de visiter Venise. Je ne suis jamais allée en Italie et je ne sais pas si les descriptions qu'en fait l'auteur sont justes ou non (en tenant compte de l'époque) mais l'immersion est tellement bonne - on se sent partir dans cette Venise du futur - que je me suis dit que j'irais bien y faire un tour.

En conclusion, j'ai passé un bon moment de lecture et je serais ravie de jouer les bêta-lecteurs pour le prochain roman de monsieur Taubert, mais étant incapable de le retrouver sur la toile, j'ai bien peur que la chose soit impossible (j'ai envoyé un message sur facebook pour essayer de le débusquer, mais peut-être me suis-je trompée de personne).

Je vous recommande donc ce roman si vous êtes prêts à fermer les yeux sur la forme.   

Le tatouage, Joël Navarro

Aujourd'hui, un billet sur Le tatouage de Joël Navarro !

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Je ne sais plus comment je me suis retrouvée avec cette nouvelle dans ma liseuse. Je n'ai pas le souvenir d'avoir vu une quelconque promotion circuler sur les réseaux sociaux...Je devais probablement errer sur Amazon, à moitié endormie, et j'ai dû la télécharger par hasard. Après, je trouve que la couverture est plutôt pas mal, ceci explique probablement cela. Comme quoi, une bonne communication visuelle, hein...Bref.

La nouvelle date un peu (2014).

Vous pouvez vous la procurer ici : https://www.amazon.fr/tatouage-Jo%C3%ABl-NAVARRO-ebook/dp/B00J0G11VC?ie=UTF8&qid=1469435456&ref_=la_B00J5GY0VK_1_1&s=books&sr=1-1

Elle fait une petite quarantaine de pages et se lit relativement bien. Elle a ses qualités mais aussi ses défauts.

D'un point de vue général, je suis satisfaite de ma lecture, du moins, je ne regrette pas d'avoir téléchargé la nouvelle et je n'ai pas le sentiment d'avoir perdu mon temps (ce qui malheureusement peut m'arriver quelques fois (oui, j'accorde beaucoup d'importance à mon temps!)). Quand je relis mes notes, je me rends compte que j'ai bien ri. 

Bon, commençons par les défauts: les fautes d'orthographe. Certains me diront que c'est inutile de le préciser, que pour les auteurs indépendants, c'est inévitable ; et ils n'auront pas totalement tort. Je crois que lorsqu'on travaille en permanence seul ou lorsqu'on manque de relecteurs compétents en la matière, il est difficile de rendre un écrit impeccable du point de vue orthographique. Toutefois, quand les fautes sont trop nombreuses, la lecture devient beaucoup moins agréable, parce que ces fautes détournent notre attention de la narration. Pour cette nouvelle, j'ai repéré pas mal d'erreurs de conjugaison ( ce qui passe encore plus mal que les petites coquilles de-ci de-là ). 

Autre défaut, et qui là, franchement, pourrait être vraiment rédhibitoire : les erreurs de calcul. Notre personnage principal, Jonathan, est comptable, et un comptable dans l'âme, qui plus est...Deux petites incohérences qui passeront probablement inaperçu aux personnes qui ne chercheront pas à faire le moindre calcul. C'est dommage. Personnellement, j'y vois un grand manque d'attention de la part de l'auteur. Et puis, des incohérences sur 40 pages n'ont pas le même impact que sur 3000. 

D'autres petites choses m'ont semblé un peu floues. Par exemple, lorsque son ex femme demande à Jonathan de ne pas se montrer violent avec son nouvel ami qu'elle prévoit d'épouser. Jonathan n'a jamais été décrit comme un homme violent ou susceptible de le devenir ( du moins il ne semble pas avoir été ainsi perçu par sa femme), mais comme son comportement des derniers temps semble étrange, je me suis dit : " Bon, pourquoi pas..." Disons que parfois, je dois m'obliger à une certaine flexibilité pour ne pas me bloquer dans la lecture. Sur ce dernier point, je ne saurais dire si c'est réellement un défaut de l'auteur ou si c'est plutôt un défaut du lecteur...

Je vous partage le résumé disponible sur Amazon (comment ça flemmarde ?) : 

Un comptable découvre un tatouage sur son dos qu'il n’avait jamais vu auparavant. 
A force de recherches, il comprend qu'il est schizophrène et que son double, la nuit, se permet toutes les fantaisies qu'il s'interdit le jour. Lorsque son alter ego et lui apprennent que leur ex-femme va se remarier, ils se liguent pour faire capoter le mariage. 
Mais d'autres forces sont en œuvre, et si le tatouage était magique ? 

Heureusement pour moi, je ne me souvenais absolument pas de ce synopsis qui en dévoile beaucoup trop à mon goût. Tout ça se déroule sur 40 pages, il ne faut pas l'oublier ! J'ai donc commencé ma lecture l'âme vierge. 

Le personnage central m'a immédiatement séduite: sa déformation professionnelle, son côté comptable à l'extrême, cette manière presque mécanique d'organiser son temps. Joël Navarro a construit son intrigue autour d'un personnage qui semble presque déshumanisé. Il vit seul, replié sur lui-même. C'est un bourreau de travail qui ne semble éprouver de l'affection ni pour ses parents, ni pour ses enfants qu'il ne voit guère que le week-end. Son ex-femme semble être la seule à éveiller quelque chose s'apparentant à un sentiment dans on âme, s'il en possède encore une. 

L'élément déclencheur est une fuite de 50 000 euros dans les dépenses d'un de ses clients (avec lequel la relation est étrange et dont l'histoire fera écho à sa propre histoire). Bien évidemment, cette petite erreur (qui n'en est pas une) va plonger notre comptable (digne d'un robot) dans une perplexité aisément compréhensible. 

Deuxième élément d'importance, ce tatouage qu'il a dans le dos et qu'il ne se souvient pas avoir fait. 

Jonathan se lance donc dans une enquête double pour savoir où sont passés ces 50 000 euros et, surtout, comment il a fait pour se retrouver avec un tel tatouage. 

Le style de l'auteur est vraiment pas mal et quelques phrases sont franchement bien senties. Après une courte enquête, il trouvera les réponses aux questions qu'ils se posent, mais, malheureusement, elles ne seront pas satisfaisantes. 

Son double fait alors sa pleine apparition. Jonathan se rend compte qu'une partie de sa vie ne lui appartient plus, au profit de Thierry (son autre personnalité). Par ailleurs, ce double incontrôlable se trouve dans sa tête, mais les pensées de celui-ci sont inaccessibles à Jonathan. 

L'intrigue est plutôt bien menée. J'ai apprécié la lutte entre Jonathan et Thierry (pour lequel on éprouve plus d'empathie). Thierry se révèle autrement humain que Jonathan; on en viendrait presque à se dire que Jonathan ferait mieux d'abandonner son combat et de laisser Thierry aux commandes. Les ruses qu'il élabore pour coincer son double sont assez drôles. 

Finalement, vous vous en doutez, le lecteur va être propulsé dans l'esprit de Thierry qui nous révélera quelques secrets. 

La chute de la nouvelle m'a beaucoup amusée et m'a semblé totalement absurde (pour mon plus grand plaisir). 

Toutefois, je pense que l'épilogue n'était aucunement nécessaire. J'ai quand même ri, mais de mon point de vue la nouvelle aurait été bien meilleure sans. 

Je vous invite à lire cette petite nouvelle qui n'est pas si mal et qui vous fera passer un bon moment si vous fermez les yeux sur ses quelques petits défauts.

Si par une nuit d'orage de Paul et Anna Blanchot

Salut à vous, chers inconnus,

Aujourd’hui, nous allons causer d’une nouvelle (encore une) de Paul et Anna Blanchot intitulée : Si par une nuit d’orage.

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Vous trouverez l’ouvrage sur amazon : https://www.amazon.fr/Si-par-une-nuit-dorage-ebook/dp/B00HLZRYAQ

Bon, je vous l’annonce tout de suite, j’ai été très déçue de ma lecture. La forme m’a semblé bien trop négligée et le fond ne m’a pas du tout plu, notamment à cause d’un trop grand nombre d’incohérences.

Quand j’ai téléchargé l’ouvrage, je m’attendais à lire un roman. Sur le site, ils annoncent 162 pages de lecture, tandis que ma petite liseuse ne m’en présente que 60. Alors, je veux bien qu’il y ait quelques différences entre la liseuse et le livre papier, mais là…Peut-être que la version papier est imprimée en gros caractères…Mystère, mystère…Peu importe !

Nous voici avec un récit rédigé à quatre mains, et qui, selon l’auteur, grâce à l’aide d’une tierce personne qui a revu le texte et a aidé à le corriger, approche la perfection. Hem…Quand on vend ainsi son ouvrage (même si je comprends le besoin d’attirer le lecteur), on place la barre bien haut, et là, visiblement, c’était trop haut. La nouvelle, semble-t-il, date de 2000 et a été corrigée et  revue en 2014. En plus de dix ans, le style s’améliore (enfin, j’espère). Je m’attendais à quelque chose de mieux, surtout que la nouvelle est relativement bien notée par les lecteurs (ils ne doivent pas être aussi tatillons que je le suis). Toutefois, n’ayant pas eu sous les yeux la version de 2000, je ne pourrais juger de l’évolution (à moins que les auteurs aient fait une mauvaise manipulation et aient mis en ligne la première version).

Pour résumer l’histoire, en gros, en bref, en grossier, on suit les aventures d’une pauvre gamine des rues et de son « amant » le vampire. Rien de bien fantastique, ni de novateur, assez banal en somme, mais qui avec un bon traitement narratif, aurait pu émouvoir mon petit cœur d’adolescente. Malheureusement, j’ai trouvé les personnages caricaturaux, j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à eux, à m’identifier. C’est un peu niais, un peu naïf, ça manque de punch, ça manque de romance…Bon, je dois l’avouer, j’ai lu pas mal d’histoires de vampires ; cela n’aide pas. Je ne suis pas novice en la matière, ce qui peut expliquer mon besoin de renouveau. Malheureusement, je n’ai pas passé un bon moment, pas du tout.

Bon alors, c’est ici que commence la misère. Je plains monsieur Blanchot s’il tombe sur cette chronique. Elle risque de lui faire mal au cœur et de blesser son égo par la même occasion,  même si ce n’est pas mon but. Je m’excuse par avance auprès de lui.

Première note discordante, la plus grosse à mes yeux. Je pense que cette histoire aurait pu être mieux traitée, en particulier si les auteurs avaient décidé d’en faire un roman et non pas une nouvelle. Si nous envisageons l’histoire comme une nouvelle, nous sommes inévitablement déçus. La pluralité des lieux, des personnages (quoique sur ce point, ça va encore), des situations, des scènes et les ellipses temporelles se prêtent mal à la nouvelle. Beaucoup trop de choses nous semblent racontées trop rapidement. Nous n’avons pas le temps de savourer, comme si le serveur nous retirait nos assiettes sans nous laisser le temps de les terminer.

Le reste des points négatifs, en vrac.

L’action se déroule, pour commencer, au Caire. Le problème, c’est que je ne me suis pas spécialement sentie au Caire. Je manque peut-être d’imagination, je ne sais pas. Mais, je pense qu’il aurait été intéressant d’agrémenter le récit de plus de descriptions, histoire ne nous faire entrer dans l’ambiance, pour nous dépayser, nous emmener en voyage…Personnellement, un peu d’aide descriptive n’aurait pas été de refus (je n’ai jamais été au Caire, je ne connais pas du tout cette région du monde donc…).

Nous suivons une jeune femme, Amra, vendeuse de thé ambulante ; une pauvresse séduite par un vampire du nom de Venceslas (je ne suis pas certaine à 100% de l’orthographe du nom, et je crois que les auteurs non plus)

Ce qui choque dès le début du roman, ce sont certaines phrases maladroites où j’ai eu la nette impression que le vocabulaire était mal employé. Je n’ai malheureusement pas d’exemple précis à vous fournir, et je n’ai pas le courage d’aller chercher toutes les phrases en question. Je n’ai pas du tout adhéré au style ; je l’ai trouvé laborieux. Ce qui ne me donne pas envie de replonger le nez dedans (désolée pour cette faiblesse passagère).

Rapidement, notre pauvre « bichette » se fait enlever par un gros dégueulasse, un vieux dégoûtant qui fait des gamines comme elle son goûter : Guido De Carlone. Et encore, à la lecture de ces scènes successives (60pages kindle, je vous rappelle), j’ai noté dans mon petit cahier « maladresses/ formules mal employées/répétitions/ fautes d’orthographe ».

Apparait un quatrième personnage, Dario, peut-être celui qui a le plus de relief, parce que nos deux personnages principaux sont finalement assez plats. Dario, c’est l’homme de main de De Carlone, et le type est tordu lui aussi, peut-être encore plus vilain que son patron. C’est sûrement le personnage que j’ai le plus apprécié, mais pas au point de rendre l’histoire subitement intéressante à mes yeux.

Donc, Amra est enlevée, direction un autre pays, bien loin de Venceslas. Bien évidemment, notre amoureux transi va se lancer à leur poursuite et révéler ses canines quand il apprendra ce qu’ils ont fait à sa petite chérie. Il y a donc un peu de sang, un peu de violence et beaucoup d’incohérences. Je pense à une scène en particulier, où un meurtre se commet après un coït endiablé (c’était pour la rime). En fait, la femme qui se trouve dans le lit au moment du meurtre, ne réagit pas, est complètement passée sous silence. Donc, nous nous retrouvons avec un personnage témoin d’un meurtre qui manifeste autant de réaction que la table qui se trouve dans la pièce voisine.  Pour moi, c’est une très grosse erreur. Soit la scène du coït est inutile, soit il faut faire réagir cette femme, ne serait-ce qu’en une ligne (je ne sais pas, elle peut s’évanouir, s’endormir, peu importe).

Autre incohérence (désolée je ne suis pas la chronologie du récit) : notre cher Venceslas s’adresse à son aimée dans ses rêves, et dans le même paragraphe, alors que la jeune femme est endormie, il lui demande de rester éveillée. Alors, j’ai bien compris pourquoi il avait besoin qu’elle soit éveillée, ce n’est pas le problème, mais il ne peut pas lui demander de rester éveillée alors qu’elle est en train de dormir. Nombre de phrases sont ainsi mal formulées, sans parler d’une phrase à la page 12 qui n’a tout simplement pas de sens (ou alors je suis complètement stupide —ce qui est tout à fait possible). Je vous laisse trouver la phrase, si elle passe inaperçue à vos yeux, c’est que j’ai visiblement un problème (pour précision, c’est une partie seulement de la phrase qui n’a pas de sens).

Je trouve globalement que le rythme de l’histoire n’est pas maîtrisé, tout comme le style. C’est discordant. Même si certains passages sont passables, la cacophonie générale  gâche réellement la lecture. Pourtant, on peut faire pas mal de choses avec une idiote, un vampire et des mafieux…Franchement, même si le scénario n’est pas brillant, ni renversant, on peut construire un petit roman qui se laisse lire, un petit moment de détente.

Quand Dario prend les rênes de l’organisation qui était auparavant aux mains de De Carlone, j’ai trouvé le raccourci scénaristique trop grossier. C’est quand même un peu trop simple. Dario qui passe pour un simple homme de main au début de la nouvelle, se retrouve propulsé en tête…Hmm…Je suis restée dubitative.

Autre incohérence à mes yeux : Venceslas, quand il s’en prend à De Carlone, le tutoie, tout malappris qu’il est, mais lorsqu’il fait sa fête à Dario, il le vouvoie, étrangement. Je n’ai absolument pas compris cette politesse soudaine…Il faut ajouter que Dario a carrément assassiné son aimée ! Autre chose, dans le combat qui oppose Dario et Venceslas (LE VAMPIRE), ce dernier se retrouve subitement fragile au cours du combat…Alors, soit sa colère s’envole pour laisser place au désespoir en plein combat, soit…soit…c’était un truc pour pouvoir faire survivre Dario…Bref, ce n’est pas du tout crédible.

Encore, pour enfoncer le clou, la jeune indienne, l’esclave qui avait un sort tout aussi enviable à celui d’Amra dans la demeure de De Carlone, continue tranquillement à faire le ménage après que ses bourreaux ont été assassinés. Sérieux les gars, qui parmi vous ferait ça ? Des mecs me retiennent prisonnière, me traitent comme une esclave, abusent de moi, par miracle ils se font réduire en poussière, je suis soudain libre, mais au lieu de sauter à pieds joints sur leurs cadavres et danser de bonheur, ou prendre mes jambes à mon cou, ou encore pleurer sous le choc du fardeau retiré, bah je fais le ménage, comme d’hab…Sérieusement ? Hmm…

Ensuite, nous sommes propulsés sans avertissement 35ans plus tard. Cette ellipse a été très difficile pour moi. Trop de turbulences. C’est comme commencer une nouvelle histoire. Encore une fois, le format « nouvelle » n’était pas le bon.

La fin de la nouvelle est tout aussi brillante que le début. Une incohérence monumentale que je ne décortiquerai pas parce que je n’en vois plus l’intérêt. Je n’ai pas envie de dégoûter plus de lecteur (et surtout l’auteur).

Pour finir, je tiens à préciser que le billet n’a pas été facile à rédiger et n’engage que moi. Il est évident que je ne recommande pas cette nouvelle ! Mais, peut-être que d’autres écrits de monsieur Blanchot sont tout à fait honorables et méritent d’être lus et appréciés. Après tout, en dix ans…Et puis, ce monsieur a écrit pas mal de choses…Dans le lot, peut-être que même moi je pourrais trouver mon bonheur !

Magmat de Frédéric Soulier

Salut à toi, fidèle et unique lecteur ! (ne jamais aller jeter un oeil aux statistiques de ton blog, tu risques la dépression...)

Aujourd'hui, il sera question de ça :

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Déjà, la couverture est pas mal ! T'en dis quoi, toi ? Hein? J'entends pas...Bon après, tu me diras, la couverture fait pas le reste (surtout que, bien souvent, elle n'est pas réalisée par l'auteur (du livre (pas besoin de préciser? Bah, moi je dis : "on ne sait jamais", des fois que ton cerveau glisse un peu trop dans ta caboche quand tu liras ce billet))).

J'ai donc décidé de te confier mes pensées au sujet de cette nouvelle d'une soixantaine de pages, écrite par Frédéric Soulier.

Tu peux te procurer la nouvelle ici et si tu veux en savoir un peu plus sur l'auteur, c'est par  (mais t'es pas obligé).

Pourquoi avoir penché l'oeil sur cet ouvrage ? ( Non, non, je ne suis pas borgne ; rassure-toi!) Eh bien, parce que Didier Fédou en faisait la pub, tiens! " Quel mouton de Panurge ", me diras-tu. Ce n'est pas totalement faux ; à force de voir encore et encore les mêmes invitations à la lecture de tel ou tel ouvrage, cela finit insidieusement par entrer dans ta petite tête (même si elle est dure comme la mienne). Plus sérieusement, j'avais déjà goûté la prose de monsieur Soulier, rien qu'une petite bouchée avec Epilogue, que j'ai lâchement abandonné en cours de lecture. " Pourquoi ? " me demanderas-tu les yeux écarquillés. " Cela avait-il le goût d'une vieille semelle dont le pied droit aurait malencontreusement foulé une mignonnette déjection canine ? " Non, non, cher lecteur, à la vérité, j'ai plié bagages pour partir bêtement à l'autre bout du monde, et j'y suis restée. De chamboulement en chamboulement, je n'ai pas pris le temps de finir ce roman qui pourtant me plaisait, mais, promis (Frédéric), bientôt je le finirai et une nouvelle " chronique " paraîtra.

Je vais donc, cher lecteur, me pencher sur Magmat; c'est bien pour cette raison que tu as cliqué sur le lien et je ne voudrais pas décevoir tes attentes. Comme il s'agit d'une nouvelle, je me dois de ménager le suspense, et puis avec les nouvelles, il est toujours difficile de faire une longue critique, le recueil se prête mieux à ce jeu-là.

Pour résumer, tu te retrouves propulsé aux côtés de Blau, flic un tantinet misogyne, au coeur tendre (non, ce n'est pas incompatible), et de sa coéquipière, Tormaker, " bonnasse " (désolée pour la vulgarité) égocentrique qui aime à torturer un médecin légiste tout ce qu'il y a de plus sympathique. Les deux inspecteurs doivent enquêter sur la disparition mystérieuse (pas pour longtemps) d'un riche industriel. Le monsieur a certes disparu, mais en parties, bah oui, des morceaux de sa personne seront rapidement retrouvés. Tu peux déjà présumer l'ambiance de la nouvelle. Si tu rajoutes à cela que l'action se déroule en Hordovie, dans un village de campagne assez isolé, avec un soupçon de complexe industriel et des retombées chimiques lourdes de conséquences, sans oublier la dimension mystique, je pense que tu peux te peindre un joli tableau tout seul. Je ne te donnerai pas plus de détails, car je ne voudrais pas te gâcher le plaisir. 

La nouvelle est noire, plutôt sanglante, saupoudrée d'un brin d'humour. Si tu es amateur de récits d'horreur, tu devrais apprécier. Mais, parce qu'il y a une grand MAIS, si tu aimes les chats, je te conseille de t'abstenir ! 

Tu aimerais savoir, maintenant, ce que j'en ai pensé concrètement, n'est-ce pas ?  Globalement, j'ai passé un très bon moment, mais comme j'aime les chats...

Plus sérieusement (je radote), monsieur Soulier a un style d'écriture assez particulier qui me demande à chaque fois un certain temps d'adaptation. J'ai ressenti exactement la même chose à la lecture d' Epilogue. Cet auteur peut passer d'un registre à l'autre sans prévenir (et dans la narration ! C'est perturbant pour le lecteur lambda un peu niais à qui on a toujours appris à faire attention aux registres). C'est comme louper une marche en descendant les escaliers ; on se voit déjà se casser les dents, mais, au dernier moment, on se rattrape de justesse pour ensuite sourire bêtement tout seul. Pour rajouter à ce sentiment d'instabilité, monsieur Soulier use d'un vocabulaire très recherché (pour l'ignorante que je suis). Je me retrouve donc à ouvrir mon dictionnaire et à essayer d'apprendre de nouveaux mots. Le pari est très risqué. Le lecteur un peu passif (pour ne pas dire flemmard) n'aura pas envie d'ouvrir un dico, à moins de posséder une liseuse (auquel cas il suffit de poser son petit doigt sur l'inconnu pour que la définition s'affiche, ce qui ne demande pas trop d'efforts (sauf pour ceux qui n'ont plus de doigts, là ça doit être galère)). Le lecteur tatillon éprouvera probablement quelques difficultés à passer du scatologique au " raffiné "...Personnellement, je rouspète beaucoup en début de lecture, puis, une fois la seconde enclenchée, je dois avouer que ce style peut se révéler assez jouissif. J'hésite entre une certaine forme de génie et un syndrome autistique pour qualifier l'auteur. Quoi ? C'est du pareil au même ? Bref, soit tu vas sourire en lisant des choses affreuses ( parce que monsieur Soulier est un polisson obsédé et sans pitié ), soit tu vas détester.

Deuxième marque de fabrique, le besoin que semble éprouver l'auteur à dénoncer (bon d'accord, je n'ai lu que deux romans (presque) de sa main, c'est un peu juste pour faire ce genre de commentaire ; artificiel (je lirai le reste pour confirmer mes soupçons)). Peut-être que monsieur Soulier ferait bien d'écrire un essai (je dis ça comme ça...). Critique sociale serait un terme un peu fort pour qualifier cette nouvelle, On dénonce, mais ça en reste là. Sur ce point, je pense qu'un travail plus délicat, subtil, aurait un impact plus grand sur le lecteur (mais là je m'égare, cette remarque serait plus justifiée dans un billet sur Epilogue (que je n'ai pas fini (oui, tu as le droit de sortir ton instrument de torture pour l'abattre sur le bout de mes jolis doigts)).

En ce qui concerne les personnages, ils peuvent sembler assez stéréotypés, mais comment expliquer..? C'est un peu comme un film d'Evil Dead, c'est bizarre, mais ça fonctionne bien, et on finit par s'y attacher. Moi j'aime beaucoup Blau, et j'ai pris plaisir à mépriser Tormaker." Attention ", requête spéciale de lectrice conquise : j'aimerais lire d'autres nouvelles contant leurs aventures.

Au niveau de la structure globale de la nouvelle, je n'ai pas ressenti de raté, les voiles sont bien levés, la dimension mystique ajoute à la profondeur du récit (question de point de vue). Cette nouvelle m'a fortement rappelé un mythe dont Eliade (Mircéa) parlait dans l'un des ses travaux, où il était question d'une espèce de divinité monstrueuse coprophage (malheureusement, je n'arrive pas un mettre un nom dessus). Je t'invite donc, en passant, à lire (aussi) les travaux d'Eliade. 

L'intrigue est bien menée et la nouvelle franchement agréable à lire. Monsieur Soulier décrit admirablement bien l'horreur et les scènes d'action sont palpitantes ( décidément, je déteste Tormaker, quelle vilaine femme ! ). Si tu lis cette nouvelle, tu pourras te délecter d'une certaine monstruosité. 

Je t'invite donc, cher lecteur, le seul, l'unique, à te procurer l'oeuvre, à la lire (sinon ça ne sert à rien) et à laisser un commentaire sur le site marchand (ce qui est indispensable à l'auteur) ou sur ce site (ce qui me mettra probablement la larme à l'oeil ). 

Sur ce, je te souhaite une bonne journée !

Ps: si tu as trouvé ce billet un peu creux, c'est ton problème !

Un mercredi comme les autres, Johanne Tremblay

Bienvenue à toi, Ô lecteur inconscient, égaré sur ce site,

Aujourd'hui (roulements de tambour) je t'emmène en voyage avec les nouvelles de Johanne Tremblay. Il sera question d'Un mercredi comme les autres. D'ailleurs, c'est un mercredi (ou peut-être pas) que Louis-Maxime Lockwell m'a contactée pour me faire connaître la charmante écriture de madame Tremblay. Comme j'étais débordée à l'époque, j'avais plus ou moins refusé d'écrire un article sur cette auteure afin de faire la promotion de ses nouvelles; les délais étaient trop courts et j'avais d'autres auteurs en attente. Pourtant, j'avais trouvé le concept intéressant; proposer une nouvelle inédite chaque mercredi au plus chaud de la période estivale m'avait paru excellent. Pour plus de détails, je vous invite à aller jeter un coup d'oeil à la page suivante : https://www.indiegogo.com/projects/un-mercredi-comme-les-autres#/story.

Ma curiosité étant piquée, j'ai proposé de rédiger un article courant septembre, me disant qu'une version sous forme de recueil serait peut-être proposée aux lecteurs. Vous allez me dire: "Oui, t'es bien gentille, mais tout cela, ce ne sont que des détails. Tu ne nous parles pas des nouvelles, là!" Oui, oui, je vous entends mes fidèles ouailles!

Un mercredi comme les autres, un recueil de dix superbes nouvelles! J'ai achevé ma lecture il y a environ deux semaines de cela (je suis en retard dans mes devoirs!) et franchement, je me suis dit que cette femme avait du talent. Vous savez, ce genre de talent qui vous éblouit durant quelques secodes et qui vous donne envie à vous, simple auteur en herbe, de vous améliorer. 

Alors, comme vous vous en doutez, je ne vais pas en écrire des tartines, parce que c'est tellement bon et maîtrisé que je n'ai pas grand chose à en dire. Bah oui, il est plus facile de mettre en relief les défauts que de louer la beauté (mais c'est sûrement une de mes faiblesses). Les nouvelles sont courtes mais se suffisent à elles-mêmes. Les lier est un plus; la cerise sur le gâteau. Je vous invite donc au Rendez-vous, restaurant transformé en théâtre de la comédie humaine. 

Le recueil s'ouvre avec une nouvelle dans laquelle un "jeune" émigré passe un entretien d'embauche au Rendez-vous. Elle nous met tout de suite dans le bain, si je puis dire. L'ambiance est posée. Une certaine désillusion habite ces lieux. Il y a quelque chose de désespérant, une certaine forme de fatalité qui se fait ressentir dans les autres épisodes aussi. Dès le première nouvelle, nous pouvons goûter la subtilité de cette auteure; son sens du détail est remarquable! 

La seconde nouvelle, qui met en scène un couple de personnes âgées, est empreinte de nostalgie et de tendresse. L'humour y est aussi présent. Je crois que c'est ma préférée, même si j'ai adoré la première...Non, en fait je les aime quasiment toutes. La transition entre les nouvelles se fait admirablement bien. C'est fluide, ça coule, il n'y a pas de fausse note. Très franchement, nous nous laissons prendre au jeu, nous vivons avec les personnages. Nous ressentons leur douleur, leur impuissance. Personnellement, je trouve que faire passer autant d'émotions sur un format aussi court, n'est pas facile, mais Johanne Tremblay s'en sort véritablement bien. Elle maîtrise parfaitement sa plume!

La troisième nouvelle explore les liens d'amitié distendus qui unissent deux femmes dont les vies semblent totalement éloignées. Le temps se suspend quelques heures. Nous faisons un voyage dans le passé et en apprenons un peu plus sur cet endroit où les gens se réunissent pour manger. Johanne Tremblay nous révèle l'importance de ces lieux de la vie quotidienne témoins des moindres événements de nos vies, comme s'ils étaient les réceptacles des secrets de l'humanité. Cette façon que l'auteure a de nous décrire les choses, sa manière d'attirer notre attention indirectement, est tout simplement sublime.

La quatrième nouvelle est plus légère; elle traite de la sexualité avec humour. Je suis certaine qu'un bon nombre de femmes se reconnaîtront dans le personnage de Geneviève. La chute est tordante. 

La cinquième nouvelle nous ramène à un sujet plus lourd: la solitude. Le point de vue est encore celui d'une femme. Il y a quelque chose de repoussant chez Catherine, et pourtant...

La sixième nouvelle attire notre attention sur le monde du travail, sur cette tendance que nous avons à nous soumettre devant certains tyrans, jusqu'à ce que le point de rupture soit atteint. J'aime beaucoup la subtilité avec laquelle l'auteure nous décrit les choses.

La septième nouvelle est très intéressante, elle-aussi, car le regard, cette fois-ci, est celui d'une adolescente. Nous assistons à un anniversaire réunissant plusieurs membres d'une famille aux caractères bien différents les uns des autres. Je pense que cette nouvelle, comme les précédentes, vous touchera, car finalement, nous nous reconnaissons dans toutes ces situations. Il y a quelque chose d'universel et de particulier. L'écriture de madame Tremblay est une écriture intime. Elle vous touche, elle vous chuchote à l'oreille...Elle vous connaît.

La huitième nouvelle parlera en particulier aux gens de plumes (doués et moins doués). Nous suivrons les affres de deux scénaristes en mal de reconnaissance. J'ai particulièrement apprécié la chute! 

La dernière nouvelle est consacrée au plongeur du Rendez-vous. Elle est très touchante et nous ramène sur terre. La fatalité est de retour. Nous nous retrouvons dans notre rôle de spectateur. Le recueil s'achève sur une pointe de désillusion.

Non, cher lecteur, je n'ai pas oublié la neuvième nouvelle. C'est la seule dans laquelle je ne suis pas rentrée. Je suis passée totalement à côté et n'ai pas vraiment compris de quoi il était question. Je crois que le problème vient, en grande partie, du trop grand nombre d'expressions en français canadien. La "barrière de la langue" était un petit peu trop haute pour moi. Les expressions ne faisant pas sens immédiatement dans mon petit cerveau, je n'ai pas réussi à accrocher. 

Voilà, voilà pour le survol. J'ai essayé de vous en dire un maximum sans trop vous en dévoiler. Je ne suis pas non plus trop entrée dans les détails car je pense qu'il est préférable que vous vous fassiez votre propre idée et que vous vous laissiez emporter par l'écriture pleine d'émotions de madame Tremblay. 

Je vous recommande donc chaudement la lecture de ces nouvelles, malheureusement, je ne sais pas encore quand le recueil sera disponible à la vente...Je vous informerai quand j'aurai plus de détails. En attendant, je vous invite à cliquer sur les liens suivants.

Pour en savoir un peu plus sur madame Tremblay : http://johannetremblayetmoi.com/

Pour suivre la vie du recueil : https://www.facebook.com/Un-mercredi-comme-les-autres-912897855427805/timeline/

Ps: je viens de recevoir un mail de l'auteure, le recueil sera disponible le 09 octobre en version numérique et papier sur le site suivant : http://www.bouquinplus.com/

Natures Mortes de Christophe Darlanuc

Aujourd'hui, une chronique consacrée à un très bon thriller (et c'est une personne pas franchement amatrice du genre qui vous en parle, mis à part les très bons romans écrits par Thomas Harris, en général je n'arrive pas à m'intéresser véritablement à l'histoire) écrit par Darlanuc.

La couverture:

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Vous pouvez vous le procurer ici: http://www.amazon.fr/Natures-Mortes-Christophe-Darlanuc-ebook/dp/B00N48HRLK pour un peu plus de 6€ (mais il les vaut bien!)

Cette chronique va être difficile à écrire parce que j'ai peur de trop vous en révéler, mais si je ne le fais pas, je ne suis pas certaine que vous puissiez comprendre toutes mes critiques...

Le roman s'ouvre sur une scène qui nous met directement mal à l'aise (en particulier si vous êtes une femme). Nous nous retrouvons à la place du déséquilibré qui observe ses proies endormies: elles sont faibles, impuissantes et prises au piège. Le malaise est renforcé par le fait que notre chasseur est bien à l'abri derrière son bureau, devant ses écrans, dans une petite pièce secrète où rien ne semble pouvoir l'atteindre. Nous nous rendons rapidement compte que ce fou possède un certain sens artistique, ce qui est d'autant plus effrayant. Un déséquilibré avec un sens artitisque poussé, quoi de plus alarmant? Moi, ça me rappelle Hannibal, et ce dernier a beau être fascinant par certains aspects de sa personnalité, il lui arrive de faire des choses un tout petit peu inquiétantes. Je dois vous avouer que cette ressemblance (côté artistique de notre mauvais garçon) m'a d'abord un peu déçue; j'avais peur d'avoir un mauvais Thomas Harris. Mais très franchement, Darlanuc s'en sort très bien. Son "vilain" se distingue parfaitement d'Hannibal; la fixation venait surtout de moi, je pense. D'ailleurs, notre auteur m'a confié dans un mail (attention révélation) qu'il avait lui-même un certain penchant pour les oeuvres italiennes de la Renaissance et qu'il a essayé de traduire, dans ce roman, une expérience très intense qu'il a vécue aux Offices devant un tableau de Botticelli. " Pour la seule et unique fois de ma vie, je me suis senti partir très loin devant une oeuvre d'art. J'ai été totalement aspiré par l'émotion provoquée par ce tableau..." Eh bien! Cela en dit long...

Dès le second chapitre, la machine est lancée sur un bon rythme. Cette fois-ci nous suivons Pierre : un "flic" qui vient de réintégrer ses fonctions, deux ans après sa sortie de l'hôpital pour "zinzins". Pierre a perdu un être cher. Il est un peu cassé. La suite du roman nous montrera à quel point. Personnellement, ce n'est pas mon personnage préféré. J'ai beaucoup de mal à le trouver attachant, peut-être parce qu'il réagit de manière un peu trop normale, quoi que...Il est brisé, animé par la vengeance, obsessionnel, peu aimable (surtout avec Frazier, et moi j'aime bien Frazier).

De retour au poste, donc, il sera "chargé" d'une affaire qui lui fera présumer que le "vilain" qui enlève ces jeunes femmes blondes n'est autre que celui qui lui a arraché Camille. 

Voilà en gros la trame de l'histoire. Un flic cassé qui court derrière un malade qui s'amuse à collectionner les petites blondes. Rien de bien surprenant. Mais Darlanuc écrit bien. Le style est agréable, fluide, dynamique... Il y a quelques coquilles mais elles ne sont franchement pas nombreuses. J'ai particulièrement apprécié l'alternance des points de vue à chaque nouveau chapitre. Le rythme est soutenu et il n'y a pas de temps mort (sauf quand il vous faut quelques instants pour reprendre vos esprits après des révélations surprenantes). Le roman se dévore, et le scénario qui semble si simple au premier abord se complexifie à mesure que les chapitres défilent. Vous allez peut-être faire les gros yeux comme moi devant les fameuses "coïncidences improbables" mises en oeuvre par Darlanuc, mais poursuivez la lecture parce que ce roman en vaut vraiment la peine. Les personnages tous plus ou moins malades sont un délice. Ce roman touche à la folie, aux liens familiaux, au beau, à l'accomplissement, au désespoir...Il y a même de l'humour! Un cocktail à savourer sans modération! (on dirait une mauvaise publicité ^0^)

Par ailleurs, j'ai adoré le journal du grand-père grâce auquel on en apprend un peu plus sur le "vilain". Cette idée du journal intime est franchement excellente. Je ne sais pas comment vous dire... (c'est tellement plus facile de construire une critique négative) Le suspense est au rendez-vous, les chapitres nous tiennent en haleine, les affreux sont sympathiques, et les sympathiques affreux. Et puis, franchement, le prologue et l'épilogue sont des merveilles. Darlanuc est doué! 

Je n'ai pas grand chose à ajouter. J'ai passé un très bon moment avec cette histoire. J'ai oublié ma petite vie et quand je lis quelque chose comme ça, bah je me dis que finalement ce petit site que j'essaie laborieusement de tenir en vaut quand même un peu la peine. 

Un grand merci à Christophe Darlanuc!!!

Au lieu de rajouter des kilomètres de mon babillage admiratif, je vous recommande de télécharger l'extrait (plutôt conséquent) et de vous faire votre propre idée.

Natures mortes extrait: Natures mortes les premiers chapitresnatures-mortes-les-premiers-chapitres.pdf (1.07 Mo) ou vous pouvez le lire en ligne ici.

Je vous souhaite un bon week-end à tous et n'hésitez pas à vous exprimer, à laisser un avis ou à partager la chronique. 

Avis et commentaires

Un petit billet pour faire le bilan des avis et commentaires laissés par les lecteurs sur mes fabuleux travaux. Je tiens à préciser que les lecteurs se font rares et ceux qui prennent le temps de réagir, encore plus! Alors, avant de vous présenter ma prochaine oeuvre (indispensable au monde intellectuel de notre époque,comme toujours), j'aimerais partager avec vous mes réussites et mes échecs.

Pour L'Ascendance, premier roman que j'ai pris plaisir à écrire:

Ludovic:"Belle histoire d'amour" (monbestseller); Ma réaction d'auteur: Il a lu le livre? Belle histoire d'amour? hmmm (de perplexité pour ceux qui ne comprendraient pas), pas convaincue...Bon, au moins il a pris le temps de faire un commentaire.

Antoine (monbestseller): "Eh bien, vous n'y allez pas avec le dos de la cuillère! Ce récit a cela de particulier, c'est qu'il est vraisemblable. Il n'y a pas de décrochage alors que l'ascension dans l'horreur atteint des sommets. On oublie le style, tant le récit est conduit au bon tempo. Un vrai rythme, malgré un début un tout petit peu lancinant." ;Ma réaction: Ah bah, lui, je suis certaine qu'il l'a lu. Bon, un petit problème de style apparemment. Un démarrage difficile pour ce roman (c'est fort possible, mais je suis incapable de le reprendre). Le rythme que je voulais imposer à mon récit est ressenti positivement (contente!). Mais tout le monde n'a pas adhéré à ma manière de raconter mon histoire.

Fabienne (une amie, chez elle): "J'ai pas du tout adhéré à ton histoire. Ton Cyril est un pervers narcissique. Il n'y a pas de style. Je trouve que c'est saccadé. Les femmes sont des gourdes! Tu t'es mise à la place de tes personnages quand tu as écrit ton roman ? (la remarque qui vous laisse agonisant dans le caniveau)"; Ma réaction: euh, bah, je...euh...Bon, un peu dur à avaler. Pas de style, comment ça? Ce n'est pas possible! Style médiocre, à la limite, mais pas de style? Est-ce possible? Ou alors, ni médiocre, ni bon...Indifférence...

Robert (Ipagination): "Ma plume n'est pas une plume de critique littéraire : je n'ai pas le talent ni les mots de M. ou d'A., auteures sur ce site,pour mettre en valeur la prose ou le poème d'un écrivain... mais ton texte est excellent, il m'a mis l'eau à la bouche, ainsi qu'un grand intérêt dans mon esprit. J'eusse aimé qu'il soit édité sur Ipa, ce sera peut être le cas pour un prochain, mais comme il l'est sur Amazon, je vais de ce pas le commander. Merci. À + "; Ma réaction: Oh, il est trop gentil! Au moins un lecteur satisfait, ce livre valait la peine d'être écrit (ou plustôt partagé). 

Client amazon (pas de nom): "Bon romanLe destin de personnages qui se croisent. Le livre est bien écrit. Il y a des passages difficiles car la maladie (cancer) est vraiment décrite avec détails." Ma réaction: Super, un commentaire client! Une note:4. 

LS (client amazon):"Coup de coeur. L'histoire est prenante, un peu sombre mais très originale. Les personnages sont décrits de manière réaliste et ils ne laissent pas indifférent le lecteur. Le style est plaisant, agréable à lire. Je recommande ce livre à tous ceux qui veulent sortir des sentiers battus de la littérature actuelle." Ma réaction: 0_0 

Pour mon second roman, Dualité -Et si le monde basculait, premier volet de ce qui sera probablement une trilogie (science-fiction/ anticipation):

Fabienne (une amie, dans un parc): "Un effort d'écriture pas toujours rentable (des expressions alambiquées). Je suis désolée mais toujours pas de style. Un récit fluide et cohérent. Je n'ai pas vraiment accroché à l'histoire parce qu'il n'y a pas vraiment de surprise, tout est attendu. Les deux mondes me semblent mal définis et artificiels. Les réactions et les sentiments d'un monde à l'autre se confondent. Personnages caricaturaux. Les femmes, des gourdes (décidément!!). Les personnages qui devraient être attachants ne le sont pas vraiment, sauf dans le tout dernier chapitre. Emprunts à droite à gauche. Mélange de KGB, Gestapo, les misérables, sitcoms hospitaliers, collège anglais..." Ma réaction: Je finis d'agoniser dans le caniveau...Comment dire...Je ne suis pas du tout d'accord. Bon, qu'elle n'aime pas, je le comprends très bien...Comment ne pas le comprendre?! Mais zéro surprise...c'est un peu dur. Bon, au moins, elle a tout faux pour la suite de l'histoire, ce qui me rassure. Peut-être que pour elle la surprise viendra après. J'ai aussi été un peu déçue parce qu'elle avait confondu quelques noms de personnages et les personnages eux-mêmes, ce qui témoigne d'une lecture moyennement attentive (ou alors mon récit est plus que laborieux). Bref, une amie qui n'a pas la langue dans sa poche et qui veut bien lire le volume deux (ce qui me laisse perplexe!). 

Robert (Ipagination): "J'aime bien le début de ce roman, très clair et bien écrit... Un monde où la dictature de la "bienpensance", n'est pas sans rappeler certains endroits de notre petite terre, actuels ou passés, qui se sont distingués dans l'horreur la plus absolue... à suivre... Merci, Kristina. À+ " Ma réaction: Heureusement que tout le monde n'a pas les mêmes goûts que Fabienne! Ouf...

Antoine (monbestseller): "L'exercice est intéressant, mais vous le rendez difficile avec cette mise en page :-). Un monde manichéen , dénué de toutes nuances ou tempérance .est bien évidemment un monde de machines. Vous l'illustrez efficacement." Ma réaction: Une mise en page difficile? Mais qu'est-ce qu'il peut bien vouloir dire??? Je n'ai toujours pas compris à ce jour...Si vous avez une idée?

Voilà, voilà...Si l'on fait la synthèse...Je ne sais pas quoi penser. Je me rends compte qu'il est très difficile d'obtenir des commentaires et je remercie sincèrement ceux qui prennent le temps de s'attarder sur notre travail d'auteur. Un grand merci à vous! Vous êtes indispensables pour progresser, pour éclairer certains côtés obscurs de l'écriture. Les remarques de Fabienne, par exemple (parce qu'elles sont les plus virulentes) m'ont permis de remettre certaines choses en question, mais aussi d'en confirmer d'autres. Le regard extérieur me semble véritablement important. Personnellement, je fais partie de ces auteurs qui ont besoin de relever la tête de leur clavier et qui ont beaucoup de mal à le faire par eux-mêmes, comme si le monde extérieur était devenu complètement transparent. 

J'espère que ce billet vous aura fait rire, peut-être réconforté, et même donné envie de vous faire votre propre avis sur mes merveilleux écrits. Bah quoi? On peut toujours rêver!

Dualité, Et si le monde basculait; Tome 1: Vérité

Bonjour tout le monde!

Comment allez-vous?

Moi, ça ne va pas fort. Mon tendre compagnon, toujours aussi attentionné, a eu l'incroyable gentillesse de bien vouloir me contaminer avec son virus...Quelle joie!!!Me voilà donc sous une montagne de mouchoirs (oui, j'exagère un peu) pour vous annoncer la sortie imminente (c'est relatif, encore quelques semaines de labeur avant) de mon second roman. Cette fois-ci, j'ai testé le genre de la "science-fiction", mais il n'y est pas question d'espace, ni de robots (hmm...), ni d'un monde ultrafuturiste. Pour moi, c'est tout simplement un roman d'anticipation. Bon, d'accord, il y a quelques robots, des automates, mais ils ne jouent pas un rôle prépondérant. 

Ce second roman sera divisé en trois tomes (si tout suit son cours convenablement). Le titre (avant d'oublier): Dualité - Et si le monde basculait  Tome 1: Vérité. C'est un peu long, je dois l'admettre. 

Alors, de quoi ça parle? Eh bien, d'un monde...Si si, je vous jure! Pour être plus précise, d'un monde qui a été dévasté (hmm, ça sent le déjà-vu) après la Grande Guerre Universelle. Et ce monde, il est divisé en deux. Il y a Vérité et il y a l'autre, Relativité, ou l'Enfer (ça dépend du point de vue). Ces deux Nations sont séparées l'une de l'autre par un mur (ça aussi, c'est innovant, tiens!) et vivent selon des valeurs et des lois opposées. Bon, avant que vous ne preniez la fuite en pensant que ce livre n'a rien d'extraordinaire et que ce n'est qu'un pâle assemblage de ce qui a été fait récemment en matière de science-fiction, j'aimerais ajouter que ceci n'est pas un roman jeunesse. Je pensais, à l'origine, écrire un conte philosophique abordant des sujets qui me tiennent à cœur (notamment la vérité et la perception que nous en avons, mais aussi la citoyenneté, la morale et le totalitarisme). Mais, voyant un texte assez indigeste à lire se profiler, j'ai décidé de romancer la chose. Et j'ai bien fait (j'aime cette histoire au point de pouvoir la lire comme un lecteur lambda). Il y a plusieurs niveaux de lecture. Vous pouvez vous contenter de l'histoire en elle-même, assez touffue pour ne pas vous frustrer, ou tenter de déchiffrer ma critique personnelle du monde. Vous pouvez même faire les deux!Pied de nez

Pour ceux qui se contenteront du premier niveau de lecture, vous suivrez la vie d'un jeune homme, Mathis, quatorze ans, bientôt citoyen, mais aussi de sa famille, composée de son père, Mathieu, trafiquant à ses heures perdues, assurant la fonction de censeur, de sa mère, Anna, adhérant farouchement aux valeurs de Vérité, et de son frère, Thibaut, habitué des centres de réhabilitation, source de troubles en tout genre. Une multitude d'autres personnages se grefferont aux aventures de Mathis, sans parler des habitants de Relativité, car vous vous doutez bien, le mur, il n'est pas infranchissable!

Pour vous mettre l'eau à la bouche, je poste un extrait de ce premier tome. Vous pouvez le télécharger comme bon vous semble, et même le faire circuler à vos amis et à vos ennemis. Gardez à l'esprit qu'il est en phase de correction et que je manque cruellement de relecteurs (doués en orthographe), quelques coquilles doivent enlaidir les pages par-ci par-là (j'en suis sincèrement désolée).

Prenez un bon café et savourez:

Dualite extrait 2dualite-extrait-2.pdf (405.89 Ko)

version epub : Dualite extrait epubdualite-extrait-epub-.epub (194.62 Ko)

version mobi : Dualite extraitdualite-extrait.mobi (112.39 Ko)

 

Une si vieille et si petite dame de Didier Fédou

Bonjour à toutes et à tous en ce magnifique samedi ensoleillé de mai!

Je suis de bonne humeur aujourd'hui! Une fois n'est pas coutume. Je me sens légère et détendue, et je pense que Didier Fédou, auteur de la nouvelle dont j'aimerais vous entretenir aujourd'hui, y est pour quelque chose. La semaine passée a été surchargée (comme toutes les semaines d'ailleurs) et je me suis dit: "stop! A ce rythme-là, ma vieille, tu ne vas pas faire de vieux os. Donc, samedi, c'est journée lecture et puis c'est tout!" J'ai téléchargé la nouvelle, il y a quelques jours, et franchement, j'aurais pu tomber plus mal. Ce matin, j'allume mon vieil ordinateur et je me plonge dans la lecture.

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Le premier chapitre nous offre une petite mise en bouche d'un genre spécial. Bernard, un jeune trentenaire à qui nous avons envie de donner une jolie paire de claques (bah oui, je n'aime pas trop ce genre de réflexions sur les vieilles dames, pauvre mémé... Certes, elle n'est pas fraîche, mais nous ne serons pas franchement mieux à son âge), rend visite à sa mémé. Les descriptions sont affreuses et nous dévoilent déjà assez bien la personnalité de Bernard. Nos impressions se confirment par la suite (avide, cupide, ingrat,rustre,couard;le petit-fils idéal!). A la lecture de ce premier chapitre, je n'étais pas encore certaine d'adhérer complètement à l'ouvrage. Je suis une âme sensible, que voulez-vous, il m'a fallu du temps pour ne plus aduler les pépés et les mémés.

Pourtant, dès le second chapitre, c'en était fait de moi, Fédou m'avait embarquée dans son histoire contre ma volonté. Et me voir sourire devant des descriptions aussi "crues" de la vieillesse et surtout de cette mémé acariâtre qui ne perd pas le nord, m'a fait me sentir un peu honteuse (mais juste un petit peu...). Vous l'aurez compris, les personnages ont du relief, sont très bien marqués et nous pouvons nous identifier rapidement à eux. Pour avoir lu d'autres nouvelles (genre que je n'apprécie pas spécialement, en général) je trouve que Didier Fédou est franchement doué; nous n'avons pas besoin de la moitié de la nouvelle pour oublier que nous sommes des lecteurs. Le glissement se fait presque à notre insu. Cette nouvelle met à mal nos zygomatiques et même si elle appartient au genre "terreur", je trouve cela particulièrement agréable. En plus il fait beau, mieux vaut sourire.

Le scénario se tient, lui aussi, et ne présente aucune fausse note. Le développement est bien mené, les rebondissements sont là, le lecteur ne sait plus trop où se situe la vérité, avec cette mémé au passé sulfureux, ni pour qui avoir le plus de pitié. Nous passons par diverses émotions: la sympathie, le dégoût, la stupeur, la désapprobation, l'assentiment. Nous nous demandons si Bernard, le vaurien, va arriver à ses fins ou si mémé, l'indomptable, parviendra à le garder à distance. 

Mais il ne faut pas oublier la dimension "terreur", Didier Fédou disperse quelques notes d'inquiétude, par-ci, par-là, tout au long de la nouvelle, si bien que la tension devient de plus en plus palpable et nous met suffisamment mal à l'aise (sans nous donner réellement froid dans le dos) pour que nous nous demandions si un mystère plus grand n'envelopperait pas cette maison.

Voilà, je ne vous en dirai pas plus, à vous d'aller y jeter un œil et de lire cette nouvelle qui vous fera passer un bon moment, si vous ne faites pas de la piété filiale une obsession. Pour ma part, je pense devenir une lectrice assidue. A suivre...

Les liens

Pour l'ouvrage: http://www.amazon.fr/vieille-petite-dame-Didier-F%C3%A9dou-ebook/dp/B00VC1KDNU/ref=sr_1_3?s=books&ie=UTF8&qid=1431174081&sr=1-3&keywords=didier+f%C3%A9dou

Le site de l'auteur: http://mellyanntest.over-blog.com/

Je me lance

(Re)Bonjour les amis! (ne vous moquez pas, j'avais quasiment fini mon billet quand je me suis rendu compte que je ne l'avais pas rédigé au bon endroit, impossible de copier-coller, donc on reprend à zéro)

Grande décision aujourd'hui! Ouvrez grand vos oreilles (mais non, vos yeux, que vous êtes bêtes!) J'ai décidé de mettre à disposition des extraits suffisamment conséquents de mes romans pour que vous puissiez vous faire une idée de ce que j'écris. Mon premier roman, L'ascendance, est en vente sur la plateforme d'Amazon depuis quelques semaines et, constat alarmant (moi qui croyais révolutionner mon temps), il ne se vend absolument pas! Ceci est dû, en partie, à une présentation médiocre (non Atseyss, je ne parle pas de la couverture, elle est très bien ton illustration!).

Je dois vous avouer quelque chose, je ne sais pas écrire sur commande, et encore moins vendre mes travaux (il y a des gens comme ça). J'ai fait une description rapide de mon ouvrage qui ne donne pas vraiment envie de le lire (oui, vous pouvez me lancer des tomates, mais des cailloux ce serait mieux, ça évitera le gaspillage inutile (comme s'il y avait du gaspillage utile!)). Bref, me voilà donc en train d'écrire ce billet pour vous proposer des extraits gratuits. Je pourrais vous dire que je les poste uniquement motivée par un désir de partage et par grandeur d'âme (pas de bol, la mienne est toute petite!), mais ce serait vous mentir. Il est évident que je désire partager mes travaux et mes idées, mais si je les mets en vente et si je leur fixe un prix, c'est bien parce que j'ai besoin de remplir mon porte-monnaie (j'ai essayé de me nourrir uniquement d'air et de rosée, mais malheureusement, mon corps ne semble pas apprécier un tel régime alimentaire. Il réclame des légumes, et pour avoir des légumes, il faut les acheter, ou les cultiver (je vous vois venir) et pour les cultiver, il faut un terrain, et pour avoir un terrain il faut...question à un million...des sous). Donc, pour attirer les gens/les clients potentiels, vous les petits amis, j'ai décidé d'offrir, très généreusement et sans arrière-pensée, des extraits (peut-être à tort, seul l'avenir nous le dira, ou vos commentaires édifiants, si quelqu'un daigne en rédiger un en tapotant sur son petit clavier; vous savez, le truc en plastique avec des lettres inscrites dessus que vous utilisez tous les jours)

Le premier extrait que je vous propose est celui de L'ascendance (que l'on pourrait classer dans la catégorie roman psychologique, noir, tordu, expérimental...A dire vrai, je ne sais pas trop à quelle catégorie il appartient. Si vous pouviez m'éclairer).

L ascendance extrait bis 1l-ascendance-extrait-bis-1.pdf (356.99 Ko)

N'hésitez pas à me laisser un commentaire (positif ou négatif) et si vous voulez une version epub, mobi ou autre, demandez, je m'occuperai de la conversion. 

Pour ceux à qui le roman plairait (je connais un bon psychiatre), voici le lien pour vous procurer la suite: http://www.amazon.fr/Lascendance-Kristina-ebook/dp/B00VI8XQ5O/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1429893299&sr=8-1&keywords=l%27ascendance+kristina

Si vous avez détesté, faites-le tourner à vos ennemis!